Quel avenir

Un quart de la population mondiale sera africaine en 2050

41% des naissances auront lieu en Afrique

Céline Tabou / 14 août 2014

D’après le rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance, présenté à Johannesburg, par l’UNICEF, un quart de la population mondiale vivra en Afrique d’ici 2050, en raison d’une hausse rapide des taux de natalité.

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Lagos au Nigeria. 10% des naissances auront lieu dans ce seul pays.

« Sur la base des tendances actuelles, d’ici 35 ans, 25 personnes sur 100 seront des Africains », a révélé le rapport. En août 2014, 40% des enfants de moins de cinq ans dans le monde vivront sur le continent, selon l’étude.

Une personne sur quatre sera africaine

D’après le rapport de l’UNICEF, d’ici à 2050, l’Afrique abritera deux enfants sur cinq. « Une augmentation projetée et sans précédent de la population d’enfants en Afrique donne une chance unique aux décideurs de définir une stratégie d’investissement axée sur les enfants qui permettra au continent, et au monde, de tirer parti des avantages de la transition démographique que connaît l’Afrique », a indiqué le site de l’organisation.
Prenant l’exemple du Nigeria, qui est le pays le plus peuplé d’Afrique mais également la première puissance économique du continent, celui-ci devrait représenter à lui seul 10% des naissances dans le monde d’ici 2050. En 2015, une naissance africaine sur cinq aura lieu dans ce pays, ce qui représente 5% des naissances dans le monde. Entre 2015 et 2030, 136 millions d’enfants naîtront au Nigéria, soit 19% des naissances du continent et 6% des naissances mondiales. D’ici 2050, le Nigéria enregistrera à lui seul près d’une naissance mondiale sur dix, a expliqué le rapport.
Le rapport note ainsi que l’Afrique enregistre une nette augmentation de sa population depuis quelques décennies, « ses habitants sont cinq fois plus nombreux qu’en 1950. Et la croissance démographique du continent devrait se poursuivre, avec une population qui passera de 1,2 milliard en 2015 à 2,4 milliards en 2050, puis 4,2 milliards en 2100 ».
Pour l’UNICEF, il est certain que « l’avenir de l’humanité est de plus en plus africain ». D’autant que plus de la moitié des 2,2 milliards d’êtres humains qui devraient s’ajouter à la population mondiale entre 2015 et 2050 vivra en Afrique, même si la croissance démographique du continent devrait ralentir. Selon les tendances actuelles, « dans 35 ans, une personne sur quatre sera africaine, et cette proportion devrait monter à quatre sur dix d’ici la fin du siècle. À titre de comparaison, en 1950, 9% seulement de la population mondiale vivait en Afrique ».

Des enjeux majeurs

Face à cette hausse démographique rapide, des enjeux majeurs se présentent aux Africains. En effet, la surpopulation sera encore plus forte car elle devrait passer de 8 habitants au kilomètre carré en 1950, à 39 hab./km² en 2015 et environ 80 en 2050. Autre élément important dans les années à venir, l’avenir des enfants qui luttent déjà pour leur survie.
L’UNICEF a rappelé que plus de la moitié des enfants qui meurent à travers le monde aujourd’hui sont Africains. L’organisation a poussé les gouvernements à investir davantage en faveur des enfants. En effet, « en 2050, environ 41% des naissances mondiales auront lieu en Afrique », et d’ailleurs « 40% des enfants de moins de cinq ans seront africains, 37% auront moins de 18 ans et 35% seront des adolescents », a indiqué le rapport.
Globalement, le nombre d’enfants africains de moins de 5 ans augmentera de 51% , passant de 179 millions en 2015 à 271 millions en 2050 et la population enfantine totale (âgée de moins de 18 ans) augmentera de deux tiers, passant de 547 millions en 2015 à près d’un milliard d’ici le milieu du siècle. L’UNICEF a estimé à 1,1 milliard d’enfants de moins de 18 ans qui vivra en Afrique en 2100, ce qui représentera environ la moitié (47% ) de la population enfantine totale à ce moment-là.
Concernant la hausse de la natalité, le programme « Génération 2030/Afrique » de l’UNICEF souhaite un investissement des Etats dans le renforcement de l’accès aux services de santé reproductive et des efforts pour donner davantage d’autonomie aux filles, pour qu’elles puissent rester à l’école. Pour l’organisation, les plans nationaux de développement mit en place doivent s’adapter et se préparer aux changements démographiques, notamment à travers des systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil plus efficaces.
Pour l’UNICEF, « les changements démographiques d’intensité sismique que la population des enfants africains va vivre figurent parmi les plus importants problèmes auxquels est confronté le continent et bien sûr parmi les problèmes les plus essentiels pour le reste du monde ».

Céline Tabou


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