Economie

74.000 emplois détruits en France au premier semestre 2013

Note de conjoncture de l’INSEE

Témoignages.re / 23 mars 2013

La dernière note de conjoncture de l’INSEE en France note qu’« au quatrième trimestre 2012, l’activité a accéléré dans les économies émergentes, mais les économies avancées n’en ont pas bénéficié ». Les perspectives ne sont pas favorables, avec une poursuite de la hausse du chômage en France malgré l’augmentation du nombre des contrats aidés, ainsi qu’une poursuite du déclin de la vieille Europe. Voici quelques extraits, sans commentaire…

Les échanges mondiaux, atones au troisième trimestre 2012, se sont nettement redressés en fin d’année (+0,9%, après +0,2%). Cette amélioration globale masque toutefois des dynamiques très différentes entre les pays émergents et les pays avancés.

En effet, le regain d’activité dans les économies émergentes, notamment en Chine, a stimulé les échanges. Mais, en revanche, les importations et les exportations des économies avancées ont nettement reculé fin 2012. Dans ces pays, l’activité s’est repliée (-0,2% après +0,3%), pénalisée également par un mouvement de déstockage particulièrement marqué aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Italie.

Aux États-Unis, l’activité a calé au quatrième trimestre 2012 (0,0% après +0,8 %). La consommation privée et l’investissement ont été dynamiques, mais les dépenses publiques de défense ont fortement chuté et les importations se sont repliées (-1,1%).

Au Japon, l’activité a continué d’être pénalisée par les tensions géopolitiques avec la Chine : malgré le rebond des échanges en Asie, les exportations japonaises se sont de nouveau fortement repliées (-3,7% après -5,1%) et l’activité est restée stable (0,0% après -1,0%).

Chute de l’activité dans la zone euro

Dans la zone euro, le repli de l’activité au quatrième trimestre 2012 a été plus marqué que dans les autres pays avancés : -0,6% après -0,1% au troisième trimestre 2012. En particulier, la production manufacturière, stable au troisième trimestre, s’est fortement repliée fin 2012 dans les plus grandes économies de la zone euro.

En Allemagne, notamment, l’activité (-0,6 % après +0,2%) a pâti de la chute des exportations et du repli de l’investissement en biens d’équipement, pour le cinquième trimestre consécutif. Dès lors, les importations allemandes ont reculé, contribuant à freiner les échanges au sein de la zone euro. 

En Espagne et en Italie, le repli de l’activité a également été très marqué (respectivement -0,8% et -0,9%). La demande intérieure a continué de reculer et, contrairement aux trimestres précédents, les échanges extérieurs n’ont pas soutenu l’activité.

L’activité s’est également repliée en France, avec une intensité toutefois moindre que dans les autres grands pays européens (-0,3% après +0,2%). Entraînées par la faiblesse des échanges dans les pays avancés, les exportations ont reculé (-0,6% après +0,7%). Les entreprises ont également diminué leurs investissements (-1,2% après -0,8%), tout comme les ménages (-0,8% après -0,1%). En revanche, la consommation des ménages a continué de résister (+0,2% après +0,3%). Les dépenses des ménages en produits manufacturés ont légèrement progressé, notamment grâce au dynamisme des achats d’automobiles en décembre 2012, avant le durcissement du malus sur les émissions de CO2, tandis que les dépenses dans les services sont restées robustes (+0,3% après +0,2%).

La production industrielle diminuera en France

L’activité a été en outre limitée par un nouveau mouvement de déstockage et, dès lors, la production manufacturière s’est fortement repliée en France fin 2012 (-2,3% après +0,9%). Ce repli a eu des effets d’entraînement défavorables dans les services, mais ceux-ci ont globalement résisté grâce au dynamisme de la dépense des ménages. En revanche, l’activité dans la construction s’est repliée (-0,8% après 0,0%), à la fois dans le bâtiment et dans les travaux publics.

Au total, l’activité serait atone en France au premier semestre 2013 (0,0% au premier trimestre et +0,1% au deuxième). La production manufacturière se replierait au premier trimestre 2013 (-0,7%), et encore légèrement au deuxième trimestre 2013 (-0,2%).
Le chômage augmentera malgré les emplois aidés

L’emploi marchand s’est replié au quatrième trimestre 2012 dans tous les secteurs (-45 000). Avec la faiblesse de l’activité, la situation sur le marché du travail continuerait de se détériorer d’ici juin 2013 et 74 000 postes seraient supprimés. Le retour des gains de productivité vers leur rythme d’avant-crise, amorcé depuis fin 2011, pèserait sur l’emploi, mais la baisse de l’emploi marchand serait quelque peu atténuée par les premiers effets du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

La baisse de l’emploi total serait plus faible que celle de l’emploi marchand du fait de l’augmentation du nombre de bénéficiaires d’emplois aidés, notamment des emplois d’avenir, au premier semestre (+37 000). La hausse du chômage se poursuivrait néanmoins : après s’être établi à 10,6% de la population active au quatrième trimestre 2012 (10,2 % en France métropolitaine), le taux de chômage atteindrait 11,0% mi-2013 (10,6% en France métropolitaine).
Stagnation des salaires

La progression des salaires serait limitée car la dégradation du marché du travail pèse sur les négociations salariales. En outre, la baisse de l’inflation en 2012 se transmettrait progressivement aux salaires : les salaires nominaux ralentiraient et les gains de salaires réels seraient nuls au premier semestre 2013

Malgré la faiblesse de la progression des revenus d’activité, le pouvoir d’achat rebondirait au premier semestre 2013 (+0,6% au premier trimestre 2013 puis -0,1% au deuxième trimestre après -0,7% au quatrième trimestre 2012). Ce rebond, temporaire, serait la conséquence du calendrier de perception des impôts.


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