Economie

Autosuffisance et partenariat : deux conditions du développement durable

Les éleveurs en difficulté

Risham Badroudine / 28 juillet 2009

Les éleveurs locaux se retrouvent en difficulté du fait que la grande distribution a importé près de 42% de viandes de bœuf en 1 an. Elle privilégie l’importation au détriment de la production locale. Un développement durable passe par l’autosuffisance alimentaire. La crise alimentaire qu’a connue le monde a montré la nécessité de maîtriser la production locale. L’autosuffisance alimentaire est une nécessité. Les Réunionnais doivent maitriser la production de leur alimentation de base : grains, légumes, fruits, viandes, poissons. Les deux conditions essentielles au développement sont l’élargissement des marchés et la baisse des coûts de production.

Les importations de bœufs ont progressé de 42% entre avril 2008 et avril 2009. Il y a aujourd’hui près de 400 animaux en attente d’abatage dans les élevages.
On interdit l’utilisation de certains produits à La Réunion car il y a des conséquences sur la qualité de la viande, alors que les grandes surfaces font consommer aux Réunionnais des viandes venues d’ailleurs qui ne respectent pas les interdictions qui existent à La Réunion, notamment sur la farine animale et certains produits.

Instaurer un partenariat entre producteurs et grande distribution

Aujourd’hui, le développement durable ne peut se faire dans ces conditions. Il faut un partenariat entre les producteurs et la grande distribution.
La crise alimentaire qu’a connue le monde a montré la nécessité de maîtriser la production locale. On a vu la pénurie de plusieurs aliments de base (riz…) dans plusieurs pays liée à la crise.

L’autosuffisance alimentaire est une nécessité. Les Réunionnais doivent maîtriser la production de leur alimentation de base : grains, légumes, fruits, viandes, poissons. Pour cela, deux conditions sont essentielles au développement :

1) Elargissement des marchés

• Il passe par l’accès prioritaire des produits locaux à la restauration collective (cantines scolaires, hôpitaux, armée…) mais également la nécessité de dérogation au code des marchés publics.
Ensuite, il faut un accord avec la grande distribution pour favoriser les produits locaux.

2) Baisser les coûts de production

• Concernant les fertilisants, on importe aujourd’hui 28.000 tonnes d’engrais par an, ce qui représente un coût financier mais aussi un coût écologique.
Il faut aller vers une agriculture bio-fertilisant naturelle, c’est-à-dire fabriquer localement des bio-compostes (biomasse, cendre d’usine thermique, boue des stations d’épuration, lisier…).
L’autosuffisance alimentaire permettra également de créer des emplois. Actuellement, l’élevage génère près de 10.000 emplois indirects et contribue également à l’aménagement du territoire.

Risham Badroudine


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