Economie

L’agro-écologie, l’agriculture du futur ?

Loi sur l’agriculture

Céline Tabou / 26 février 2014

L’agro-écologie est le concept économique et écologique du moment. Un concept qui devrait devenir une loi en France. Le gouvernement va proposer dans son projet de loi sur l’avenir de l’agriculture, un label intitulé Groupement d’Intérêt Economique et Ecologique (GIEE), permettant des subventions spécifiques.

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L’objectif de l’agro-écologie est de produire en respectant l’environnement. Un modèle de production pas nouveau « mais ce qui l’est, c’est le foisonnement d’initiatives sur le terrain et le fait que la communauté scientifique se soit emparée de ce sujet et en fasse une nouvelle discipline, au carrefour de l’écologie et des sciences agronomiques », a expliqué au journal Libération, Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement à l’INRA, l’Institut national de la recherche agronomique.

Réduire l’usage de produits chimiques

Certains chercheurs prônent désormais pour les engrais et semences naturels, afin de se concentrer sur une meilleure utilisation de la biodiversité. Il s’agit par exemple d’utiliser certains insectes dans les parcelles pour qu’ils dévorent les pucerons, au lieu de diffuser des produits phytosanitaires. Autre exemple, au lieu de cultiver un seul type de céréales sur un territoire, en implanter plusieurs, afin de limiter naturellement la propagation des maladies et l’usage pesticides.

Pour Jean-François Soussana, « l’agro-écologie consiste à définir l’ensemble des méthodes et techniques qui nous permettrons de changer les systèmes agricoles, de parvenir à une agriculture écologiquement régulée tout en étant performante au plan économique ». En parallèle, le projet de loi la définit comme « un système de production privilégiant l’autonomie des exploitations agricoles et l’amélioration de leur compétitivité, en diminuant la consommation d’énergie, d’eau, d’engrais, de produits phytopharmaceutiques et de médicaments vétérinaires ».

Changer de modèle

De son côté, Jean-Claude Bévillard, en charge des questions agricoles à France Nature Environnement (FNE), a affirmé « on n’a pas le choix. Respecter la biodiversité, c’est le moyen de garantir la production à l’avenir : on ne va pas produire avec une nature morte. Et le coût de l’énergie servant à produire engrais et pesticides augmentera ».

Ce dernier a expliqué à la presse qu’il est « urgent de changer de modèle : les pratiques agricoles aggravent les phénomènes d’inondations et leurs impacts. L’impact sanitaire des pesticides est de plus en plus décrié par les scientifiques », ajoutant « si Stéphane Le Foll prône l’agro-écologie dans ses discours, les actes, souvent, ne sont pas au rendez-vous ». En effet, ce dernier craint la « récupération industrielle et marketing », comme ce fut le cas avec l’expression « développement durable », souligne Libération.

Il s’agira selon certains spécialistes de faire évoluer les pratiques agricoles, à travers de nouveaux financements, la mise en place de formation et le développement des nouvelles technologies (satellites, Smartphones, tablettes, drones, robots, ...) pour anticiper les maladies, détecter les terres cultivables, anticiper les changements climatiques.

 Céline Tabou 


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