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Maire, député, conseiller municipal, président de Région ?
24 mars 2010
Invité lundi soir de l’émission politique de RFO-Radio, Didier Robert a préféré se priver de cette tribune, prétextant sa présence avec des militants à un meeting de victoire. À la fin de l’émission, un appel d’une correspondante de RFO n’a pas plus éclairci la situation, si elle décrivait un spectacle et l’arrivée de centaines de personnes, pas de nouvelles de Didier Robert. Entre la Région, la Mairie et l’Assemblée nationale, a-t-il décidé ? Il reste deux jours…

Didier Robert dit qu’il respecte « scrupuleusement la loi qui prévoit qu’un élu de la République puisse assumer deux mandats ». Trois jours après son élection à un troisième mandat, il n’a toujours pas dit lequel il va abandonner. (photo Imaz Press Réunion)
« Je respecte scrupuleusement la loi qui prévoit qu’un élu de la République puisse assumer deux mandats », voici ce que déclarait Didier Robert dans un communiqué daté d’octobre 2009. Mais depuis dimanche dernier, Didier Robert occupe trois mandats, et il n’a pas encore dit lequel il abandonnera… Voici quelques éléments qui prouvent combien le député-maire-conseiller régionaux-futur président de la Région a des difficultés à faire face aux conséquences de sa décision d’être candidat à la Région.
Lundi soir, l’émission "Devant La Réunion" devait accueillir le nouveau président de la Région. Didier Robert n’était pas présent, ce qui reste encore à ce jour pour le moins étonnant. En effet, pour se priver d’une tribune susceptible de toucher des centaines de milliers de Réunionnais, il a prétexté sa présence à une fête de la victoire au Tampon. C’est un bien curieux prétexte, puisque selon une correspondante de RFO-Radio dépêchée sur place et intervenant à la fin de l’émission, c’est-à-dire peu avant 19 heures, la foule présente devant l’hôtel de Ville du Tampon se comptait en centaines de personnes, et pas de présence de Didier Robert au micro de l’envoyée spéciale du service public.
Tels sont les faits que tous les Réunionnais ont constatés.
Le prétexte du meeting ne tient pas
Autrement dit, le meeting était très loin d’avoir commencé à 19 heures, puisque selon "Le Quotidien" du 23 mars 2010, 2.000 personnes étaient présentes quand Didier Robert est monté sur le podium. Car ce n’est pas en quelques minutes qu’une place se remplit de plus d’un millier de personnes, surtout lorsque l’on connaît les difficultés de circulation au Tampon.
Maintenant, comment expliquer que Didier Robert ait décidé de se priver d’un temps de parole de plus d’une demi-heure sur RFO-Radio au lendemain de son élection ? Le prétexte du meeting ne tient pas, car il pouvait très bien participer à l’émission et arriver ensuite au Tampon à 20 heures, ce qui n’aurait pas retardé le déroulement de cette fête. Car si Didier Robert avait été en plein meeting à 19 heures, il n’aurait pas manqué d’intervenir au micro de l’envoyée spéciale de RFO-Radio.
Autrement dit, Didier Robert était pris par d’autres activités, directement liées aux faits que "Témoignages" a exposé la veille dans un article décrivant le début des manœuvres pour éviter à Didier Robert la démission d’un de ses mandats.
L’aventurier Didier Robert
Il est en effet une question à laquelle Didier Robert n’a jamais encore répondu depuis sa déclaration de candidature à la présidence de la Région. Quel sera le mandat qu’il décidera de quitter en cas de victoire aux Régionales : conseiller municipal et donc maire, ou député ?
La question n’est toujours pas tranchée, ce qui est pour le moins étonnant de la part d’une personne qui aspire à de si hautes responsabilités. Rappelons qu’en 2004, quand Paul Vergès, président de Région et sénateur, a été élu au Parlement européen, il a aussitôt démissionné du Sénat.
Didier Robert laisse trainer les choses. A-t-il des difficultés à assumer les conséquences de ces actes ? Quoi qu’il en soit, à ce niveau de responsabilité, laisser planer une telle incertitude démontre que pour cette élection, Didier Robert a agi en aventurier.
Il reste donc deux jours à Didier Robert pour se décider : quitter le Conseil municipal, provoquer une élection législative dans une circonscription où l’UMP est minoritaire ou renoncer à la Région ? Il reste deux jours pour choisir… sauf si une manœuvre de dernière minute permettait à Didier Robert de cumuler les trois mandats, le temps que la justice se prononce… ce qui ne manquera pas de casser l’image de quelqu’un qui dit respecter « scrupuleusement la loi qui prévoit qu’un élu de la République puisse assumer deux mandats ».
Manuel Marchal
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