Economie

Beaucoup de paroles, mais la fin d’un secteur

La casse du photovoltaïque par l’UMP à La Réunion

Céline Tabou / 12 mars 2011

Depuis 2008, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, François Fillon, Premier ministre et Nicolas Sarkozy, président de la République se sont rendus à La Réunion. Ils ont notamment vanté les avancées réalisées par La Réunion, en matière de développement des énergies renouvelables. Aujourd’hui, la casse des grands projets par l’UMP, avec la complicité de la Région, montre la véritable valeur de ces déclarations.

Dans la chronologie des différentes allocutions du ministre de l’Écologie de l’époque, du Premier ministre et du chef de l’État, tous faisaient état du dynamisme et des progrès.
En juillet 2008, c’est Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durable, qui félicitait, entre autres, les acteurs de la filière photovoltaïque, et ses projets en matière de développement durable : « La Réunion a un siècle d’avance », a-t-il dit en substance.
L’année suivante, lors de l’inauguration de la route des Tamarins, François Fillon avait salué « l’engagement de La Réunion sur le chemin du développement durable ». Le Premier ministre avait ajouté dans son allocution, que « le développement durable, sur lequel vous êtes tellement en pointe qu’on vous a déjà donné le surnom de laboratoire vert ».
Lors de son allocution à la ferme photovoltaïque agri-solaire Akuo, de Pierrefonds, le 19 janvier 2010, Nicolas Sarkozy avait argué la réussite de La Réunion, démontrant « qu’il n’y a pas de fatalité : le développement économique, la diversification des activités, l’innovation et la création de richesses ». Vantant les mérites réalisés sous l’impulsion de la Région à cette époque, le chef de l’État avait affirmé « il y a trop de pauvreté pour qu’on se permette de choisir le refus de la croissance. (…) L’Outre-mer et singulièrement La Réunion, ne peut pas viser un simple rattrapage économique par rapport à la métropole. C’est une stratégie défensive. La Réunion a les moyens de voir plus haut et plus loin ».
Mais maintenant, « le coup de grâce à la filière » photovoltaïque a été porté par des mesures forcément inspirées par l’instance dirigeante de l’UMP, son bureau politique, où siège le président de la Région Réunion, Didier Robert.
Effectivement, avec 52% de la population sous le seuil de pauvreté, 28,9% de chômeurs, dont 55% de jeunes, le photovoltaïque représentait une bouée de sauvetage pour empêcher l’économie réunionnaise de toucher le fond, après que le président de la Région ait stoppé des grands chantiers. Mais après la confirmation du coup porté au photovoltaïque, les acteurs de cette dernière filière font état de leur désespoir.

C.T.


• Ce qu’ont dit le chef de l’État, un Premier ministre, un ministre et un membre du bureau politique de l’UMP

Juillet 2008, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie

« La Réunion a un siècle d’avance ! »

Juillet 2009, François Fillon Premier ministre

« On vous a déjà donné le surnom de laboratoire vert »

Janvier 2010, Nicolas Sarkozy président de la République

« La Réunion a les moyens de voir plus haut et plus loin »

Mars 2010, Didier Robert, président de la Région

« Faire de La Réunion la première île solaire d’excellence »

• Ce qui est vécu par les Réunionnais

Mars 2011, Denis Legallais, porte-parole du groupe PV Run

« Depuis six mois, les 1.700 emplois, dont 500 directs, de la filière réunionnaise ont été divisés par deux. Il reste encore quelques projets à réaliser en 2011, mais cela ne durera pas longtemps. Si on en reste là, c’est la débâcle assurée »


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