Economie

Croissance française : léger mieux mais décevant

Derrière ses pays voisins de la zone euro

Céline Tabou / 14 mai 2014

Dans un article, le quotidien Les Echos, interroge plusieurs économistes affirmant que pour la Banque de France, la reprise devrait rester poussive au premier semestre en France. Celle-ci reste décevante.

La Banque de France a annoncé lundi 12 mai une croissance de 0,2% pour l’économie française au deuxième trimestre 2014. Dans son enquête mensuelle de conjoncture d’avril, la banque met en exergue une prévision plus pessimiste que celle de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), qui prévoit une croissance de 0,3% au deuxième trimestre.

Les prévisions revues à la baisse

Les données du premier trimestre doivent être publiées par l’INSEE, jeudi 15 mai, mais l’institut a anticipé une croissance de + 0,1% contre +0,2% pour la Banque de France + 0,2%. Pour Fabrice Montagné, économiste chez Barclays, la « consommation beaucoup plus faible que prévue », ce qui impacte sur la croissance. D’autant que si l’investissement, le commerce extérieur et les stocks poussent vers le haut sur la croissance, la contraction de la consommation des ménages freine la croissance.

D’ailleurs, le climat des affaires tirent à la baisse le taux de croissance, celui-ci diminue d’un point dans l’industrie (98/100) , et est stable dans celui des services (94/100). Fabrice Montagné s’est dit particulièrement inquiet auprès des Echos, en ce qui concerne l’industrie. En effet, les branches pharmacie et machines et équipements enregistrent un recul de leurs activités. La Banque de France a noté un amélioration dans la trésorerie des entreprises, à travers une progression de leurs marges, due à la mesure fiscale mise en place par le gouvernement, le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE).

En dépit de cette légère note positive, la France reste loin derrière ses voisins européens de la zone euro, comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Irlande et l’Italie. La croissance de 0,2% au deuxième trimestre, contre 0,1% au premier, est un « ?rebond décevant ? » pour Hélène Baudchon, de BNP Paribas. Cette dernière a indiqué que la reprise française est « à la traine par rapport à ses voisins ». Les prévisionnistes ont établi une croissance de 0,5% pour l’ensemble de la zone euro pour le premier trimestre selon l’indice PMI (Indicateur américain d’activité du secteur manufacturier).

La France pointée du doigt par Bruxelles

Les annonces peu optimiste vis à vis de la croissance, le ministre de l’économie, Michel Sapin, n’a pas pu éviter, le 6 mai, les pressions de la Commission Européenne, qui veut un déficit de 3,9% du produit intérieur brut (PIB) cette année, puis 3,4% en 2015. Pour sa part, le gouvernement prévoit un déficit de 3,8% en 2014, et de 3% en 2015, pour rester dans les clous du pacte de stabilité et de croissance.

Pour Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne, en charge des affaires économiques et monétaires, une « application déterminée des plans du gouvernement » pourrait « ramener le déficit sous les 3% du produit intérieur brut l’année prochaine ». « Cela renforcerait la confiance dans l’économie française, et dans sa capacité à se réformer ». Cependant, concernant les prévisions de croissance, les chiffres diffèrent. Bruxelles estime un taux de 1% en 2014 et 1,5% en 2015, contre 1,7% pronostiqué par le gouvernement.

En dépit de toutes ces prévisions de croissance, un constat clair a été fait par plusieurs organisations, dont l’OCDE : les inégalités s’accroissent de plus en plus. Dans son dernier rapport, intitulé « Rendre la croissance plus inclusive », l’OCDE affirme que « les bénéfices de la croissance ont été captés de façon disproportionnée par les plus hauts revenus, depuis les années 1980 ». « Dans les pays de l’OCDE en 2010, le revenu moyen des 10% les plus riches de la population était 9,5 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors qu’il n’était que 7 fois supérieur il y a 25 ans », ont indiqué les auteurs.

Céline Tabou


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