Economie

Créer un leadership féminin dans la région

“Entreprendre au féminin océan Indien”

Témoignages.re / 19 juillet 2010

Au lendemain de la réunion des femmes entrepreneurs de l’océan Indien qui s’est tenue à La Réunion le 5 juillet dernier, “Témoignages” a rencontré la principale organisatrice de cette rencontre au niveau de la COI.
Mme Bazi Abdoulkarim Fatoumia est de nationalité comorienne. Elle a exercé durant de nombreuses années les fonctions d’Officier permanent de liaison de la COI au Ministère comorien des Relations Extérieures et aujourd’hui elle occupe la fonction de Chargée de mission au Secrétariat général de la COI. Elle s’occupe entre autres de la communication et du suivi des projets notamment le projet Adaptation au changement climatique, le Genre et les Femmes entrepreneurs, et le dossier Culture et Enfance.

Parmi vos nombreuses activités, vous êtes très engagée dans l’émancipation de la femme dans notre région, pourquoi ce parti pris ?

- Je suis responsable du dossier Genre et Femmes entrepreneurs depuis 2007. Nous avons appuyé la création d’un réseau régional “Entreprendre au féminin océan Indien, EFOI” et, récemment, on a mis en place la Plateforme régionale des femmes en politique. Mon engagement n’est pas limité à ma mission au Secrétariat général, personnellement, je suis très engagée et passionnée par cette cause. Les femmes représentent 50% des citoyens de la région et leur contribution à la vie politique et économique est vitale pour le développement durable de nos îles. Nous avons des femmes dynamiques, courageuses et compétentes, nous avons le devoir de les soutenir et les valoriser. Leur donner une image positive contribuera à assurer la relève auprès des générations futures.

Comment se portent aujourd’hui les réseaux que vous animez avec les femmes de l’océan Indien ?

- Le réseau régional des femmes entrepreneurs EFOI avance dans la bonne direction. Nous n’avons pas encore un projet pour appuyer les femmes entrepreneurs, mais avec ce réseau, on a pu rassembler les femmes en vue de créer la voie des femmes entrepreneurs de l’océan Indien. Ce réseau “Entreprendre au féminin océan Indien, EFOI” organise une réunion chaque année dans un pays membre. La dernière en date est celle de début juillet 2010 à Saint-Gilles à La Réunion.
Des plateformes nationales ont été mises en place grâce à l’appui des partenaires de la COI afin de professionnaliser les associations et d’avoir une meilleure représentation des femmes au niveau national. Nous sommes en train de finaliser une étude de faisabilité dont les résultats devraient nous permettre d’instruire un programme régional en appui aux femmes entrepreneurs dans la région.
L’autre réseau qu’on vient de lancer le 30 juin et le 1er juillet dernier à Maurice est la Plateforme régionale des femmes en politique. Cest une des actions du Secrétariat général de la COI pour la mise en œuvre de la stratégie régionale Genre. La rencontre a réuni des femmes politiques des cinq pays de la COI et a pu mobiliser les autorités mauriciennes au plus haut niveau de l’État et les partenaires du Système des Nations Unies. Les discussions ont été très riches et les pays se sont convenus à l’unanimité sur l’intérêt de travailler ensemble pour apporter un changement dans les prochaines années.

Parlez-nous des principales activités réalisées et des résultats obtenus ?

- Conformément aux résolutions sur le Genre adoptées par le 25ème Conseil des Ministres en 2005 à Moroni, la stratégie régionale Genre comprend 4 axes stratégiques :

- la lutte contre la violence à l’endroit des femmes,

- la participation de la femme à la prise de décision,

- la participation de la femme à la vie économique ou l’autonomisation des femmes,

- le développement durable et la sécurité alimentaire.

À travers ce réseau “Entreprendre au féminin océan Indien, EFOI”, la COI a créé une dynamique régionale et mobilisé des partenaires dont le Système des Nations Unies, l’AFD et aujourd’hui la BAD dans le but de plaidoyer auprès des politiques des pays membres et d’ouvrir ce réseau au niveau international.
Parmi les résultats obtenus, nous notons une mobilisation des femmes et des partenaires au développement dans les pays. La signature de partenariat entre les plateformes Maurice-Réunion, Maurice-Seychelles et Comores-Réunion favorise déjà une meilleure connaissance des femmes chefs d’entreprises de la région.
L’objectif recherché est de créer un leadership féminin dans la région, de pousser les femmes à occuper des postes décisionnels ou de participer à la vie politique et économique. Nous préparons l’avenir pour une région équitable.
La lutte contre la violence est le prochain axe qu’on travaillera au niveau de la région.

Parlez-nous de la dernière rencontre que vous venez d’organiser à La Réunion ?

- La réunion de Saint-Gilles est une action de la COI financée par la BAD à travers son Unité État Fragile. C’est la première fois que nous avons pu inviter des experts internationaux pour faciliter cette rencontre. De ces échanges riches et fructueux sont sorties des résolutions qui touchent notamment la professionnalisation des plateformes au niveau nationale et la visibilité des actions des réseaux nationaux. L’élection d’une présidente régionale et la nomination des championnes pour motiver les femmes ont été également à l’ordre du jour.

Entretien réalisé par A. Mohamed


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