Economie

20 propositions pour l’agriculture réunionnaise

Face à la crise

Témoignages.re / 28 août 2012

Dimanche dernier, Jean-Yves Minatchy, président de la Chambre d’agriculture, a tenu une conférence de presse devant l’usine du Gol. À cette occasion, il a été question de la présentation de 20 propositions pour faire avancer l’agriculture réunionnaise. Nous les reproduisons ci-après.

Une agriculture, saine, équilibrée et à moindre coût

• Diminuer les coûts de production
La réduction et la maîtrise des coûts de production sont une priorité pour améliorer le revenu des producteurs et rendre les produits locaux plus compétitifs, face aux importations. Pour cela, il faut augmenter l’aide du régime spécifique d’approvionnement (RSA) afin de faire baisser le le prix des intrants agricoles (engrais, produits phytosanitaires, aliments du bétail).

• 45% des produits locaux dans la restauration collective, d’ici 2017
Afin de développer la production locale et de faire de l’import substitution sur une île éloignée du continent et garantir notre indépendance alimentaire, la Chambre d’Agriculture propose une modification du Code de Marchés Publics imposant 45% de la production locale dans les marchés de restauration collective.

• Assurer la transparence des prix du producteur au consommateur
Les agriculteurs constatent que leurs produits (viandes, fruits et légumes) sont commercialisés à des prix trois fois supérieurs au coût de production dans les étals des grandes surfaces. Il faut imposer aux industriels de la grande distribution, une charte des bonnes pratiques de vente des produits agricoles.

• Soutenir une agriculture respectueuse de l’environnement
Le développement durable est au cour de l’action des agriculteurs. Ils sont les premiers gestionnaires des ressources naturelles, en contribuant à entretenir et à valoriser les paysages
Ils rendent des services d’intérêt général.
Il convient de concilier production économique et préservation des ressources natiurelles en rémunérant mieux les services envirennementaux fournis par les agriculteurs (services non marchands de l’agriculture), par des solutions innovantes.

Un modèle agricole réunionnais renforcé et spécifique

• Une PAC 2014-202O ambitieuse, adaptée et spécifique
De façon à sécuriser le revenu agricole et atteindre un taux de couverture suffisant en produits agricoles tout en développant la filière canne à sucre, il est indispensable de maintenir à La Réunion un budget ambitieux dans le cadre d’une PAC renouvellée compte tenu de nos spécifités (petitesse des exploitations, éloignement et insularité).

• Répartition des richesses issues de la canne à sucre
Arriver à une juste répartition des richesses issues de la canne à sucre avec une plus grande transparence de la filière est possible, grâce au soutien de l’Etat pour favoriser l’ensemble des expertises garantissant une mailleure réparttion des richesses tirées de la canne à sucre, comme cela a été fait sur la recette bagasse et la prime alcool-mélasse.

• Faciliter la contribution des exploitations agricoles à l’autonomie énergétique de La Réunion
Le développement de la maîtrise de l’énergie à la Réunion est une préoccupation constante du monde agricole dans la mesure où notre département est dépendant à 66 % des énergies fossiles devenues rares, chères et polluantes.
Les agriculteurs peuvent participer à cette autonomie énergétique et s’assurer un revenu complémentaire par l’utilisation des ressources renouvelables des exploitations (biomasse, photovoltaïque sur batiment), à condition d’obtenir un soutien public des projets d’unités de production d’énergie renouvelable des exploitation agricoles ainsi que des tarifs attractifs.

• Une représentativité syndicale adaptée au contexte local
Compte tenu des spécificités de l’agriculture d’Outre-Mer et de ses enjeux locaux, la Chambre d’Agriculture demande que la la représentativité syndicales en agriculture soit basée sur les résultats des élections des Chambres d’Agriculture sur le plan départementale et non national, comme cela se fait au niveau de la SAFER, CGSS, CAF.

Améliorer les conditions de travail et la compétitivité

• Logement des agriculteurs
L’ensemble des agriculteurs à titre principal doit pouvoir bénéficier d’un siège d’exploitation à proximité de l’entreprise, par le biais de lotissements agricoles ou, à défaut, sur leur exploitation.
Pour cela, il faut permettre la construction en zone rurale d’un siège d’exploitation par expIoitation agricole viable.

• Taxer des importations qui affectent la production locale
Dans un contexte de forte augmentation de la population, augmenter le taux de couverture du marché par les productions locales en substituant les importations de produits agricoles, qui n’offrent pas toutes les garanties sanitaires et environnementales, par une production locale à moindre coût peut être facilité par l’instauration d’une taxe de 10% des productiosn agricoles importés (hors Union européenne) qui concurrencent de manière significative les productions agricoles locales.
Cette taxe serait intégralement affectée à la diminution du prix des produits locaux pour le consommateur réunionnais.

• Supression de la Taxe foncière sur le non-bâti
Pour diminuer les coûts de production en agriculture et rendre les exploitations réunionnaises plus compétitives, mais aussi faciliter la location des terres agricoles, la Chambre d’Agriculture demande l’éxonération de la taxe foncière sur le non-bâti (coût : 2,1 MEuros) pour que tous les propriètaire qui exploitent ou donnent en exploitation par bail à ferme, leurs terres, à l’instar de ce qui se fait en Corse depusi 1993.

• Maintenir la défiscalisations en agriculture
Les différentes mesures de défiscalisation en vigueur dans l’Outre-Mer ont apporté un réel soutien à l’activité, à l’emploi et à l’investissement en agriculture et permis la modernisation des exploitations agricoles. Il convient donc de poursuivre le dispositif de défiscalisation Outre-mer, pour les invesstissements agricoles.

• Garantir la continuité territoriale de nos fruits tropicaux à l’exportation
La Chambre d’Agriculture demande que l’Etat, le Département et la Région prennent en charge 70% du fret pour l’acheminement à moindre cout des fruits de La Réunion vers l’Europe comme cela se fait en Espagne pour les produits agricoles des Iles Canaries.

• Gagner la bataille de l’eau
L’eau, en tant que facteur de production, participe activement à l’objectif de l’agriculture réunionnaise. Pour atteindre une surface agricole irriguée de 21.000 ha d’ici 2020, notamment en privilégiant les zones jusqu’ici oubliées dans les Hauts, le Nord, l’Est et le Sud du département, il faut mettre en œuvre un shéma dépatemental de gestion des eaux, qui intégre un soutien accru pour al construction de nuveaux périmetres irrigués et de forages dans les Bas et la mise en œuvre de retenues collinaires à grande capacité, dans les Hauts.

• Promouvoir l’emploi saisonnier en agriculture
De façon à lutter contre le travail informel et faciliter l’embauche des saisonniers agricoles, il faut permettre aux salariés agricoles de cumuler prestations sociales et emploi salarié afin de rendre plus attractif l’emploi saisonnier

Installation - Retraite
• Une retraite agricole au niveau du seuil de pauvreté national
De façon à favoriser les installations et la consolidation des exploitations et de permettre aux agriculteurs à la retraite de bénéficier d’une pension minimale pour faire face au coût de la vie, il convient de légiférer pour une retraite agricole à 60 ans par la reconnaissance de la pénibilité du travail agricole et la mise en place d’un montant de retraite minimal au seuil de pauvreté national, soit 912 €/mois.

• Faciliter l’installation des jeunes
Pour encourager l’installation des jeunes, la Chambre d’Agriculture demande de porter l’âge de l’égibilité des aides à l’installation à 45 ans, et la création d’une caisse de portage pour l’acquisition de foncier agricole pour les candidats à l’installation et un revenu minimum pour les cinq premières années d’activités.

• Protéger et favoriser l’accès au foncier agicole
L’agriculture reste une activité attractive mais freinée par le manque de foncier et les espaces surprotégés (Parc national des Hauts, zones naturelles sensibles). Pour atteindre les objectifs de production des filières, pour atteindre les objectifs de production des filières il faut optimiser les surfaces agricoles par la préservation du foncier, la récupération des terres en friches et la reconquete pastorale dans les Huats.

• Simplification administrative
Les agriculteurs passent beaucoup de temps derrière leur bureau ou devant des guichets pour remplir des formulaires toujours plus complexes, et fournir des justificatifs toujours plus nombreux. Aujourd’hui, ils subissent une superposition de contraintes au niveau local, national et européen. La place de l’agriculteur doit être sur le terrain et l’Etat doit mettre en œuvre une procédure de simplification administrative de l’ensemble des procédures agricoles (installation, formulaire de demandes d’aides, etc.)

• Affecter le produit de la taxe sur la cession des terrains rendus constructibles aux leviers d’installation en agriculture
La Loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010 a instauré une taxe, payée par l’acheteur, sur la cession des terrains agricoles rendus constructibles. En fonction des hypothèses retenues, l’enveloppe serait comprise entre 21 et 53 millions d’euro par an. La Chambre d’Agriculture demande une répartition équilibrée du produit de cette taxe entre tous les leviers favorisant l’installation des jeunes à savoir :

- les aides à l’installation

- le financement de l’accompagnement à l’installation.

- les retraites favorisant la libération des terres agricoles.


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