Economie

FMI : croissance mondiale déséquilibrée

Fonds monétaire international

Sanjiv Dinama / 29 avril 2010

Selon le FMI (Fonds monétaire international) la reprise économique est très inégale selon les pays. En effet, dans « perspective de l’économie mondiale », le FMI prévoit une croissance pour la planète de 4,2 % en 2010. « Mais des difficultés nouvelles et exceptionnelles se sont présentées », selon le FMI, évoquant les déséquilibres dans cette croissance, et le gonflement de la dette publique des pays développés. Ils observent que les déficits budgétaires des pays riches atteignent désormais 9% du PIB en moyenne et que « le ratio dette sur PIB devrait dépasser 100% en 2014 » si rien n’est fait. Le FMI prévient en outre que le taux de chômage devrait rester élevé en 2010 et 2011. Face à cette situation difficile notamment des pays européens, à La Réunion le nouveau président de la région remet en cause les grands projets structurants créateur d’emploi comme le tram-train ou encore la MCUR alors que les fonds sont disponibles.

Le contraste est surtout évident entre l’Europe, où l’activité ne repart pas (1,0% de croissance dans la zone euro), et l’Asie, où elle a déjà fortement accéléré (8,7%, dont 10% pour la Chine et 8,9 % pour l’Inde).
Le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce devrait par exemple se contracter de 2,0% en 2010, estime le FMI. Le pays traverse la pire crise de ses finances publiques depuis trente ans, avec en 2009 un déficit public à 13,6% du PIB.
Comme conséquence immédiate de cette situation, les capitaux affluent vers les zones de croissance, amenant le FMI à s’inquiéter de déséquilibres des comptes courants qui « augmenteront sensiblement avec la reprise du commerce mondial, l’amélioration des conditions de financement, et la stabilisation du prix des matières premières à des niveaux plus élevés ».

Réduire d’urgence les déficits publics des pays riches

Le FMI tire la sonnette d’alarme sur les déficits publics des pays occidentaux et notamment européens. Il appelle de ses vœux à la réduction urgente du déficit public des pays les plus riches de la planète.
Le FMI observe que les déficits budgétaires des pays riches atteignent désormais 9% du PIB en moyenne et que « le ratio dette sur PIB devrait dépasser 100% en 2014 » si rien n’est fait.
« Un grand nombre de ces pays doivent aussi adopter d’urgence des stratégies crédibles à moyen terme pour limiter l’endettement public et ensuite le ramener à des niveaux plus prudents », a-t-il indiqué dans son rapport.
Les termes choisis, et notamment la référence à « l’urgence » de ces mesures, montrent une inquiétude croissante du FMI.
« Les risques liés à la dette des États pourraient déprimer l’activité pour tout un ensemble de raisons », a-t-il relevé. Il évoque une perte de souplesse budgétaire, voire une forte vulnérabilité pour les pays les plus touchés, une hausse généralisée des taux d’intérêts, et in fine une baisse de la croissance.
Après la récession de 2009, « le risque a changé. La perte de recettes fiscales due à la baisse de l’activité à cause de la crise menace de mener, si rien n’est fait, à une explosion de la dette. Et dans la plupart des pays, la consolidation budgétaire est de plus en plus devenue la priorité », a souligné l’économiste en chef du Fonds Olivier Blanchard.

Taux de chômage élevé dans la zone euro

Le FMI prévient en outre que le taux de chômage devrait rester élevé en 2010 et 2011, particulièrement dans la zone euro où il se maintiendra aux alentours des 10,5%.
Olivier Blanchard avance une explication principale à la difficulté des pays européens. L’Europe est « plus dépendante du crédit bancaire ce qui plombe la croissance ».
Rappelons que la crise des subprimes de 2007 était une crise du crédit. Le modèle économique reposant sur l’excès du crédit a montré sa vulnérabilité ces derniers temps avec la crise financière.

À La Réunion, la nouvelle majorité régionale remet en cause les grands projets structurants alors que les fonds sont disponibles

Face à cette situation difficile notamment des pays européens, à La Réunion le nouveau président de la région remet en cause les grands projets structurants créateur d’emploi comme le tram-train ou encore la MCUR alors que les fonds sont disponibles. Aujourd’hui, près de 7.300 emplois ont déjà été perdus dans le secteur du BTP à La Réunion. Souvent des décisions politiques de nouvelles équipes sont en cause notamment lorsque des projets prêts à démarrer sont cassés : Pôle Océan, Zénith, Rocade du Tampon…

 Sanjiv Dinama 


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