Transports aériens

Nouvelle menace pour Air Austral

Air Caraïbes et French Blue très inquiets de la concurrence de Norwegian Airlines

Manuel Marchal / 13 avril 2017

L’arrêt du projet de l’Airbus A380 de plus de 800 passagers est une erreur qui risque d’être payée très cher et cela encore plus rapidement que prévu. Air Caraïbes et sa filiale low-cost French Blue sont très inquiets de la concurrence de Norwegian capable de proposer des prix encore moins chers. Faute de projet innovant pour résister, tel que l’A380 densifié, Air Austral se trouve bien démunie face à l’évolution mondiale du transport aérien qui aura bien entendu des répercussions à La Réunion.

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Si le projet de l’ancienne direction d’Air Austral n’avait pas été abandonné, les Réunionnais auraient déjà droit à des billets d’avion 30 % moins chers, sans subvention avec l’Airbus A380.

Hier, la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) tenait une conférence de presse au sujet de ces craintes concernant la concurrence compagnies low-cost. Rappelons qu’à La Réunion, French Blue s’apprête à débarquer avec des prix cassés, ce qui est une menace directe pour la survie d’Air Austral sur l’axe entre La Réunion et la France. Mais la FNAM brandit une menace d’une autre dimension, qui fait même trembler French Blue et sa maison mère Air Caraïbes : Norwegian. Voici un extrait du compte-rendu de cette conférence de presse paru sur le site « la1ere.fr » :

« On ne peut pas lutter à armes égales »

« La concurrence déloyale de la « low-cost norvégienne venue du froid » pourrait menacer le pavillon tricolore et les compagnies aériennes françaises qui desservent la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion au départ de Paris. Et qui assurent aussi la desserte de Mayotte.

« C’est une compagnie avec laquelle on ne peut pas lutter à armes égales. On ne peut pas lutter contre le dumping social, car la Norvège n’est même pas membre de l’Union européenne. Or, Norwegian s’est vu accorder des droits aériens entre Paris et les Antilles françaises. Si cette compagnie arrive avec la volonté de casser les prix, cela aura un effet destructeur sur les emplois français et sur la desserte aérienne des Antilles. Norwegian ne crée par d’emplois en France et privilégie les contrats de travail atypiques et précaires » souligne Pascal de Izaguirre, président de Corsair International, filiale de TUI France interrogé par La1ere. (…)

« Nous recrutons actuellement des personnels navigants antillais aux Antilles, réunionnais à la Réunion et nous entendons continuer à le faire. Le transport aérien est une activité économique essentielle pour ces régions, les compagnies françaises doivent pouvoir affronter leurs concurrents à armes égales, or ce n’est pas le cas, des compagnies low-cost exploitent les failles de la réglementation européenne » a conclu Marc Rochet le président d’Air Caraïbes et de French Blue. »

Air Austral bien démunie

Concurrencée sur son axe stratégique entre les Antilles et la France, nul doute qu’Air Caraïbes et sa filiale French Blue chercheraient à compenser les pertes en augmentant leur part de marché sur la ligne La Réunion-France où Norwegian ne dispose pas encore de droits de trafic. La victime désignée est Air Austral. Faute d’alternative pour faire face à cette offensive, Air Austral se trouvera bien démunie contrairement aux autres compagnies déjà implantées à La Réunion. Ce n’est pas avec des Boeing 787 ou des 777-300 loués que l’entreprise réunionnaise pourra résister à cette nouvelle concurrence. Car dans le même temps, Air France veut créer une low-cost long-courrier susceptible d’opérer sur les lignes où son modèle classique d’exploitation n’est plus rentable ce qui lui permettra de baisser ses prix, Corsair dispose d’autres relais de croissance, et XL Airways n’opère pas depuis Paris à la différence de French Blue.

L’erreur de l’arrêt de l’A380

Si Air Caraïbes et French Blue sont inquiets, nul doute que ce sentiment doit être encore amplifié du côté de compagnies comme Air Austral. Manifestement, le choix de stopper le projet d’Airbus A380 de plus de 800 passagers apparaît de plus en plus comme une très grave erreur stratégique.

Le 4 avril dernier, Airbus a présenté de nouveaux aménagements des cabines de ce géant des airs. En configuration standard, la capacité passera de 497 à 575 passagers, le but est d’offrir des recettes supplémentaires aux compagnies afin d’augmenter la production de cet avion. Cette densification confirme l’esprit d’anticipation de Gérard Ethève et Paul Vergès, les anciens dirigeants d’Air Austral. Ils avaient en effet conclu un partenariat avec Airbus pour construire un avion capable de faire baisser le prix du billet d’avion entre La Réunion et la France de 30 %. Avec un tel outil, Air Austral était parée pour affronter la concurrence et il y a fort à parier que French Blue n’aurait pas été une menace, voire n’aurait pas existé. Or, il s’avère que Norwegian fait peur à des compagnies qui sont capables de vendre des billets d’avion moins chers qu’Air Austral.

L’arrêt du projet d’A380 a donc enlevé à la compagnie réunionnaise un atout considérable pour être en phase avec l’évolution mondiale du transport aérien, qui ne pourra avoir que des répercussions à La Réunion. Ce sont des lendemains difficiles qui se préparent, à moins de tirer les enseignements de cette erreur stratégique et d’essayer de retrouver l’esprit d’anticipation et d’innovation qui existait à la tête de cette compagnie quand elle était dirigée par les Réunionnais Gérard Ethève et Paul Vergès.

M.M.



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Messages






  • Je pense au contraire qu’Air austral a fait le bon choix en refusant l’A380, qui est un avion couteux, pas fiable et très difficile à exploiter pour une petite compagnie comme Air austral.
    Avion très couteux quand il vole vide !
    Bon choix de UU avec ses B777-300 et B787

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  • L’A380 est un avion économique car c’est celui qui transporte le plus de passagers actuellement. Si en plus on l’achète dans sa version maxi,il est capable de transporter 800 passagers ! Ceci sans escale pour ici ! Avec une nouvelle compagnie, low cost elle aussi, la 5° bientôt French Blue, (après Air France, Air Austral, Corsair, XL Airways déjà présentes). Enfin, osons espérer que les prix suivront et que ce ne sera pas comme dans d’autres secteurs soi-disant en concurrence mais où en fait on ne voit pas de différences flagrantes. Sauf si on achète ses billets très longtemps à l’avance, certains le font un an avant ! De temps en temps, il y a des prix d’appel d’accord mais au final, pour le moment, c’est toujours pareil, les tarifs suivent les calendriers scolaires, soit : plein pot pour les enseigants, les élèves, leurs parents (certains sont "habitués" à partir juste avant, ça fait de substancielles économies, en effet d’un jour à l’autre, tant mieux pour eux.
    Les retraités, eux, ils en profitent bien aussi. Ils accumulent les fameux miles sur le dos des autres finalement, car il faut bien que quelqu’un paie. , pourvu que ça dure pour eux, comme l’indexation de leurs pensions. Enfants du baby boom... Arthur.

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  • Lé bien de contester, de dénoncer voire de mal parler, mais nana certain avant y faut y tourne zotte langue 777 fois dann out boush comme les turbines du turboréacteur avant de dire qu’une A380 ne répond pas aux besoins d’une compagnie comme Air Austral et les deux pti Boeings loués actuellement sont plus fiables. Avec une capacité de 853 passagers et d’une vitesse de croisière de 1087 km/h, l’A380 a vite séduite la compagnie aérienne Emirates qui vante ses mérites en précisant que c’est l’avion la plus rentable du monde. Emirates possède une cinquantaine de ce type d’avion. Composé de matériaux composites, l’A380 offre une meilleur résistance que les autres, construites avec des matériaux standards. Ce qui permet de réaliser un gain de poids conséquent et forcément des économies de carburant de l’ordre de 15%. En plus, il émet moins de bruit. Malgré son envergure, l’A380 peut atterrir et décoller de n’importe quelle piste. La preuve, elle est venue à la Réunion. Autre avantage : sa capacité de transporter plus de 800 passagers, permet à la compagnie de diminuer le nombre d’avion et les rotations par semaine, puis s’adapter en fonction de la demande. La compagnie réalise encore des économies. Air Austral avait l’opportunité de faire baisser les coûts d’exploitation et les billets d’avions. D’une pierre deux coups, elle pouvait aussi dissuader l’installation de la concurrence low cost et assurer correctement la continuité territorial. Entiork,lo zafère la kapoté en même temps que le tram train. Eh là, tu bouze ankor.

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