Economie

Diminution inquiétante du stock de poissons dans l’océan Indien alerte Greenpeace

Zone de pêche

Témoignages.re / 30 octobre 2012

C’est au cours d’une campagne de 5 semaines dans l’océan Indien inscrite dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur la surexploitation des ressources marines, particulièrement le thon que Greenpeace International a lancé cette alerte ce week-end au cours d’une escale de 3 jours à l’île Maurice.

Le bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior, a repris la mer le 15 octobre en direction des Maldives.

L’organisation environnementaliste accuse la pêche industrielle pratiquée par les senneurs européens et japonais.

Pour Maurice comme pour La Réunion qui font partie de la deuxième plus importante zone d’exploitation de thon, après le Pacifique, cette nouvelle est une catastrophe. Greenpeace a eu des réunions de travail avec les autorités et les opérateurs du seafood hub en vue de développer des méthodes de pêche plus durables. Selon Sari Tolvanen, porte-parole du mouvement, si Maurice ne fait pas attention, elle risque de perdre sa population de thon.

« 21% du thon sur le marché mondial vient de l’océan Indien », souligne Sari Tolvanen, Oceans campaign coordinator. « Mais avec le temps, le stock de poisson s’épuise. Plusieurs espèces sont même menacées de disparition. Qui plus est, la pêche industrielle pratiquée par les thoniers senneurs en provenance d’Europe ou du Japon met l’écosystème en péril ». Greenpeace a selon son habitude récolté des preuves afin d’appuyer son propos. Vidéo à l’appui, Greenpeace démontre comment les bycatch, ces espèces marines non-désirées prises dans les sennes, sont par la suite jetées mortes à la mer.

La visite de Greenpeace intervient au moment même où un nouvel accord de pêche est en passe d’être signé entre Maurice et l’Union européenne (UE) explique le journal "le Mauricien". Cet accord permettra à 86 thoniers senneurs de l’UE de pêcher dans la ZEE mauricienne pour une durée de trois ans. Or, prévient Sari Tolvanen, « la population de thon dans l’océan Indien est sous une grosse pression due à la surexploitation ».

Connaître l’état des ressources

Cependant, concède la porte-parole de Greenpeace toujours dans "le Mauricien", il est assez difficile de faire un assessment du stock exact de poisson, en l’absence de données. Il note également que le nombre exact de bateaux utilisant le long-line fishing dans la région n’est pas connu, « alors qu’ils auraient dû être enregistrés auprès de l’Indian Ocean Tuna Commission ».

Une surveillance permettrait d’identifier les pratiques dangereuses et illégales.

Greenpeace demande à faire un état des lieux dans les eaux de la zone économique exclusive (ZEE) de Maurice comme cela avait été fait au Mozambique où Greepeace a noté une recrudescenec de pêche au requin à destination du marché asiatique.

Pour l’organisation environnemental, cette tendance au déclin de la quantité des prises découle du non-respect du code de conduite de la FAO pour une pêche responsable. En dehors de la pêche à la senne soutenue par le Fish Attracting Device (FAD), une autre technique dangereuse est utilisée par les flottes étrangères pour la pêche au thon dans l’océan Indien : le long-line fishing, a affirmé l’organisation. On peut retrouver quelque 3000 hameçons dans une seule ligne. Une fois de plus, les prises non-désirées sont jetées mortes à la mer.

Greenpeace encourage les États riverains à développer une industrie de pêche durable où les pêcheurs artisanaux ne seraient pas laissés sur la touche.

Sari Tolvanen cite l’exemple du Sénégal où le nouveau président a mis un terme à l’accord de pêche avec 89 bateaux européens pour développer une industrie de pêche plus responsable.


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