Economie

A Toulouse, les Chinois s’offrent un aéroport

Un consortium chinois achète 49,9 % du capital de Blagnac et en deviennent le premier actionnaire

Céline Tabou / 6 décembre 2014

Le gouvernement a choisi jeudi 4 décembre d’ouvrir le capital du 4e aéroport de France à un consortium chinois. L’aéroport de Toulouse devrait récupérer plus de 300 millions d’euros en dépit des inquiétudes des responsables locaux.

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Situé près de Toulouse, l’aéroport de Blagnac est la vitrine d’Airbus, c’est là que ses avions A380 et A350 notamment ont fait leurs premiers vols. (Photo Airbus)

L’Etat possédait 60 % du capital de l’aéroport, mais depuis la cession de 49,9 %, le gouvernement ne détient désormais plus que 10,1 %. Une situation qui a été critiqué par les élus et responsables politiques de la majorité, préférant un candidat national.

Les Chinois meilleurs

Parmi les prétendants à cette cession, Vinci, associé à la Caisse des Dépôts, et Aéroports de Paris associé à Predica (groupe Crédit Agricole) souhaitaient racheter les parts de l’Etat, mais le gouvernement a fait le choix d’un investisseur étranger. En effet, pour ce dernier, l’offre chinoise était la meilleure, en termes de prix et en terme social. Le but était aussi d’envoyer un signal positif aux investisseurs étrangers, que la France tente d’attirer le plus possible pour relancer son économie.
Le consortium retenu, baptisé Symbiose, « présente un projet de développement ambitieux pour l’aéroport de Toulouse-Blagnac, s’appuyant sur le dynamisme et l’attractivité de la région toulousaine » et « son offre table sur une augmentation de l’emploi liée à la progression du trafic de l’aéroport », a indiqué Bercy dans un communiqué de presse.
Pour le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, « il ne s’agit pas d’une privatisation mais bien d’une ouverture de capital dans laquelle les collectivités locales et l’État restent majoritaires avec 50,01 % du capital », a-t-il expliqué au journal, la Dépêche du Midi. D’ailleurs, le gouvernement a assuré qu’il ne céderait pas ses 10,01 % restant.
Le consortium Symbiose est composé de deux sociétés chinoises, Shandong Hi-Speed Group, acteur majeur de la gestion d’infrastructures de transport en Chine, et Friedmann Pacific Asset Management, société de gestion d’actifs de Hong Kong.

Pour un pacte d’actionnaires

Le capital restant de 40 % est détenu par la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse (25 %), la région, le département et l’agglomération de Toulouse, avec 5 % chacun. Suite à l’annonce de Paris, le président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, a plaidé pour un pacte d’actionnaires afin de s’assurer que l’aéroport reste bien dans la sphère publique.
De son côté, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (UMP) a indiqué qu’il fallait poursuivre « l’action concertée et commune des actionnaires locaux » pour garantir l’emploi, les investissements régionaux. Il a également souhaité des « garanties de long terme sur le foncier dédié à Airbus », installé à Toulouse et qui opère ses tests depuis l’aéroport de Toulouse.
Face à cette inquiétude, Bercy a assuré que le consortium Symbiose prend « pleinement en compte les intérêts à long terme du groupe Airbus ». D’ailleurs, la finalisation de cette opération « ne pourra intervenir qu’à l’issue » d’une procédure de consultation du comité d’entreprise de l’aéroport, et après autorisation des autorités compétentes en matière d’aviation civile », selon le communiqué de Bercy. Celle-ci devrait intervenir « d’ici la fin de l’année », a précisé à l’AFP le ministère de l’Économie.
Désormais, l’objectif sera d’attirer une part de la masse grandissante de touristes chinois venus visiter la France. Le consortium a promis une croissance du trafic de l’aéroport de 18 millions de passagers en 2030 contre 7,5 millions en 2013. Les deux parties souhaitent faire de l’aéroport de Toulouse, le nouveau point d’entrée de la Chine en France.


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