Transports aériens

Qu’attend donc Didier Robert pour faire baisser les prix d’Air Austral de 15 % ?

Le préfet a baissé les prix des carburants de près de 13 % en deux mois

Manuel Marchal / 31 décembre 2014

La préfecture vient d’annoncer une baisse des prix des carburants. Elle est même à deux chiffres pour le super sans plomb. La cause est la chute du cours du pétrole. L’État n’est pas l’actionnaire principal des vendeurs de carburants à La Réunion, or il a fait baisser les prix de près de 15 % en deux mois. Mais pour les passagers des compagnies aériennes qui desservent La Réunion, toujours pas de baisse alors que le prix kérosène dépend directement de celui du pétrole. Qu’attend donc le triple président de la Région, d’Air Austral et de son actionnaire principal la SEMATRA pour agir ?

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Evolution comparée des prix des carburants en vente à La Réunion (source Préfecture) et du cours moyen mensuel du baril de Brent (source ministère de l’Ecologie) : 13 % de baisse pour les automobilistes entre le 31 octobre et le 1er janvier.

Quand le prix du baril de pétrole était supérieur à 100 euros, celui du litre de super sans plomb était d’environ 1,60 euro le litre, et celui du gasoil se maintenait au-dessus de 1,20 euro. Depuis le mois de novembre, les cours du pétrole sont l’argument principal expliquant la variation du prix.

Le prix des carburants baisse comme celui du pétrole

Ainsi pour justifier la baisse du 1er novembre, le communiqué de la préfecture précisait ceci :

« Sur la période de référence, on constate une diminution forte des cotations du supercarburant et du gazole. La cotation du gazole diminue de plus de 10 % et celle du super de près de 8 %. Le prix du brut est passé sous la barre symbolique des 100 $/bbl. Une offre en hausse provenant notamment de la Libye et de l’Irak, associée à l’offre de pétrole non conventionnel américain continue à peser sur les cours. ».

Pour la baisse du 1er décembre, voici ce qui était écrit dans le communiqué de la préfecture :

« Sur la période de référence, on constate une diminution forte des cotations du supercarburant et du gazole comme le mois dernier. La cotation du gazole diminue de plus de 5 % et celle du super de plus de 11 %. Le prix du brut (brent mer du nord), passé sous la barre symbolique des 80 $/bbl s‘établit en moyenne à 81 $/bbl. Les raisons de ces évolutions sont toujours une offre surabondante face à une demande relativement atone. »

Le prix maximal applicable au 1er janvier prochain sera encore en baisse. Là encore, c’est sous l’influence des cours du pétrole selon un communiqué diffusé hier par la préfecture :

« Sur la période de référence, on constate une diminution forte des cotations du supercarburant et du gazole comme le mois précédent. La cotation du gazole diminue de plus de 16 % et celle du super de plus de 19 %. Le prix du brut (brent mer du nord), passé sous la barre symbolique des 65 $/bbl s‘établit en moyenne à 68 $/bbl (au 19 décembre, orienté à la baisse). »

Un triple président bien moins efficace que le préfet ?

Donc au 1er janvier prochain, le prix sera en baisse de 13 % par rapport à celui du 31 octobre, soit une diminution de 13 % en deux mois. Et la série est en cours, car les facteurs qui amènent des pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient à faire baisser le cours du pétrole sont toujours là.

Le mois dernier dans « Témoignages », nous appelions Didier Robert à faire baisser les prix d’Air Austral de 15 %. Il est en effet le président d’une compagnie aérienne, Air Austral, subventionnée par la collectivité qu’il préside, la Région, et il est également le président de l’actionnaire principal d’Air Austral, la SEMATRA. C’est le triple président.
L’État n’est pas le président de la SRPP, ni l’actionnaire principal des sociétés qui distribuent les carburants à La Réunion et ni le président des station-service. Pourtant, le préfet a fait baissé les prix des carburants de 13 % en deux mois, bien que le montant de ses produits ne soit pas aussi étroitement lié aux fluctuations du cours du pétrole que le kérosène.

Cela amène donc à s’interroger. Pourquoi le triple président d’Air Austral, de la SEMATRA et de la Région est-il dans l’incapacité de réaliser ce que le préfet a pu imposer aux compagnies pétrolières opérant à La Réunion ?
Didier Robert dit qu’il est pour des billets d’avion moins cher. Qu’attend-il donc pour agir ?


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