Economie

Accélérer la marche vers l’autosuffisance alimentaire grâce au co-développement

Le retour des émeutes de la faim ?

Sanjiv Dinama / 27 août 2009

Les principaux pays producteurs de riz ont stoppé leurs exportations. Selon les études en 2050, l’Asie le continent le plus peuplé de la planète et le principal producteur de riz pourrait importer le quart de sa consommation de riz. C’est le principal message du rapport que l’Institut international de la gestion de l’eau (IWMI) présente à la semaine de l’eau organisée à Stockholm (Suède) la semaine dernière. Rappelons que l’an dernier, le monde a été secoué par des émeutes de la faim. Ces événements dramatiques ont été provoqués par la hausse des prix de produits alimentaires de première nécessité et l’arrêt des exportations des principaux pays producteurs de riz. La dépendance de La Réunion dans ce domaine est une préoccupation partagée par bon nombre de peuples qui ont été colonisés. Les pays de notre environnement régional ont proposé un projet alternatif : l’autosuffisance alimentaire dans la COI.

Si des réformes majeures dans la gestion de l’eau et de l’irrigation ne sont pas engagées rapidement en Asie, la plupart des pays devront importer un quart du riz et du blé dont ils auront besoin en 2050. C’est le principal message du rapport que l’Institut international de la gestion de l’eau (IWMI) présente à la Semaine de l’eau organisée à Stockholm (Suède) la semaine dernière. Le continent compte actuellement 4,2 milliards d’habitants et il aura alors 2,5 milliards de nouvelles bouches à nourrir. La demande asiatique d’alimentation humaine et animale devrait doubler dans les quarante prochaines années. Ces pays commencent d’or et déjà à stopper leur exportation afin de pouvoir satisfaire la demande interne.
L’irrigation tient une place centrale dans l’agriculture asiatique. Un tiers des surfaces agricoles (34%) sont irriguées en Asie contre seulement 8% en Europe et 10% en Amérique du Nord. Le riz et indirectement l’eau sont la principale ressource alimentaire de la Chine (1,3 milliard d’habitants) et de l’Inde (1,1 milliard).

Pollution et sécheresse

Dans ces deux pays où la culture du riz irrigué a permis l’autosuffisance alimentaire à partir des années 1970, les recettes de la « révolution verte » (irrigation, engrais, semences à haut rendement) sont en train de montrer leurs limites. Les nappes phréatiques sont polluées et leur niveau est descendu de façon dramatique au cours des dernières années.
En Inde, par exemple, le nombre des pompes électriques individuelles a littéralement explosé. Résultat, dans l’État d’Haryana (nord du pays), le niveau des nappes est descendu de 60 mètres en dix ans et une partie des sols sont salés et ont perdu leur fertilité. Le réchauffement climatique et la fonte progressive des glaciers himalayens pourraient aggraver la pénurie en eau dans les prochaines décennies en limitant les réapprovisionnements. Selon le rapport "Rice 2009", l’Inde deviendra importatrice nette de riz dans 5 ans.
L’IWMI ne condamne pas pour autant l’irrigation. Au contraire, étant donné qu’il n’y a pas de nouvelles terres à défricher sur le continent asiatique, elle est pour l’Asie presque son unique atout pour accroître la production alimentaire. Dans une bonne partie du continent, le riz a toujours été une ressource majeure et sa place s’est accrue dans la période récente : entre 1961 et 2003, le taux des surfaces irriguées est passé de 27% à 82% dans certaines régions d’Asie du Sud.
« Le meilleur pari pour l’Asie est de revitaliser ses vastes systèmes d’irrigation, qui représentent 70% des terres irriguées dans le monde entier », souligne Colin Chartres, directeur général de l’IWMI. Même argument dans la conclusion du rapport : « L’Asie est à la croisée des chemins. Il faut trouver de nouvelles méthodes pour remédier aux dégradations ».
Les stratégies préconisées par l’IWNI reposent sur une meilleure utilisation de l’eau, grâce à de nouveaux moyens de stockage ou de circulation mais aussi à de nouveaux services et réglementations. L’eau va devenir une ressource rare. Les deux grands pays asiatiques ont lancé des programmes de construction de canaux pour acheminer l’eau d’une zone à l’autre afin d’essayer de remédier au problème.

Sanjiv Dinama 


Les exportations de riz restent suspendues à Madagascar

Pas d’exportation de riz autorisée. Le régime de la transition maintient la mesure prise par l’ancien régime dans le cadre de la politique contre l’insécurité alimentaire. « À un certain moment, la reprise des exportations de cette denrée a fait l’objet d’une étude mais tout compte fait, il a été jugé indispensable de maintenir la suspension », explique un responsable du ministère du Commerce. Les conséquences de la crise qui frappent le pays de plein fouet en est une des raisons du maintien.
Par ailleurs, le ministère du Commerce a mis en place des points “miroir”, des régions qui reflètent l’évolution de la situation et définissent les tendances en matière de production de riz.

Don chinois de 56 tonnes de semences de riz

Le gouvernement chinois a offert récemment un don de 56 tonnes de semences de riz hybride, d’une valeur de 500.000 dollars américains, à la disposition de Madagascar. Le département intéressé a déjà pris les mesures nécessaires, pour la répartition de ces semences vers les Directions régionales du développement rural, installées dans les zones rizicultrices concernées.

S.D.


Lancement du riz transgénique par la Chine pour satisfaire la demande

Le riz transgénique, qui résiste plus aux pestes et satisfait mieux aux bourgeons gustatifs, serait planté à des fins commerciales en Chine.
Des officiels gouvernementaux ont annoncé le lundi 24 août que la vente du riz transgénique sera prochainement approuvée dans le pays.

« La Chine a mené la recherche sur le riz transgénique et sérieusement étudié le problème de commercialisation de ce riz », a dit Niu Dun, vice-ministre chinois de l’Agriculture, le 23 août.

En juillet de l’année dernière, le Conseil des affaires d’État a approuvé un projet majeur de recherche et de développement des aliments transgéniques. Le Conseil des affaires d’État envisageait d’investir environ 20 milliards de yuans (1 dollar = 6,8 yuans) dans les cultures transgéniques depuis lors.
En 2020, la Chine fera d’importants progrès dans les aliments transgéniques et la propagation de nouvelles espèces de semences. La plantation du riz et d’autres céréales transgéniques seront commercialisées.
Selon le Centre de la politique agricole chinoise, le riz transgénique pourra réduire de 80% l’usage de pesticides. Il pourra également augmenter la production d’environ 6%.
La Chine produit actuellement environ 500 millions de tonnes de riz. Selon les estimations, la population chinoise atteindrait 1,6 milliards en 2020, la Chine aura alors besoin de 630 millions de tonnes de riz. Seule la plantation scientifique permettra de satisfaire cette demande.

S.D. 


L’autosuffisance alimentaire dans la COI

L’an dernier, le monde a été secoué par des émeutes de la faim. Ces événements dramatiques ont été provoqués par la hausse des prix de produits alimentaires de première nécessité. Cette hausse s’expliquait par une offre insuffisante par rapport à la demande.
Plusieurs grands pays exportateurs de riz comme l’Inde par exemple ont décidé de ne plus fournir les pays étrangers afin de satisfaire la demande de leur marché intérieur. Il s’agit de lutter contre l’inflation provoquée par une forte demande confrontée à une production qui n’augmente plus assez vite. Il est à noter que si la population mondiale a triplé au cours de ces cinquante dernières années, la production de nourriture a été capable de suivre cette tendance. Mais cette course à la production commence à atteindre des limites. Tout d’abord parce que les terres cultivables ont une superficie qui n’est pas extensible à l’infini sous peine de provoquer des dégâts irrémédiables à notre écosystème mondial. Ensuite, les conséquences du réchauffement climatique commencent à se faire sentir, favorisant la canicule, les phénomènes climatiques extrêmes destructeurs et les incendies. Au cours de ces dernières années, un grand nombre de pays ont été durement touché par une sécheresse sans précédent.
La dépendance de La Réunion dans ce domaine est une préoccupation partagée par bon nombre de peuples qui ont été colonisés. Le colonisateur a en effet imposé une monoculture pour satisfaire les besoins de sa métropole, au détriment des cultures vivrières. Ce qui place les peuples issus de cette colonisation dans une double dépendance.
Persister dans le modèle actuel, c’est être condamné à payer toujours plus cher pour se nourrir sans avoir la garantie à terme d’avoir accès à des produits alimentaires en cas de grave crise de sous-production chez les pays exportateurs.
En juin 2008, les pays de notre environnement régional ont proposé un projet alternatif : l’autosuffisance alimentaire dans la COI. Sur la base d’une population estimée à 40 millions d’habitants dans quelques dizaines d’années, il s’agit de créer les conditions pour que notre région soit capable de nourrir tous ces habitants.

S.D.


Kanalreunion.com