Economie

Dette publique des USA : 1.600 milliards de dollars

Un déficit sans précédent depuis la fin de la 2ème Guerre mondiale

Manuel Marchal / 2 février 2010

100 milliards de dollars de déficit : c’est le nouveau budget présenté par l’administration dirigée par le Président Obama, annonce le "New York Times". Résultat : la dette publique des Etats-Unis va atteindre 1.600 milliards de dollars, soit 11% du PIB. Pour le Président Obama, l’objectif est de ramener cette dette à 5% du PIB en 2012, quand il sera en campagne pour sa réélection.

Le déficit public des Etats-Unis va atteindre 1.600 milliards de dollars pour cet exercice 2010 qui se finit en octobre. La dette considérable de ce pays s’est alourdie de 100 milliards de dollars du fait de la diminution de taxes et dépenses publiques pour stimuler les créations d’emplois, selon l’administration américaine citée par le "New York Times".
Mais ce déficit sera le pic, ensuite il sera amené à décroître. Le prochain budget qui sera présenté pour l’exercice 2011 qui commencera en octobre prévoit une réorientation vers la baisse des dépenses afin de diminuer le déficit au cours des prochaines décennies, selon le Directeur du Budget, Peter Orzag.
Malgré tout, plusieurs facteurs structurels favoriseront la hausse des dépenses. C’est par exemple l’impact attendu de la réforme du système de l’assurance maladie, ainsi que la hausse du nombre des retraités au cours des prochaines années, explique le "NY Times".

154 milliards de dollars supplémentaires pour la relance

Pour opérer une réforme structurelle du budget des USA, le Président Obama dirigera une commission comprenant les deux partis représentés au Congrès qui devra proposer en décembre au plus tard un plan de retour à l’équilibre du budget pour l’exercice 2015, un équilibre qui ne compte pas les paiements de plus en plus importants consacrés au service de la dette.
Le "New York Times" rappelle que les chefs de groupes du Congrès se sont engagés à voter le plan qui sera proposé par une telle commission.
Le basculement du budget de la dépense vers la réduction de la dette pour le prochain exercice suppose que l’économie se soit pleinement rétablie de la pire crise qu’elle ait connue depuis huit décennies. Mais parce que le rétablissement semble fragile et que le chômage reste à un taux élevé, le Président Obama recherche en premier lieu des mesures incitatives qu’il a exposées les jours derniers, comme un crédit d’impôt pour les petites entreprises qui embauchent ou qui augmentent leurs salariés. Ces mesures coûteront moins que les 154 milliards annoncés devant la Chambre des représentants, mais vont au-delà de ce que le Sénat a prévu.
Ce déficit de 1.600 milliards de dollars pour l’exercice 2010 dépasse de 150 milliards de dollars le déficit de 2009, qui était jusqu’à présent le plus important déficit public des USA depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela correspond à environ 11% du PIB des Etats-Unis. Cela correspond par exemple à 8 points au dessus des critères de Maastricht sur lequel se sont engagés les États fondateurs de l’euro.

La dette : 11% du PIB

Pour 2011, le budget prévoit une baisse du déficit, qui serait contenu à 1.300 milliards de dollars, ce qui serait un retour à la situation dans laquelle se trouvaient les USA au moment de l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, ce qui correspondrait à 8,3% du PIB. Cette valeur correspond approximativement au taux d’endettement de la France.
Pour l’année électorale 2012, date de la Présidentielle aux Etats-Unis, le gouvernement mise sur le retour de la croissance économique et les prévisions font état d’un déficit qui passerait pour la première fois depuis le début de la crise financière en dessous des 1.000 milliards de déficit. La valeur retenue est plus précisément de 828 milliards de dollars, légèrement au-dessus de 5% du PIB.
Voici donc la principale tâche du mandat du Président Obama : tenter de faire revenir le déficit public aux alentours de 5% du PIB. Si ces informations se confirment, alors la marge de manœuvre est étroite, car où trouver de nouvelles recettes. Ainsi, la taxe proposée sur les banques ne rapporterait que 90 milliards de dollars supplémentaires en 10 ans, tandis que dans le même temps et sur la même période, les allégements fiscaux pour les compagnies pétrolières, de gaz et de charbon pourraient augmenter de 40 milliards de dollars.
Aux Etats-Unis, c’est aussi l’impasse.

Manuel Marchal


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