Economie

Cherté des carburants : en attendant « des mesures plus pérennes »

France

Céline Tabou / 31 août 2012

Le ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, a annoncé mardi 28 août sur TF1 que le gouvernement allait s’engager à trouver des « mesures plus pérennes » contre la cherté des carburants. Il a également indiqué que le G7 allait appeler les pays producteurs de pétrole à produire davantage « pour faire baisser les prix ».

La veille du conseil des ministres de mercredi, l’État avait annoncé une baisse de 6 centimes du litre d’essence. Cette nouvelle avait suscité des doutes. Pour pouvoir diminuer le prix des carburants, les professionnels avaient indiqué qu’il était possible de diminuer le prix si le montant de la taxe sur les produits pétroliers était également abaissé. Pour faire face, le gouvernement aurait en effet décidé de baisser la TICPE (ex-TIPP, qui représente environ 61 centimes par litre d’essence et 43 centimes pour le gazole, selon LCI/TF1), en tentant de ne pas trop peser sur les finances publiques.

Une baisse des prix devenue « effective »

Cette mesure n’est pas suffisante pour les associations de consommateurs, qui demandent une réforme plus profonde. « Il faut autre chose que des mesures de surface », a expliqué à l’AFP Alain Bazot, président de l’association de consommateurs UFC-Que choisir. « Le problème vient principalement de l’augmentation des marges des producteurs et ce n’est pas à la collectivité de payer leurs sur-marges » a-t-il ajouté. Pour le délégué général de la CLCV (association Consommation Logement Cadre de vie) Thierry Saniez, interrogé par l’AFP : « On doit aller sur des mesures structurelles et jouer sur l’ensemble des composantes du prix ».
Mercredi, le ministre de l’Économie et des Finances a annoncé la baisse jusqu’à 6 centimes par litre des prix des carburants. Ce dernier a ajouté que les services de l’État allaient contrôler qu’elle est bien mise en œuvre dans les stations-services. Accompagné des agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, Pierre Moscovici a montré l’exemple dans une station de Total de l’autoroute A6, près de Corbeil-Essonnes en région parisienne. Ce dernier a déclaré : « La baisse des carburants à laquelle nous nous sommes engagés, elle est effective, elle est partagée, elle est contrôlée ». « Le mouvement est engagé. (…) c’est fait ou c’est en train de se faire », a-t-il ajouté.

Un appel au G7

« Je viens d’obtenir que mes homologues du G7, les grands pays industrialisés, signent un communiqué pour appeler à la hausse de la production de la part des pays producteurs, pour faire baisser les prix du pétrole », a déclaré Pierre Moscovici sur TF1, mardi 27 août. En effet, les ministres des Finances du G7 ont appelé les pays pétroliers à produire pour faire face aux « risques substantiels » qu’un prix du baril élevé fait peser sur l’économie mondiale, a précisé l’Agence France Presse/“Le Monde”.
Dans un communiqué à l’attention de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), ces derniers ont indiqué : « Nous restons vigilants face aux risques qui pèsent sur l’économie mondiale [...]. Nous encourageons les pays producteurs à augmenter leur production pour satisfaire la demande ». Cependant, la situation laisse envisager une hausse des cours du pétrole d’ici trois mois, période à laquelle l’État va baisser ses taxes de 3 centimes et les pétroliers devront tenter de faire un effort équivalent en fonction de leurs possibilités.
Le gouvernement souhaite pérenniser cette baisse en expliquant que « des mécanismes qui permettent de faire en sorte que ceux pour qui le prix de l’essence est une partie importante de leur budget soient soulagés » et assurant la recherche de « solutions plus pérennes » par le gouvernement.

Céline Tabou



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