Quel avenir

« Le monde regarde si les mots se traduiront en action »

Conclusion de Rio+20 aujourd’hui

Témoignages.re / 22 juin 2012

Pour beaucoup, le texte de compromis ne va pas assez loin, car si les propositions sont intéressantes, elles ne sont pas contraignantes. Mais ceux qui se disent déçus et qui ont le mandat de leur gouvernement pour amender la Déclaration finale de Rio+20 pourront-ils l’améliorer ?

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a accueilli mercredi la centaine de chefs d’État et de gouvernement venus participer au Sommet de Rio+20, alors que le projet de déclaration finale suscite déjà des critiques pour son manque d’ambition.
Rio+20 était pourtant censé définir des « objectifs de développement durable » clairs pour guider l’action publique à travers le monde, alors que le Protocole de Kyoto arrive cette année à échéance.
Il survient vingt ans après le Sommet de la Terre de Rio qui avait fixé un cadre novateur en imposant l’environnement sur l’agenda politique mondial et en aboutissant à des décisions historiques sur la réduction des gaz à effet de serre.

Concessions dans les négociations

Une centaine de chefs d’État et de gouvernement se sont donné rendez-vous à Rio, mais l’absence de certains dirigeants, comme Barack Obama, Vladimir Poutine ou Angela Merkel, pèse sur Rio+20.
Jugé trop flou et peu ambitieux, le projet de déclaration ne mentionne ni calendrier, ni objectif chiffré et appelle les pays à poursuivre leurs « objectifs de développement durable », une série d’objectifs vagues sur l’environnement, la croissance économique et l’insertion sociale.
Pour sa part, l’ONU prend acte des limites de ce texte, tout en saluant le résultat des travaux. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU n’hésite pas à déclarer que « nous sommes à portée d’un accord historique », estimant que « le monde regarde si les mots se traduiront en action ».
« Nous sommes convaincus que le document est axé sur l’action »,
a affirmé le secrétaire général adjoint aux Affaires économiques et sociales, et secrétaire général de la Conférence, M. Sha Zukang, et « si ces actions sont entreprises et que des mesures de suivi sont mises en place, Rio+20 fera une énorme différence dans le monde ».
Il a noté que l’accord était le résultat de compromis passés par toutes les parties. « Comme dans toutes les négociations, certains pays estimeront que le texte aurait pu être plus ambitieux, d’autres que leurs propositions auraient pu être mieux reflétées. Mais soyons clairs : les négociations multilatérales exigent des concessions de part et d’autre ».

Au-delà du PIB

Tout au long de ses 49 pages, le document final propose une large gamme d’initiatives, à commencer par l’établissement d’objectifs de développement durable, sur le modèle des Objectifs du Millénaire pour le développement. Il fait également la part belle au concept d’« économie verte », indispensable pour réaliser de tels objectifs. Le texte propose également de renforcer le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), de promouvoir les mesures de suivi de la responsabilité des entreprises, d’aller au-delà du Produit intérieur brut (PIB) pour évaluer le bien-être d’une nation, de développer une stratégie pour le financement du développement durable ou encore d’adopter un cadre de production et de consommation durables.
Il reste encore une journée avant la fin du sommet. L’avancée tant attendue aura-t-elle lieu ?


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