Economie

Enquête sur la mouche bleue

Agriculture

Témoignages.re / 28 août 2009

Introduite à La Réunion en 2007 pour lutter contre la prolifération de la vigne marronne — ce qu’elle a très bien fait —, la mouche bleue porte désormais directement atteinte aux abeilles et à certains arbres fruitiers, le letchi notamment. La survie de ces filières étant menacée, le Conseil régional a décidé de réunir tous les acteurs concernés et de mener des investigations pour trouver des solutions et déterminer les responsabilités.

Il s’agira, indique le Conseil régional « d’étudier toutes les mesures permettant d’arrêter la prolifération de cette mouche ». La collectivité rappelle que l’introduction de l’insecte « s’est soldée par un désastre écologique : les essaims d’abeilles sont décimés, et les apiculteurs sont les premiers à en subir les conséquences ».

La Région estime qu’hormis « ces conséquences aujourd’hui visibles, on peut envisager des impacts tout aussi négatifs et identifiables sur le long terme ». La collectivité régionale va donc prendre l’initiative de réunir tous les acteurs concernés afin de trouver des solutions et des expertises « pour réparer rapidement les dégâts causés », ainsi que « pour établir un bilan de cette opération, sur les plans écologique, financier et des responsabilités ».

Le Conseil régional avait participé dès 1997 au financement de travaux de recherches sur la lutte biologique contre le raisin marron et le troène. En 2006, la collectivité régionale avait demandé à CABI Biosciences, organisme de recherches spécialisé et reconnu sur le plan mondial, de réaliser une expertise scientifique de ce programme de lutte biologique.

Cette expertise a conduit à la nécessité de poursuivre des études. 

Le 15 juin 2006, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) émettait pour sa part un avis favorable à l’introduction de la mouche bleue dans l’île. Les recommandations de CABI Biosciences préconisant des tests complémentaires, avant ou parallèlement à l’introduction dans le milieu naturel, n’ont donc pas été appliquées.

Sur la base de l’avis favorable du CSRPN, la Préfecture a autorisé le CIRAD en décembre 2006 à procéder à l’introduction de la mouche. 

Deux lâchers en milieu naturel ont été effectués, l’un sur le site de la rivière de l’Est, l’autre sur le site de Bois-Blanc. L’insecte s’est bien adapté aux conditions naturelles et l’on a assisté à une régression de la croissance du raisin marron. Mais dans le même temps, les apiculteurs ont noté que les mouches bleues perturbaient l’activité des abeilles. Ces perturbations prenaient rapidement de l’ampleur. Cela au point de menacer gravement la survie même de cette filière et de celle de certains secteurs de la culture des arbres fruitiers.


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