Quel avenir

Mayotte : plus de 212000 habitants

Quel avenir dans une île surpeuplée avec un taux de chômage à plus de 36%

Témoignages.re / 10 février 2014

Une population qui a triplé depuis 1985, la moitié des habitants âgés de moins de 18 ans, plus de 36% de taux de chômage, telle était la situation de Mayotte au recensement de 2012. En 2007, Mayotte comptait 187000 habitants. Cette hausse importante change tout, elle va se poursuivre encore de nombreuses années. Cela pose la question de l’avenir de ce pays dans le système actuel, le même qui produit le résultat que l’on connaît `a La Réunion. Voici le communiqué de l’INSEE donnant les résultats du recensement de 2012 à Mayotte.

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En 30 ans, la population de Mayotte a été multipliée par 3. Cette croissance démographique n’est pas terminée.

En 2012, 212 600 personnes habitent à Mayotte. Entre 2007 et 2012, la croissance de la population reste soutenue (+ 2,7 % par an en moyenne), mais s’atténue par rapport aux années antérieures. Elle est due intégralement à l’excédent des naissances sur les décès.

Mayotte est le département le plus jeune de France : la moitié de la population a moins de 17,5 ans (contre 23 ans en Guyane et 39 ans en France métropolitaine). Six Mahorais sur dix ont moins de 25 ans. Les 60 ans ou plus ne représentent que 4 % de la population, soit six fois moins qu’en Métropole (24 %).

Un solde migratoire toujours négatif

Entre 2007 et 2012, le solde migratoire reste déficitaire de 4 700 personnes. Il est positif pour les personnes nées dans les autres départements français et pour celles nées à l’étranger mais il est nettement négatif, pour les natifs de Mayotte (- 14 900 personnes). Les jeunes Mahorais notamment émigrent de plus en plus pour poursuivre leurs études ou s’insérer professionnellement.

En 2012, la part des étrangers au sein de la population s’établit à 40 % soit un taux stable par rapport à 2007 : 84 600 étrangers résident ainsi à Mayotte, 95 % d’entre eux étant de nationalité comorienne. Parmi eux , 33 000 sont nés à Mayotte, essentiellement des mineurs qui pourront prétendre acquérir la nationalité française à leur majorité.

Le niveau de qualification progresse mais reste faible

En 2012, un Mahorais sur trois de 15 ans ou plus n’a jamais été scolarisé et 71 % de la population n’a aucun diplôme qualifiant. Le niveau scolaire des jeunes reste également très faible : 56 % des jeunes de 15 à 29 ans qui ont achevé leur scolarité n’ont obtenu aucun diplôme qualifiant. Il est cependant en amélioration : en 2007, 72 % des jeunes ayant achevé leur scolarité étaient sans diplôme.

Mayotte compte 52 300 actifs âgés de 15 à 64 ans, soit un taux d’activité très faible (46 % contre 72 % en France). Parmi eux, 19 000 personnes se déclarent au chômage, soit 36,6 % de la population. Ce taux de chômage au sens du recensement est le plus élevé des départements d’outre-mer. Les inactifs représentent 54 % de la population des 15 à 64 ans alors que leur part n’atteint jamais 50 % dans les autres DOM.

Une économie essentiellement tertiaire

À Mayotte, le secteur tertiaire concentre 83 % des emplois et même 95 % des emplois féminins. Plus d’une personne occupant un emploi sur deux travaille dans un établissement administratif, d’enseignement, de santé ou d’action sociale. Ce secteur recouvre pour l’essentiel de l’emploi public.
Neuf personnes en emploi sur dix sont salariées. La plupart bénéficient d’un contrat à durée indéterminée (71 %). Toutefois, les jeunes sont en situation plus précaire : 58 % des 15-29 ans sont en contrat à durée déterminée.

Des logements plus grands

En 2012, Mayotte compte environ 60 000 logements, soit 16 % de plus qu’en 2007. Les logements se sont agrandis. En 2012, ceux d’une seule pièce ne représentent plus que 18 % du parc contre 26 % en 2007. Le nombre de constructions en dur a fortement progressé en cinq ans (+ 18 %). Parallèlement, le nombre de logements en tôle est resté stable sur la période. L’accès à l’eau s’est beaucoup amélioré : désormais 70 % des résidences principales disposent d’un point d’eau à l’intérieur du logement contre 30 % en 2007. Néanmoins, deux résidences sur trois sont encore dépourvues du « confort de base » souvent parce qu’elles ne disposent pas de WC ou d’une douche ou baignoire à l’intérieur du logement.


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