Economie

7 % de fréquentation en moins dans les hôtels à La Réunion

Où sont les 600.000 touristes et les 15.000 emplois prévus ?

Manuel Marchal / 30 septembre 2014

Le secteur du tourisme apparaît de plus en plus sinistré et ce n’est pas la faute aux requins. Rappelons que la baisse du nombre de touristes déjà enregistrée sur l’année 2013 s’expliquait par des décisions stratégiques : suppression de plusieurs liaisons aériennes d’Air Austral, remise en cause du projet de l’Airbus A380 à 800 passagers et manque de diversification de la clientèle. Tous ces choix sont de la responsabilité du Conseil régional. Ceux qui en 2010 croyaient aux 600.000 touristes et aux 15.000 emplois promis par la direction nouvellement élue à la Région peuvent mesurer l’écart entre leurs espoirs et la réalité.

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L’INSEE vient de publier le résultat de la dernière enquête sur la fréquentation des hôtels classés. Il montre une nouvelle chute. Voici un extrait du communiqué diffusé hier :

Après un 1er trimestre morose, la fréquentation hôtelière à La Réunion baisse à nouveau. Avec 169 400 nuitées au 2e trimestre 2014, la fréquentation des hôtels classés recule de 7 % par rapport au 2e trimestre 2013. La baisse de la fréquentation a été particulièrement forte au mois de mai (- 18 %).
Les établissements de 1 ou 2 étoiles sont les plus affectés (- 19 %). En plus d’une baisse de fréquentation, ils pâtissent de fermetures d’hôtels enregistrées sur le trimestre.
En revanche, la fermeture partielle pour travaux d’un établissement n’a pas entamé la fréquentation des hôtels de catégories supérieures (4 ou 5 étoiles). Ils profitent au contraire d’une embellie, avec une fréquentation en hausse de 2 %.

Ces données confirment celles publiées le 24 septembre dernier par l’INSEE. Dans son enquête sur la fréquentation touristique, l’Institut avait noté une baisse de 13 % du nombre des touristes d’agrément, principaux clients des hôtels. Il constatait aussi que 80 % des touristes venaient d’un seul pays, la France.
Le même jour, Réunion Première dévoilait quelques informations d’une autre enquête commandée par des professionnels du tourisme. Ces derniers voulaient vérifier si la crise requin était la cause de cette diminution. Ce n’était pas le cas, et d’autres facteurs étaient mis en avant : le prix du billet d’avion et la fermeture de lignes aériennes reliant directement plusieurs villes françaises à La Réunion. La France est en crise, le pouvoir d’achat a baissé en moyenne de 125 euros par mois, d’où une importance encore plus grande du coût du transport.

Décisions stratégiques

Or, depuis 2010 la Région a décidé d’une autre stratégie pour Air Austral : arrêt de la desserte de l’Australie (Air Mauritius a depuis largement comblé le vide), suppression des lignes directes entre La Réunion et plusieurs villes françaises, remise en cause des deux Airbus A380 de 800 passagers déjà commandés par Air Austral et qui devaient être mis en service cette année au plus tard. Ils auraient permis de faire baisser les prix des billets d’avion de 30 %.

Le secteur du tourisme paie le prix d’une stratégie peu efficace de la part de la collectivité compétente, la Région. En 2010, la nouvelle majorité avait promis 600.000 touristes et 15.000 emplois à la fin de son mandat qui devait se terminer cette année. C’est bien loin de la réalité observée.


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