Economie

Année décisive pour l’avenir de la filière canne-sucre de La Réunion

Les perspectives de l’État dans la sécurité et l’économie

Manuel Marchal / 26 janvier 2016

Dominique Sorain, préfet de La Réunion, a présenté hier ses vœux à la presse. C’était l’occasion de présenter un bilan de l’action de l’État en 2015, et de donner des perspectives pour 2016. Parmi les priorités, la sécurité et l’économie seront deux axes forts.

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Cette année sera rythmée par les discussions sur l’avenir d’une filière canne-sucre sans quota ni prix garantis.

Hier à la préfecture de La Réunion, le préfet Dominique Sorain a présenté ses vœux à la presse, avec à ses côtés les sous-préfets, ainsi que la direction de son cabinet. Cette rencontre avec les journalistes a permis au préfet de présenter un bilan des actions de l’État en 2015, et de donner des perspectives pour 2016.

Application de l’état d’urgence

La sécurité est un chapitre important. Le représentant de l’État a laissé entendre que l’état d’urgence va se prolonger au-delà du délai initialement prévu. Ces mesures d’exception s’appliquent à La Réunion et ont donné lieu à 8 perquisitions administratives, c’est-à-dire la nuit et sans autorisation préalable d’un juge, chez des personnes soupçonnées de radicalisation. Une seule a donné lieu à une procédure judiciaire, pour des faits qui ne sont pas de nature terroriste. Interrogé sur la pertinence de ces fouilles de domicile la nuit, le préfet a dit en substance que c’est le seul moment où la force publique est sûre de la présence des personnes visées par ces procédures. L’emploi du temps des suspects de radicalisation est très variable la journée, a-t-il précisé.

La sécurité, c’est également la protection des femmes face aux violences. L’État va donc rester mobilisé pour la prévention et le soutien aux victimes.

C’est aussi un autre volet important : la sécurité routière. 51 personnes ont encore perdu la vie l’an dernier sur les routes. Un chiffre bien trop élevé qui comprend notamment 17 piétons. Si les actions de prévention ciblant les automobilistes sont bien rôdées et seront renforcées, l’État avoue ses difficultés à faire parvenir les messages aux piétons et aux usagers de deux roues sans permis. Or ils constituent une part importante des victimes.

Plus de contrats aidés pour le secteur marchand

L’économie est un dossier prioritaire pour l’État. Le préfet annonce un taux de chômage à 26 %, qui atteint 55 % chez les moins de 25 ans : « on ne peut s’en satisfaire ». Il souligne que la croissance de 3 % du PIB l’an dernier n’est pas suffisante. Pour l’augmenter, l’État mise sur les entreprises.En 2016, l’objectif est d’amplifier les mesures prises l’an dernier. Le crédit impôt compétitivité a permis aux entreprises réunionnaises de bénéficier de 97 millions d’euros de subvention sous forme de baisses d’impôt. Cette tendance sera renforcée en 2016, avec un taux du CICE qui passe de 7,5 à 9 %, ainsi qu’avec l’ambition d’augmenter le nombre de sociétés concernées. L’an dernier, environ 110.000 sur les 130.000 éligibles avaient utilisé ce dispositif.

Au chapitre de l’emploi, le préfet a annoncé que 44.000 personnes avaient bénéficié d’un soutien de l’État dans des dispositifs d’insertion. La moitié était des embauches en contrats aidés, dont les emplois d’avenir. Dominique Sorain précise que ces contrats ne sont pas négligeables pour les collectivités, car ils peuvent constituer un tremplin avant une embauche.

En 2016, l’État compte orienter l’utilisation des contrats aidés vers le secteur marchand, ainsi que vers l’économie sociale et solidaire. Et de rappeler que pour le moment, 17 % des contrats d’avenir ont été conclus dans le secteur marchand.

« Travailler sur la fin des quotas »

Au sujet de la filière canne-sucre, le préfet a noté qu’un premier point est acquis la hausse de la prime bagasse à 14 euros, alors que selon l’ancien mode de calcul elle aurait été en 2015 aux alentours de 10 euros.

Pour 2016, le grand chantier sera de « travailler sur la fin des quotas ». Le préfet fait état des 38 millions d’euros de soutien promis à la filière. « Nous avons jusqu’à la fin de l’année pour mener à bien ce travail », a-t-il dit. Il a également souligné le rôle structurant de la canne à sucre dans l’économie réunionnaise.

Sur l’aménagement du territoire, Dominique Sorain a mis en avant le chantier du Port-Est dont la programmation suit son cours. De nouveaux portiques de manutention de containers sont arrivés, et cette semaine verra l’inauguration du hub CMA-CGM.

Il a également insisté sur l’aménagement des aéroports.

NRL : responsabilité de la Région

Au sujet de la nouvelle route du littoral, le représentant de l’État a bien rappelé que la Région est le maître d’ouvrage, et l’État un co-financeur à hauteur de 800 millions d’euros. La responsabilité de l’État est de veiller au respect de la réglementation. C’est ce qui a amené à la réalisation d’un protocole sanitaire pour autoriser l’importation de roches de Madagascar.

Le préfet a aussi déclaré qu’il faudra trouver des ressources en matériaux à La Réunion pour poursuivre le chantier. Il prend acte de l’avis négatif du commissaire enquêteur au sujet du projet d’ouverture d’une carrière à la ravine du Trou.

Enfin, l’État engagera 2,5 millions d’euros pour participer au financement d’une étude sur l’Écocité de Cambaie. On rappelle que c’est un projet de ville nouvelle de 40.000 habitants, construite juste au-dessus du niveau de la mer actuel.

M.M.


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