Economie

Chômage de masse à Mayotte : un travailleur sur trois privé d’emploi

Publication d’une étude de l’INSEE

Témoignages.re / 18 février 2015

L’INSEE annonce qu’à Mayotte, les créations nettes d’emploi n’arrivent pas à suivre la hausse de la population active. Les personnes souhaitant travailler mais étant au chômage, qu’elles soient inscrites ou pas à Pôle emploi, représentent le tiers de la population active. Voici la présentation de cette étude.

En 2014, la population en âge de travailler se porte beaucoup plus sur le marché du travail qu’en 2013.

Le taux d’activité des femmes progresse fortement (+ 3,6 points) alors qu’il avait stagné entre 2009 et 2013. Une femme sur trois (35,9 %) est désormais active à Mayotte. Les hommes sont beaucoup plus présents sur le marché du travail que les femmes mais leur taux d’activité progresse moins vite (+ 1,3 point, soit 54,0 %).
La hausse de l’activité s’accompagne d’une hausse de l’emploi et du chômage
Le marché de l’emploi mahorais se structure progressivement. Le taux d’emploi progresse en 2014 (+ 1,7 point) avec 3 000 personnes supplémentaires qui se déclarent en emploi en un an. Malgré cet essor, Mayotte demeure le département français où le taux d’emploi est le plus faible (35,5 % contre 64,2 % en métropole).
La hausse de l’emploi bénéficie essentiellement aux plus âgés et aux femmes. Spécificité à Mayotte, les Mahorais de 50 à 64 ans sont autant en emploi en 2014 que ceux de 30 à 49 ans alors que le taux d’emploi chute nettement à partir de 50 ans en métropole.

Autre signe de structuration du marché du travail, la part des emplois salariés augmente et se rapproche du niveau de la France métropolitaine. Huit personnes en emploi sur dix sont désormais salariées à Mayotte (neuf sur dix en métropole).
L’insertion des femmes sur le marché du travail augmente le chômage féminin
Au 2e trimestre 2014, 10 500 personnes sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT). Le taux de chômage s’établit ainsi à 19,6 % contre 19,0 % en 2013.

L’emploi a pourtant augmenté, mais insuffisamment pour absorber l’arrivée de nombreuses femmes sur le marché du travail. Il en résulte une hausse importante du chômage des femmes. L’écart entre les hommes et les femmes se creuse avec des taux de chômage respectifs de 12,5 % et de 28,8 %.

L’amélioration de l’emploi ne bénéficie pas aux jeunes générations. Ainsi, le taux de chômage des moins de 30 ans s’élève à 41,4 % et augmente de + 4,9 points en un an. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées avec un taux de chômage de 46,5 %.

Chômage et halo restent conséquents

Aux 10 500 chômeurs s’ajoutent 28 100 personnes qui souhaiteraient également travailler mais ne sont pas considérés comme chômeurs car elles sont inactives selon la définition du BIT (soit parce qu’elles ne font pas de démarches actives de recherche d’emploi soit parce qu’elles ne sont pas immédiatement disponibles pour travailler). Ces inactifs qui souhaiteraient travailler - halo autour du chômage - sont moins nombreux qu’en 2013.

En additionnant le chômage et le halo autour du chômage, 38 600 Mahorais souhaitent travailler mais n’ont pas d’emploi, soit un tiers de la population en âge de travailler (moins d’une personne sur dix en métropole).


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