Economie

18 milliards d’euros de contrats

Visite de Xi Jinping en France

Céline Tabou / 28 mars 2014

50 accords ont été signés entre la Chine et la France, mardi 26 mars, pour une valeur de 18 milliards d’euros. Pour le chef de l’Etat français, François Hollande, « 18 milliards d’euros de contrats, c’est de l’emploi, de la croissance et surtout des perspectives d’ampleur pour les années qui viennent ».

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Usine Airbus à Tianjin en Chine. (photo Jagoah)

La déclaration du président français arrive au moment où les chiffres du chômage explosent et au cours d’un entre-deux tour compliqué pour les candidats socialistes. Cependant, ces contrats juteux bénéficient aux grandes compagnes internationales françaises, comme Airbus, GDF Suez, PSA Peugeot qui vient de licencier massivement, Areva et Total.

Airbus Groupe grand gagnant

A l’occasion de la visite de Xi Jinping en France, les parties chinoises ont acté la coopération avec Fabrice Brégier, président et chef de la direction d’Airbus Group, avec pour témoin le président français François Hollande et le président chinois Xi Jinping. Au même moment, la compagnie China Aviation Supplies Holding Company (CAS) et Airbus ont signé un accord sur les clauses générales (GTA) pour l’achat d’un total de 70 avions Airbus.

Plusieurs accords de partenariats ont été signé, notamment « la coopération mutuellement bénéfique » d’Airbus avec l’industrie aéronautique chinoise dans divers domaines, parmi laquelle la promotion de la ville de Tianjin en tant que Centre asiatique pour Airbus et l’amélioration de la coopération industrielle dans les deux échelle et de niveau.

Le groupe français et ses partenaires chinois, Tianjin Free Trade Zone et Aviation Industry Corporation of China (AVIC), ont annoncé le prolongement du Joint Venture destiné à assembler les A320 en Chine. Au cours de la période 2016-2025, les livraisons seront étendues à l’ensemble de la région d’Asie et l’assemblage final des A320 sera lancé à partir de 2017. L’objectif est d’étendre les capacités de la chaîne d’assemblage final de Tianjin seront étendues.

L’avionneur européen a reçu une commande chinoise de 70 avions pour un montant de plus de 7 milliards d’euros. Cette commande comprend 43 appareils moyen courriers A320 et 27 long-courriers A330. Par le passé, l’achat des longs courriers avait été gelé par Pékin en représailles au projet européen de taxer les émissions de CO2 des compagnies étrangères et donc retiré par Airbus de la liste de ses commandes. Enfin, Airbus Helicopters et l’entreprise chinoise Avicopter (division hélicoptères du groupe Avic) se sont accordés sur la production à parts égales de 1.000 hélicoptères civils EC175/AC352.

Divers contrats

L’accord signé par PSA Peugeot Citroën, Dongfeng et l’Etat français a été vivement salué par François Hollande, car il s’agit, selon lui, d’un « grand projet qui illustre ce que peut être le partenariat franco-chinois à l’avenir », Il n’est alors « plus (question, ndlr) seulement de vendre » mais « d’investir ensemble ». PSA Peugeot Citroën et Dongfeng ont acté le « mémorandum d’accord portant sur (leur) rapprochement ». Le groupe chinois et l’État français font ainsi leur entrée à hauteur de 14% chacun dans le capital du constructeur automobile, pour une valeur de 800 millions d’euros chacun.

Xi Jinping a qualifié sa visite d’"événement historique », 50 ans après la reconnaissance de la République Populaire de Chine, par le général de Gaulle, ce qui a « profondément marqué » la relation entre les deux pays. Ce dernier a salué un « entretien sincère, amical et fructueux » avec le président français, estimant que cela avait permis d’"ouvrir une nouvelle époque d’un partenariat étroit et durable ». « Avec le président Hollande, nous avons décidé de valoriser la complémentarité et le potentiel de nos deux économies », a-t-il déclaré devant la presse.

En matière de développement durable, les deux pays se sont mit d’accord pour la construction d’ici 10 ans d’un éco-quartier, dans la ville de Shenyang, dans le nord-est de la Chine. Un espace de 10 kilomètres carrés, permettant à des entreprises françaises spécialisées dans la ville durable de « venir à la rencontre de la demande chinoise », a expliqué la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq.

Ensuite, Areva a convenu avec la compagnie nucléaire China National Nuclear Corporation (CNNC) de poursuivre les négociations sur la construction en Chine d’une usine de retraitement des déchets nucléaires. De son côté, Total a signé avec le pétrolier CNOOC un accord prolongeant jusqu’en 2019 la livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) au groupe public chinois, ainsi qu’une étude sur la possibilité de nouer un partenariat dans les infrastructures d’importation et de distribution de GNL en Chine. Pour GDF Suez a signé un accord de coopération avec Beijing Enterprise Group, afin de développer des projets gaziers et d’efficacité énergétique en Chine.
La venue de Xi Jinping a été plus que fructueuse pour les entreprises françaises, qui après avoir licenciés massivement, se voit désormais offertes d’importants contrats et des baisses de charge avec le Pacte de responsabilité de François Hollande.

  Céline Tabou  


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