Economie

I-Le géranium (première partie)

Productions agricoles, hors la canne, de nature à booster notre développement économique… : un dossier de Georges Gauvin

Georges Gauvin / 27 mars 2015

Dans son édition du 31/12/2012, on pouvait lire ceci dans Témoignages à titre d’évocation de la crise du géranium, une des grandes crises que notre économie a connue dans les années 1960 :

« Au milieu des années 1960, les planteurs de géranium n’ont pas accepté cette injustice de l’intégration. Ils se sont révoltés. Le pouvoir a fait venir de France des gendarmes et des CRS pour la répression et pour protéger les intérêts des gros planteurs. 60.000 personnes vivaient alors du géranium. Cette filière était un atout considérable. La Réunion était le premier producteur mondial, elle avait donc un savoir-faire qui permettait à l’Europe d’être en tête dans ce secteur. La bataille s’est prolongée pendant plusieurs années avant que la filière s’effondre. Des milliers de planteurs ont été ruinés, et l’Europe a perdu la place de leader qu’elle avait grâce aux Réunionnais. »

Que reste-t-il aujourd’hui de ce fleuron de notre agriculture ?

Selon les chiffres de la chambre d’agriculture :
La production locale de géranium, distillée par la Coopérative Agricole des Huiles Essentielles (CAHEB), connaît un regain d’activité depuis trois – quatre ans pour atteindre les niveaux enregistrés dans les années 2004 – 2005. Ce qui permet de bien se repositionner sur un marché international qui offre de nombreux débouchés tant en parfumerie qu’en cosmétique et en soins para-médicaux… La filière est constituée principalement de petits producteurs. 65 % des planteurs livrent moins de 10 kg d’équivalent en huile essentielle. 95 % de la production d’huile essentielle va à la vente à l’export. Le reste va au tourisme local et à la consommation locale.

  • Surface cultivée : 150 ha
  • Nombre de producteurs : 140
  • Production d’huile essentielle : 2 tonnes
  • 0n est bien loin de notre production des années 1960. Avec 165 tonnes en 1965 d’essence de géranium ou encore 173 tonnes en 1929 et 155tonnes en 1939 (chiffres extraits » du plan de survie « adopté par le PCR en 1975.. Mon propos n’est pas, pour l’instant, de revisiter la crise qui a frappé notre agriculture à partir des années 1960, mais d’indiquer où nous en sommes aujourd’hui par rapport à la situation que nous avons connue dans le passé…

Quelques données figurant sur le site de la CAHEB (coopérative des huiles essentielles de Bourbon)

C’est au 17e siècle que le « géranium » a été ramené en France par un botaniste Vers la fin du 17e siècle, près du cap de Bonne-espérance, Sa ressemblance avec le géranium lui fait attribuer cette appellation. En fait, il s’agit d’un pélargonium : géranium et pélargonium doivent leurs appellations respectives. à des noms d’oiseaux en grec : la grue ou geranios, la cigogne ou pelargos.

Le Géranium Rosat a été introduit chez nous, à la fin du XIXe siècle semble-t-il vers 1870. On le cultive aujourd’hui dans le sud de l’Espagne et de l’Italie, au Maroc, en Egypte et en Chine. La Chine est actuellement le plus gros producteur d’huiles essentielles de Géranium.


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