Economie

APE intérimaire : c’est signé depuis samedi

Les règles de la mondialisation libérale s’appliquent pour La Réunion

Témoignages.re / 31 août 2009

Dans son édition d’hier, "Week-end" revient sur la signature de l’Accord de partenariat économique entre Madagascar, Maurice, les Seychelles, le Zimbabwe et l’Union européenne. Nous reproduisons cet article, avec des inter-titres de "Témoignages".

L’Accord intérimaire de partenariat économique (APE) liant le groupe Afrique orientale et australe (AFOA) et la Commission européenne (CE) a été signé hier par quatre des six pays membres. En effet, alors que les représentants de Madagascar, Maurice, des Seychelles et du Zimbabwe ont apposé leur signature au bas du document, ceux des Comores et de la Zambie ne l’ont pas fait tout en laissant comprendre qu’ils allaient le faire au moment de la signature de l’accord final. Quoi qu’il en soit, la baronne Catherine Ashton, Commissaire européenne au Commerce et négociatrice en chef du côté de la CE, considère, malgré tout, la signature de cet accord intérimaire comme étant « un succès », bien qu’elle reconnaisse que beaucoup reste à faire pour que soit aussi signé l’accord final.

Comores et Zambie pas tout de suite

Lors de la conférence de presse qui a suivi la cérémonie de signature, le représentant des Comores, Hassane El-Barwane, a expliqué le choix de son pays de ne pas signer l’APE intérimaire par les « difficultés institutionnelles » dont font face actuellement les Comores « sous contrôle du Fonds monétaire international (FMI) ». Le représentant de la Zambie, Felix Mutati, ministre du Commerce de ce pays qui préside, pourtant, le groupe AFOA devait, pour sa part, expliquer que la Zambie « signera », mais entend, à ce stade, « diriger le groupe de derrière ».
« Un père de famille ne mange jamais en premier ! », a-t-il indiqué. « Une fois que les autres auront mangé, je mangerai ! ». Tous les intervenants à cette cérémonie d’hier ont souligné que cette signature d’un accord intérimaire n’est « pas la fin du trajet, mais que le début ». « Les bases sont jetées pour un solide partenariat économique », assure Catherine Ashton. Elle assure de même que l’Union européenne (UE) a pris un sérieux engagement en vue d’un « vrai partenariat économique pour l’avenir ».

Forte délégation européenne

« L’accord concerne des personnes réelles, des emplois réels », dit-elle, comme pour souligner qu’il ne s’agit pas là de quelque chose d’abstrait. La Commissaire européenne au Commerce explique que la présence, à ses côtés, du ministre adjoint suédois du Commerce et représentant de la présidence suédoise de la CE de même que celle de la secrétaire d’État portugaise pour les Affaires européennes, Maria Teresa Gonçalves, témoigne de l’importance que porte l’UE à ces négociations.
« Il y a du bonheur sous la tente ! Plus nombreux on s’y retrouvera, plus on devrait en bénéficier », estime M. Mutati. Il indique qu’en route pour la conclusion de l’accord final, les deux parties doivent se montrer « flexibles » et concéder à « des sacrifices ». « Il ne doit, déclare le principal porte-parole du groupe AFOA, n’y avoir ni vainqueur, ni vaincu ». Il rappelle que l’échéance qui a été accordée au groupe par les chefs d’États du COMESA pour la conclusion d’un accord final avec la CE a été fixée à octobre. « Nous travaillerons dur à cette fin », dit-il. « En temps de climat économique morose, la tentation est au protectionnisme. Cela est dangereux à la longue », explique, pour sa part, le représentant de la présidence suédoise de la CE, M. Wielslander. « Dans l’environnement économique global d’aujourd’hui, aucun pays, même pas la belle Île Maurice, n’est une île ». Il dit souhaiter la conclusion d’un accord final avant la fin de la présidence suédoise de la CE.

Référence à la Déclaration sur la Construction de l’Europe

Pour sa part, dans son intervention, le secrétaire général du COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), Sindiso Ngenya devait se montrer assez pessimiste quant à la possibilité que les objectifs définis soient atteints. Il devait, plus tard, expliquer qu’il veut s’assurer que les questions qu’il avait soulevées, relatives, notamment, à la pleine intégration régionale, soient considérées lors de la poursuite des négociations vers la conclusion de l’accord final.
Les questions soulevées par le secrétaire général du COMESA sont en cours d’être considérées, indique Catherine Ashton, pour qui l’intégration régionale est au cœur de l’APE. De son côté, le ministre mauricien des Affaires étrangères, Arvind Boolell, a remercié tous ceux qui, depuis 2004, ont travaillé à l’aboutissement de l’accord intérimaire signé hier. Il a fait référence, en la circonstance, à la Déclaration sur la construction de l’Europe de Robert Schuman de 1950, pour qui, a rappelé Arvind Boolell, la construction de l’Europe est intimement liée au développement de l’Afrique.
Le ministre mauricien déclare que l’espace nécessaire sera créé en vue d’accommoder tout le monde. Il estime « nécessaire » l’élément de confiance pour que ce partenariat naissant soit consolidé.


Les premières conséquences

Voici, extraites de notre confrère "L’Express dimanche", quelques points relevés samedi lors de la cérémonie de signature.

• Vers un accord global
« Lorsqu’on lui demande pourquoi la Zambie n’a pas signé l’accord intérimaire, en fin diplomate, Felix Mutati concocte une réponse qui lui vaut le respect de l’assistance : “Selon la tradition africaine, le père attend que ses enfants finissent de manger pour goûter au plat !”. On comprendra par là que la Zambie, comme pour les autres pays du COMESA, ne signera qu’un accord global ».

• La Commissaire européenne au Commerce : « Historique »
« Historique : c’est ainsi que la baronne Catherine Ashton qualifie l’accord intérimaire de partenariat qu’a signé Maurice et les pays de l’Eastern and Southern Africa (ESA) avec l’Union Européenne.
La signature de cet accord économique avec l’Union européenne a eu lieu, le matin du 29 août, au Centre de conférence de Grand Baie. La Commissaire européenne du Commerce soutient que l’accord, qui remplace la Convention de Cotonou, est plus avantageux pour Maurice. Surtout que l’économie mondiale a connu un ralentissement du commerce.
La baronne Catherine Ashton espère que les pays de l’Afrique de l’Est et Sud pourront tirer avantage de cet accord. Les pays du groupe Eastern and Southern Africa ont jusqu’à octobre pour finaliser un accord final avec l’Union européenne ».

• Accès libre pour les produits transformés à Maurice
« Grâce à cet accord intérimaire, Maurice bénéficie d’un accès hors taxe et hors quota au marché européen, et ce, avec des règles d’origine plus flexibles. Ainsi, Maurice peut, grâce à ces nouvelles règles d’origine, exporter des produits transformés fabriqués à base de matières premières importées ».


Selon notre confrère mauricien "L’Express dimanche"

Sucre : libéralisation le 1er octobre 2015

« Pour rappel, la période de transition pour le riz arrivera à échéance le 31 décembre 2009, et le sucre, le 30 septembre 2015. La libéralisation totale pour le riz prendra effet à partir du 1er janvier 2010, alors que pour le sucre, c’est le 1er octobre 2015 qu’un accès libre sera effectif ».


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