Economie

Attention aux « aléas géopolitiques »

Le FMI alerte les États

Céline Tabou / 28 juillet 2014

Dans une de ses notes, le Fonds Monétaire International (FMI) a alerté les Etats de prendre garde aux « aléas géopolitiques » en Ukraine et au Proche-Orient, qui pourraient menacer la croissance économique mondiale.

Avec les croissances américaines et chinoises au ralenti, le Produit Intérieur Brut (PIB) du monde a été plombé par ces « mauvaises surprises » en Europe et au Proche-Orient. Le PIB devrait progresser de 3,4% cette année, un taux meilleur par rapport à 2013 mais en recul de 0,3 point par rapport aux estimations publiées en avril.
La prévision de croissance pour les économies avancées est située à 1,8% contre 2,2% dans la précédente estimation. Pour les pays émergents, le FMI prévoit une croissance de 4,6% cette année, soit 0,2 point de moins qu’auparavant. Et les prévisions pour l’année prochaine sont elles aussi revues à la baisse à 5,2%.

Des risques majeurs

« Les aléas géopolitiques se sont aggravés depuis avril », a indiqué l’institution dans ses prévisions de croissances. « Les risques d’une flambée des cours du pétrole s’accentuent en raison des récents événements au Moyen-Orient, et ceux liés à l’Ukraine persistent », a expliqué le Fonds. Acteur majeur de la production pétrolière, l’Irak est déstabilisé par l’EIIL et la crise ukrainienne s’est aggravée avec le crash du vol malaisien MH17. Les tensions géopolitiques dans ces zones prennent une ampleur globale.
Dans le conflit ukrainien, la Russie devrait, selon le FMI, être la plus touchée par la crise ukrainienne en frôlant la récession, avec une croissance de +0,2% pour 2014, soit une baisse de 1,1 point par rapport aux estimations d’avril. Cela s’explique par le gel des investissements et la détérioration du climat des affaires se traduisant par d’importantes sorties de capitaux.
L’institution met en garde contre un effet de contagion. « Si le conflit s’aggrave, tout ce qui a trait par exemple à l’acheminement de gaz en Europe de l’ouest pourrait avoir des effets bien plus vastes », a commenté le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard. Toutefois, un porte-parole du Fonds avait expliqué que le renforcement des sanctions occidentales contre la Russie pourrait avoir un « impact » économique dans d’autres pays de la région. Concernant, le conflit israélo-palestinien, il ne devrait pas y avoir d’impact économique « au-delà d’Israël ».

Chine et Etats-Unis concernés

Les tensions politiques accompagnées du ralentissement des deux premières économies mondiales, la croissance mondiale peinent à se relever. Aux Etats-Unis, qui pèsent près d’un quart du PIB mondial, la saison hivernale a conduit, au premier trimestre, à la plus forte contraction économique dans le pays en cinq ans. De fait, le FMI juge la croissance « décevante » prévoyant 1,7% dans le pays en 2014, en chute de 1,1 point par rapport à sa prévision d’avril.
« C’est quelque chose qui est derrière nous », a tenté de nuancer Olivier Blanchard. Toutefois, pour la seconde économique mondiale, la Chine, sa demande intérieure a fléchi « plus que prévu », a affirmé le FMI. Ce dernier a abaissé sa prévision à 7,4% soit -0,2 point, ce qui serait la plus faible progression du PIB chinois en près d’un quart de siècle.
De son côté, la zone euro a une prévision de croissance inchangée, estimée à 1,1%, même si le FMI continue à mettre en garde contre une déflation. « Dans les grands pays avancés, la stagnation menace à moyen terme », a expliqué le FMI. Le Brésil, pour sa part, ne devrait pas bénéficier de la Coupe du monde. En effet, sa croissance économique est revue nettement à la baisse, de -0,6 cette année où elle devrait à peine dépasser les 1%, d’après le FMI.
« Les pays émergents (...) pourraient se heurter à une brusque dégradation des conditions financières et à des reflux de capitaux en cas de changement d’humeur des marchés financiers », a expliqué le Fonds. Pour Olivier Blanchard, « la reprise continue. Mais elle reste faible et a toujours besoin de soutien politique, afin de stimuler aussi bien la demande que l’offre ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com