Transports aériens

Le pari du co-développement

Un nouvel avion dans la flotte d’Air Austral

Manuel Marchal / 31 août 2011

Arrivé vendredi à Mayotte après un voyage sans escale depuis Seattle, le dernier né de la flotte d’Air Austral, surnommé "l’avion du développement" par nos confrères de "Mayotte Hebdo" a été présenté hier au personnel de la compagnie et à la presse. Ce Boeing 777-200 LR Worldliner permet une liaison sans escale entre Mayotte et le continent européen. Outre cette rotation deux fois par semaine, il sera aussi affecté à la liaison entre La Réunion et la France. Ce nouvel équipement conforte une ligne, celle du développement de La Réunion. Elle est une étape dans le développement d’une compagnie qui sera la première au monde à faire voler plus de 800 passagers dans un seul avion dans quelques années.

Avec aujourd’hui environ un millier de salariés, Air Austral est devenue un des plus importants employeurs de La Réunion. C’est l’illustration d’une ligne, le pari du développement en explorant des secteurs de pointe, tels que le transport aérien.
Hier a eu lieu la présentation du nouvel avion de la compagnie. Baptisé "Marcel-Goulette", du nom du premier aviateur qui a réalisé la première liaison entre la France et La Réunion en passant par Madagascar, c’est un Boeing 777-200 LR Worldliner. C’est actuellement le seul avion qui soit capable de décoller de la piste de Mayotte et d’atterrir en Europe sans escale en transportant 362 passagers.
Livré le 25 août, le "Marcel-Goulette" s’est envolé de Seattle pour atterrir vendredi à Mayotte au terme d’un vol sans escale de 18 heures. Hier, il a été présenté au personnel d’Air Austral et à la presse. Durant toute la journée, les employés de la compagnie se sont rendus chacun leur tour dans l’appareil.
À partir du mois d’octobre, le nouvel avion assurera plusieurs allers-retours par semaine entre Mayotte et Paris. Il sera également affecté aux lignes entre La Réunion et les villes autres que Paris desservies par Air Austral en France.
En avril, il sera rejoint par un appareil identique appelé "Caribou".
Ces deux avions remplaceront alors les deux plus anciens Boeing 777 présents dans la flotte d’Air Austral depuis 2003.

L’ouverture de La Réunion

La livraison de ce nouvel avion est une illustration du choix d’une ligne, celle du pari du développement de La Réunion. En effet, plutôt que d’attendre que des sociétés situées dans des pays lointains proposent aux Réunionnais des solutions ou des produits, il est possible de créer nous-mêmes nos propres solutions. La Réunion est une île, enclavée dans le sud de l’océan Indien à plusieurs centaines de kilomètres de Madagascar, le pays le plus important de son environnement proche. Pour sortir de cet isolement et s’ouvrir sur d’autres pays, il est aujourd’hui nécessaire d’utiliser l’avion. Pendant des décennies, ce mode de déplacement était sous la coupe du monopole d’une entreprise basée à 10.000 kilomètres de La Réunion. Réunion Air Service, puis Air Réunion et Air Austral ont d’abord permis d’assurer l’ouverture de notre île sur son environnement régional en lien avec Air France qui se concentrait alors sur le long courrier.
Puis Air Austral a eu en 2003 la possibilité d’être une compagnie reliant La Réunion à Paris. La compagnie a ensuite multiplié les ouvertures de nouvelles lignes long-courriers : de La Réunion vers Marseille, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Sydney, Nouméa, Bangkok.
Grâce à une compagnie aérienne régionale, La Réunion a une ouverture sur les pays de sa région, l’Asie, l’Afrique, Madagascar, l’Australie, la Nouvelle-Calédonie et l’Europe. C’est sans doute sans équivalent pour un pays de moins d’un million d’habitants.

Ce que nous pouvons apporter

L’arrivée de ce nouveau Boeing 777 ouvre une nouvelle étape dans ce développement. Il est en effet un outil pour le désenclavement d’un autre pays. C’est en effet le seul appareil capable d’assurer une desserte sans escale de l’Europe depuis Mayotte. C’est cet atout qui a été salué vendredi par les élus de Mayotte.
Ainsi, ce sont donc des Réunionnais qui contribuent à apporter une solution à un problème d’un peuple de notre région. Nous nous situons là en plein dans la démarche du co-développement.
Souhaitons que d’autres initiatives de cet ordre permettent de faire vivre cette alternative à l’ultralibéralisme destructeur que des puissances extérieures à notre région tentent de nous imposer.

Manuel Marchal


Un exploit au quotidien

Gérard Ethève, PDG d’Air Austral, a rappelé sa préoccupation principale : comment transporter en toute sécurité plus d’un million de passagers par an dans un environnement en constante évolution.
Il rappelle que lorsqu’Air Austral a commencé à effectuer des vols long-courriers en 2003, le prix du kérosène était cinq fois moins cher qu’aujourd’hui. Ce carburant a vu notamment son prix doubler depuis deux ans. Cela n’est pas sans conséquence sur les charges de la compagnie. Cela permet donc de se rendre compte de tous les efforts qui sont faits pour maintenir des prix au plus bas en sachant qu’Air Austral ne dispose que d’une dizaine d’avions, contre plusieurs centaines pour un de ses concurrents.


Au sujet des litiges

Interrogé par la journaliste de Réunion Première sur le nombre de litiges relatif au personnel relaté dans la presse, Gérard Ethève a précisé qu’il connaît une compagnie aérienne employant 50.000 salariés qui est en litige avec 5.000 d’entre eux, soit 10%. À Air Austral, la proportion de litiges est de l’ordre de 0,3%.


Dans 12 ans, l’avion appartiendra à Air Austral

À la différence des premiers Boeing 777 d’Air Austral qui avaient été loués auprès de ILFC, ce nouvel avion bénéficie d’un plan de financement totalement différent. C’est Boeing qui a avancé l’argent à la compagnie pour qu’elle puisse acquérir l’avion. Air Austral va ensuite rembourser et au bout de 12 ans, l’avion lui appartiendra.
Ce type de financement montre tout le sérieux et la confiance qu’inspirent Air Austral auprès des plus importants acteurs de l’aviation, a expliqué Gérard Ethève.


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