Éclaircissement

13 avril 2007

L’émission télévisée de Jean-Régis Ramsamy est à orientation créolophone. Cette langue orale est comprise par l’immense majorité des habitants de La Réunion, car le lexique créole est essentiellement français (pas la syntaxe qui, elle, est spécifique).
Ce journaliste émérite a une fois reçu dans son émission des amis mauriciens qui se sont exprimé en créole mauricien plus difficile à comprendre pour un locuteur réunionnais. Il s’agit là d’une heureuse exception (car il est agréable d’entendre parler mauricien avec cet accent qui nous fait découvrir la richesse de la différence).
La langue de La République est naturellement le français, mais l’expression créole dans un pays créole ne doit pas pour autant être diminuée au point d’être occultée.
« L’apartheid » prononcé par Monsieur Mayer est un mot incorrect qui rappelle la triste séparation des noirs et des blancs à titre législatif en Afrique du Sud.
Dans son émission Jean-Régis Ramsamy essaye de faire sortir certaines forces créatives du pays où toutes les sensibilités sans exclusion sont représentées, son engagement est sincère et sans préjugés.
La question fondamentale est : faut-il que le créole, qui est la langue orale et populaire majoritaire à La Réunion, soit éradiqué ou doit-on lui laisser aussi une place ?
En ce sens Monsieur Mayer biaise, car il joue sur le sentiment national. Or, le sentiment créole et son expression parlée ne sont pas incompatibles à la mission de La République qui est l’unité, mais aussi l’acceptation de la diversité qui fortifie l’identité nationale, à condition bien entendu que l’on ne nous impose pas une graphie dirigiste et incongrue comme ce fut le cas pour le Tangol, surtout si il fallait le faire apprendre à l’école de La République - comme le suggérait alors Madame Pouzalgues, IPR de Lettres chargée de la lutte contre l’illettrisme - pour des raisons plus politiques qu’éducatives. Le français restant pour le petit réunionnais la langue de l’intégration nationale et de l’ouverture au monde francophone.

Christian Vittori


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Témoignages - 82e année


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