Economie

Arrêt de l’économie française

Selon l’INSEE

Céline Tabou / 6 octobre 2012

L’Institut national de la statistique et des études économiques a publié, le 4 octobre, ses prévisions de croissance. L’organisme a annoncé l’arrêt de l’économie de la France, sans pour autant entrer en récession d’ici la fin 2012.

Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture de l’INSEE, a indiqué lors d’une conférence de presse qu’en dépit d’un contexte dégradé, la France évite la récession. La note de l’institut explique que « L’économie française serait à l’arrêt, avec une croissance nulle aux troisième et quatrième trimestres. Par rapport au scénario de la note de juin, les exportations sont revues à la baisse en raison du ralentissement de la demande mondiale, conjugué à l’appréciation de l’euro qui a repris cet été ».

Une activité stable et une hausse d’emplois

Au second trimestre 2012, l’activité économique du pays s’est stabilisée à +0,0% après +0,0%, tandis que l’industrie manufacturière s’est nettement repliée de -1,0% et a été peu dynamique dans les services marchands (+0,2% après +0,4%). L’INSEE a indiqué que la croissance totale sur l’année 2012 s’établirait alors à 0,2% du PIB, quand elle était de 1,7% en 2011. Le gouvernement tablait sur 0,3% en 2012, mais « Il y a un ralentissement de l’activité, et les investissements d’entreprises et la consommation ne progressent pas » , a précisé Cédric Audenis.

Les pertes d’emplois des secteurs marchands seraient amorties par la faiblesse inhabituelle des gains de productivité, mais atteindraient néanmoins 67.000 au second semestre. Le taux de chômage continuerait d’augmenter, et atteindrait 10,6% à la fin de l’année. Cette situation a entrainé une baisse du pouvoir d’achat des revenus et, à terme, d’une diminution de la consommation des ménages. Celle-ci subit « le triple effet des pertes d’emplois, de l’augmentation des prélèvements obligatoires et du niveau des prix du pétrole, qui maintiendrait l’inflation à 1,9% en glissement annuel. Le repli du taux d’épargne des ménages permettrait toutefois à la consommation de résister ».

Une zone euro morose

La récession dans laquelle entre la zone euro, au troisième trimestre 2012, tourne autour d’une croissance de nouveau négative de -0,2%. La fluctuation de l’euro et la baisse de la demande ont entamé le commerce extérieur des pays membres. De son côté, la demande intérieure continue de reculer « sous l’action conjuguée de la consolidation budgétaire en cours dans de nombreux pays, du maintien d’une inflation énergétique soutenue et de la dégradation du marché du travail ».

Ces perspectives vont creuser le déficit de confiance des Français, qui sont, selon un sondage BVA, près de 73% à ne pas avoir confiance dans l’avenir économique du pays. C’est le plus bas niveau depuis le début de l’année. « Même les sympathisants de gauche, jusqu’alors dopés par la présence de leur camp au pouvoir, tombent dans le pessimisme (55%) » , a indiqué l’étude citée par “Le Figaro”.

Du côté de l’emploi, la situation continue à se dégrader, avec la destruction de 67.000 emplois marchands au deuxième semestre, fixant le taux de chômage à 10,6% avec les DOM, fin 2012. Le gouvernement espère une croissance moyenne de 0,8% l’an prochain, ce qui supposerait une hausse du PIB de 0,3% sur chacun des quatre prochains trimestres. Un rythme de reprise qui laisse les économistes sceptiques, d’autant plus que la crise de la dette souveraine est aux portes de la France.

Céline Tabou


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