Economie

Arnaud Montebourg publie son plan automobile

Comment sauver une industrie en pleine délocalisation ?

Céline Tabou / 26 juillet 2012

En réponse aux plans sociaux annoncés et décidés ces dernières semaines par les grandes entreprises françaises, dont PSA, le gouvernement a décidé de lancer un plan de réindustrialisation. Le ministre du Redressement productif a présenté son plan de soutien à l’industrie automobile. Validé hier par le Conseil des ministres, le plan concerne à la fois l’accroissement des bonus écologiques, que des facilités de financement pour les professionnels.

Le gouvernement va demander aux constructeurs automobiles de pérenniser leurs sites de productions et de créer des laboratoires de Recherche&Développement sur le territoire national, en échange de son aide au secteur. L’État va également instaurer des malus pour véhicules polluants, a indiqué le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, lors d’un point presse.
Le coût du plan comprend les seules dépenses nouvelles de près 120 millions d’euros d’aide à la ré-industrialisation pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui créent ou maintiennent de l’emploi. Un fonds de 50 millions d’euros pour la mutualisation de certaines actions de la filière, et 5 millions d’euros de surcoût de la dépense publique lié à l’accroissement du parc électrique de l’État sont prévus. Le ministre a précisé que « les autres fonds sont issus de redéploiements ou de maintiens d’engagements précédents ».

Entre écologie et innovation

Lors d’une conférence de presse, le ministre du Redressement productif a indiqué que le plan mis en place par le gouvernement devrait sauver l’industrie automobile française, « ce plan est la renaissance de l’automobile française », a déclaré Arnaud Montebourg.
Pour relancer le secteur, le gouvernement prévoit de faire passer le bonus écologique pour les véhicules électriques de 5.000 euros à 7.000 euros et de 2.000 à 4.000 euros pour les hybrides. Conditionné au maintien des prix de vente par les constructeurs, ce bonus coûtera 490 millions d’euros. La mesure sera « en grande partie compensée », selon le ministre, par la mise en place de malus financiers à partir de 2013 pour les véhicules les plus polluants. Il y aura aussi un accroissement des bonus pour les véhicules thermiques les moins polluants. « Les bonus sont à effet immédiat, les malus sont à effet de quelques mois », a précisé Arnaud Montebourg.

350 millions d’euros pour l’innovation

L’État s’engage également à l’exemplarité, avec 25% de nouveaux véhicules qui devront être des électriques ou hybrides. « L’implantation de bornes de recharge des véhicules électriques et hybrides rechargeables, essentielles à leur déploiement, sera accélérée », indique le plan, qui souhaite promouvoir « l’industrie de la déconstruction et du recyclage [qui] ouvre des perspectives de créations d’emploi importantes ».
Sur le plan de l’innovation, le plan prévoit de "réorienter" 350 millions d’euros de crédits "d’investissements d’avenir" pour aider les constructeurs à innover, ainsi que des aides pour les sous-traitants et distributeurs. Le ministre a ainsi expliqué que le crédit d’impôt recherche "sera pérennisé et mieux rendu accessible aux PME", et un "institut de recherche technologique consacré à l’automobile sera lancé avant la fin de 2012". D’après le quotidien “Le Monde”, les 350 millions d’euros proviendront du "programme d’investissements d’avenir" et seront déployés "en lien avec les pôles de compétitivité, la banque publique d’investissement, la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne.

 Céline Tabou 

Les Coréens pris pour cible

Le gouvernement souhaite mettre sous surveillance l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Corée. Arnaud Montebourg dénonce des « actes de concurrence déloyale » des constructeurs sud-coréens, qui ont augmenté leur part de marché en Europe depuis la signature en octobre 2010 d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

C’est pour cette raison que le gouvernement est « fondé à demander le déclenchement de mesures de surveillance qui nous permettront éventuellement de déclencher une clause de sauvegarde », comme l’Europe l’a déjà fait par le passé pour l’acier américain ou russe, a indiqué le minstre du Redressement productif.


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