Economie

Des perspectives difficiles pour la zone euro

Recul de la croissance dans le groupe des pays de la monnaie unique

Témoignages.re / 17 août 2012

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a reculé de 0,2% sur la période après une croissance nulle au trimestre précédent, selon une première estimation de l’Office européen de statistiques Eurostat publiée mardi 15 août.

« Sur un an, le repli est encore plus marqué à 0,4% ». Eurostat a expliqué que la zone euro est entré vers la récession qui touche déjà les pays du sud de l’Europe et menace de se propager. La croissance de Grèce a plongé de 6,2% du PIB au deuxième trimestre après un repli de 6,5% au premier trimestre. De son côté, l’Espagne a enregistré une nouvelle baisse de 0,4% de son activité, le Portugal (- 1,2%), Chypre (- 0,8%), et l’Italie (- 0,7%).

Des situations alarmantes

« Les situations de l’Italie, de l’Espagne ou encore du Portugal sont dramatiques. Leur activité chute rapidement et chacun de ces pays cherche à être le plus rigoureux possible, déprimant encore davantage la demande interne (consommation et investissement) », a expliqué sur “Le Point”, Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management.
De son côté, l’Allemagne s’en tire avec 0,3% de croissance au 2d semestre. Les résultats de la première économie européenne sont dus à la bonne tenue des exportations et la consommation des ménages. Ces derniers sont supérieurs aux prévisions des économistes, qui estimaient une progression de 0,2%. Cependant, les chiffres enregistrés au deuxième trimestre marquent un ralentissement par rapport à la hausse de 0,5% du Produit intérieur brut (PIB) enregistrée au premier trimestre.
Si l’Allemagne s’en sort mieux que nombre de ses partenaires européens, certains économistes redoutent à terme un ralentissement, a expliqué l’agence Sipa. « Il faut garder à l’esprit qu’environ 40% de toutes les exportations allemandes vont vers les pays de la zone euro », a indiqué Andreas Rees, un analyste du groupe UniCredit.

La BCE pourrait «  réfléchir  »

« La croissance de l’économie allemande n’a pas été suffisamment forte pour garder celle de l’ensemble de la zone euro au-dessus de zéro »
, ont indiqué aux “Echos”, les économistes chez Commerzbank. La baisse de la croissance allemande et le repli du secteur industriel ne devraient pas sortir l’Europe de la récession, au troisième trimestre. Cependant, les dirigeants européens tiennent à « mettre un point final à la crise de la dette souveraine », a indiqué Jonathan Loyes, chef économiste chez Capital Economics.
Philipp Rösler, qui dirige le parti libéral démocrate FDP, membre de la coalition de la chancelière Angela Merkel, a estimé à l’agence de presse Reuters, que « l’euro ne saurait faire les frais d’un manque d’efforts de certains pays dans le redressement de leur économie ». Ce dernier a précisé que le président de la BCE, Mario Draghi « a lui-même souligné que les achats d’obligations ne pourront jamais se substituer aux réformes structurelles et à la discipline budgétaire. Nous le prenons au mot ». Ces annonces vont à l’encontre des analyses de certains économistes européens et internationaux qui dénoncent les plans de rigueur qui ne parviennent pas à redresser les économies. En effet, les plans successifs ne redynamisent pas la croissance et ne créent par d’emploi, les derniers chiffres de l’Insee le démontrent.


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