Economie

Des milliards d’euros de fonds publics ont déjà disparu

Recapitalisation de Dexia

Céline Tabou / 11 octobre 2011

Nationalisation des pertes, privatisation des profits, c’est la ligne choisie pour le démantèlement de Dexia.

La France et la Belgique ont décidé de gérer chacune à leur manière le démantèlement de la banque franco-belge Dexia. Le gouvernement belge a décidé de prendre le contrôle à 100% de Dexia Banque Belgique pour 4 milliards d’euros. Une garantie de financement de 90 milliards d’euros au bénéfice de Dexia SA et de sa filiale Dexia Crédit Local sur les dix prochaines années a été actée par les gouvernements belge, français et luxembourgeois.

Après avoir échappé à la faillite, suite à la crise déclenchée par l’effondrement de la banque américaine Lehman Brothers, grâce à l’aide des pouvoirs publics, les autorités belges ont annoncé mardi 4 octobre avoir approuvé la création d’une « bad bank » afin d’isoler les actifs financiers à risques de Dexia et de protéger ses autres activités. De fait, les pertes sont reportées dans le temps et comblent les trous actuels.

Nationalisation des pertes

Les représentants des trois gouvernements ont décidé d’apporter une garantie de 90 milliards d’euros aux financements de Dexia, afin de faciliter le démantèlement de la banque. Pour la seconde fois, la répartition de la garantie sera identique à celle du plan de sauvetage de l’automne 2008 de 6 milliards d’euros, soit 60,5% pour la Belgique, 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg.

En s’ingérant dans les comptes de la banque, les dirigeants vont devoir faire peser cette aide sur les contribuables, car, comme l’a répété le gouvernement de Nicolas Sarkozy, la France n’a plus d’argent. Force est de constater qu’en plus d’obtenir des aides financières des États, les banques, et particulièrement Dexia, ne pourront pas rembourser les emprunts octroyés.

En 2008, Dexia avait reçu une aide qui a aujourd’hui disparu dans une mauvaise gestion de la banque. Avec ce nouveau plan, Dexia sera remise d’aplomb avec l’argent public, puis privatisée quand elle sera en mesure de faire des profits.

Céline Tabou


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