Economie

G20 : à quand les indispensables réformes de la finance mondiale ?

Un peu plus d’un an après la faillite de Lehman Brothers

Sanjiv Dinama / 23 septembre 2009

Le sommet de Pittsburgh succède à ceux de Londres en avril 2009 et de Washington en novembre 2008. Les dirigeants du G20 se rencontrent une nouvelle fois dans un contexte marqué par la crise économique et des déficits publics alarmant dans les pays riches. De nombreuses divergences apparaissent entre les Etats sur les différents points tels que la réformes des institutions financières internationales, les bonus excessifs des banquiers ou encore la création d’une monnaie internationale réclamé par les pays émergents.

Le sommet de Pittsburgh succède à ceux de Londres en avril 2009 et de Washington en novembre 2008. Les dirigeants du G20 se rencontrent une nouvelle fois dans un contexte marqué par la crise économique. Selon son hôte le président américain Barack Obama, cette réunion sera l’occasion d’un check-up de santé de l’économie mondiale, à la lumière des mesures prises jusqu’à présent pour réinstaurer la confiance et lutter contre la récession.
En plus des membres du G20, cinq pays ont été invités à participer aux travaux : les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, la Thaïlande et Singapour.

Déficits publics alarmants dans les pays riches

La situation est alarmante. Les déficits publics des pays occidentaux ne cessent de se creuser. Pour la France par exemple, les recettes sont en chute libre. Moins d’argent rentre dans les caisses de l’Etat. Les recettes fiscales nettes du premier semestre baissent à 108.5 milliards d’euros, soit 25% de moins que celles du premier semestre 2008. L’impôt sur les sociétés, qui répercute les reculs de chiffres d’affaires, voit ses recettes dégringoler de 80.5% . La dette devrait atteindre fin 2009 presque 80% du PIB et le déficit budgétaire 140 milliards d’euros soit 7.5% du PIB.
La situation est aussi critique pour les Etats-Unis où le déficit public ne cesse de se creuser. Le déficit budgétaire pour l’exercice 2009, qui prend fin le 30 septembre, devrait atteindre 1.580 milliards de dollars, soit 11,2% du PIB américain. La prévision de déficit cumulé sur 10 ans devrait être relevée d’environ 2.000 milliards de dollars, à quelque 9.000 milliards. Barack Obama avait promis de réduire d’un quart le déficit américain d’ici la fin de son mandat de quatre ans ce qui s’avère quasi impossible.

Réforme des institutions internationale : négociation très difficile

C’est dans ce contexte qu’à lieu le sommet du G20. Concernant les réformes des institutions internationales comme le FMI (Fond Monétaire International) et Banque Mondiale les négociations vont être difficiles. L’abandon par les Etats-Unis de leur droit de veto dans ces instances et l’acceptation par les pays européens de céder une partie de leurs voix aux pays émergents seront ardues. Ce point est essentiel car il en va de la crédibilité et de l’efficacité de la Banque comme du Fonds, mais aussi du rééquilibrage de l’économie de la planète.

Mettre fin aux bonus excessifs des banquiers

Sur la question la plus sensible aux yeux des opinions publiques aux Etats-Unis comme en Europe, celle des bonus excessifs des banquiers rendus responsables de la crise, les positions restent divisés et très arrêtées. Ainsi, les Etats-Unis ne veulent pas entendre parler de limitations de la part variable des émoluments. Dans l’autre camp, la France, l’Allemagne et la plupart des partenaires européens, soutenus du bout des lèvres par le Royaume-Uni, souhaitent mettre fin à la culture du bonus.
Au vu des divergences qui apparaissent sur le différents points, les négociations vont être très difficiles entre les Etats membre du G20.

Sanjiv Dinama


Les pays émergents veulent marquer leur indépendance face au dollar

Sur la question de la monnaie, les pays émergents veulent marquer leur indépendance vis-à-vis du dollar fragilisé par la crise. Ils n’ont d’autres choix car ils ont aujourd’hui dépendant d’une monnaie nationale ainsi que de la politique monétaire américaine. C’est la seule manière pour eux de sortir de cette crise. A peine le FMI (Fonds monétaire international) avait-il approuvé, vendredi dernier, la vente exceptionnelle de 403,3 tonnes métriques d’or, soit un huitième de ses réserves, pour mieux aider les pays en développement, que la Chine se portait lundi acquéreur.
Selon l’agence Market News International, qui cite deux sources gouvernementales, les autorités chinoises auraient l’intention d’en acheter une quantité qu’elle ne précise pas. Pékin augmente depuis plusieurs années ses réserves d’or de manière significative. De 400 tonnes en 2003, elles sont passées à 1.054 tonnes aujourd’hui.
L’explication en est simple. Tout comme l’Inde et la Russie, la Chine veut plus d’indépendance vis-à-vis du dollar. Ces pays sont aujourd’hui dépendant des fluctuations du dollar et donc de la politique américaine. De ce fait, les pays émergent contestent ouvertement la domination américaine et du statut du billet vert qui est de plus en plus contestable.
Les Chinois, qui prônent la création d’une nouvelle monnaie internationale, multiplient également les initiatives qui leur permettent d’accroître le poids du yuan sur les marchés étrangers. Pékin va ainsi émettre à la fin du mois de septembre sa première émission de titres d’État en yuans (6 milliards, 610 millions d’euros) à Hongkong. La Chine signe également un nombre croissant d’accords d’échanges de devises (swaps) avec ses voisins, Corée du Sud et Indonésie notamment.
En choisissant d’acheter de l’or, la Chine et l’Inde marquent à nouveau ses distances vis-à-vis du dollar et leur volonté d’indépendance face à l’hégémonie américaine.


44 millions de dollars des USA pour le Mali

Le Mali et les Etats-Unis ont signé, jeudi à Bamako, quatre accords de subvention d’un montant de 22,3 milliards de francs CFA (environ 44,6 millions de dollars US) destinés à l’amélioration de la qualité de l’éducation de base, de la gouvernance et la croissance accélérée.
Ces fonds octroyés au Mali permettront de lutter contre la pauvreté dans ce pays et d’assurer le mieux-être de ses populations. Cet appui financier s’inscrit dans le prolongement de la signature, en 2008, de quatre accords totalisant le même montant.
Les quatre accords ont été signés par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane et l’ambassadrice des Etats-Unis au Mali, Mme Gillian A. Milovanovic.


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