Economie

Dix ans après la crise asiatique en Malaisie

Céline Tabou / 27 octobre 2011

Quinze ans après la crise financière de 1997, la situation économique de la Malaisie n’est pas au beau fixe, mais meilleure que celle de ses voisins. Mahathir bin Mohamad, Premier ministre de 1998 à 2003, a mis en place des politiques publiques contraires à la rigueur prôner par le Fonds monétaire international.

Officiellement débutée le 2 juillet 1997, la crise est due à la dévaluation de la monnaie thaïlandaise, le bath, qui a entraîné la chute de la roupie indonésienne, du ringgit malais et du peso philippin. Quelque mois plus tard, la crise s’étend à la Corée, Taïwan, Singapour et à Hong Kong.

Les banques et entreprises locales voient leurs finances se détériorer, alors que celles-ci étaient endettées à court terme en dollar et en yen (monnaie japonaise). L’insolvabilité des banques et entreprises ainsi que la fuite des capitaux étrangers ont conduit à une faiblesse du crédit et de l’activité économique dans les pays émergents.

Des politiques publiques dites « hétérodoxes »

Lorsque la crise financière éclate, le Premier ministre Mahathir bin Mohamad décide de fermer le pays et d’appliquer un nationalisme économique en chassant du pays les experts du FMI (Fonds monétaire international). Le gouvernement a par la suite imposé un contrôle des capitaux, contre l’avis du FMI et de la Banque mondiale, et est intervenu de manière accrue dans l’économie.

Cette politique conduit à un taux de croissance de 8,1% en 2000, 3,5% en 2002, 5,5% en 2003, taux bien supérieurs à ceux des autres « dragons » (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan) et « tigres » (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines et Vietnam) asiatiques qui s’étaient soumis aux demandes de la Banque mondiale. En 2002, la Malaisie a le taux de chômage le plus bas du monde, et en 2001, le pays a accueilli plus de 10 millions de touristes.

L’impact de la crise asiatique de 1997 sur le PIB a été effacé dès 2003, avec un taux d’épargne qui se maintient à un niveau élevé (32% du PIB) et un taux d’investissement en diminution (20% du PIB), la Malaisie dégage des excédents courants très élevés. Cependant, l’économie malaisienne est ancrée dans le commerce international avec un commerce extérieur représentant près du double de son PIB.

Un nouveau modèle économique

Malgré sa résistance, la crise économique et financière internationale en 2008 a affecté l’économie malaisienne et la situation de l’emploi, car dépendante de ses exportations. Mais le gouvernement a réagi au moyen de deux plans de relance (de plus de 14 milliards d’euros), et la croissance, négative en 2009 (-1,7%), a atteint les 7% en 2010.

Début 2010, le Premier ministre, Najib Razak, lance un plan, décidé à mettre en place une future orientation économique. Ce plan suit une série de mesures de libéralisation sélectives instaurées par Razak Najib depuis sa nomination en 2009, afin de développer la libéralisation économique graduelle et la révision de la discrimination positive en faveur de l’ethnie majoritaire malaise, pour rendre le pays plus compétitif.

Céline Tabou


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