Economie

L’ASEAN veut devenir la quatrième économie mondiale

Vers une communauté unique

@celinetabou / 5 août 2015

La 48e réunion des pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a ouvert ses portes, ce mardi 4 août à Kuala Lumpur en Malaisie, sur fond de tension territoriales et de défis économiques majeurs pour les dix pays membres.

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Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’ASEAN hier à Kuala Lumpur.

L’objectif de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) est d’établir une communauté unique d’ici la fin 2015, à travers un plan de régionalisation relevant de tous les domaines. Cette régionalisation est à la fois dans l’intérêt de la Chine, qui axe sa politique extérieure sur les pays de la zone, et pour certains pays asiatiques, trop dépendants de l’Occident, qui freine leur croissance, en raison de la crise économique.
Établie en 1967, l’ASEAN comprend 10 pays d’Asie du Sud-Est, à savoir Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. Ces derniers devraient adopter un plan d’action post-2015, pour les dix prochaines années, lors du prochain sommet de l’ASEAN, en novembre.

Consolider la « Communauté de l’ASEAN »

À l’ouverture de cette conférence, le Premier ministre malaisien Najib Razak a indiqué que créer une région avec des caractéristiques économiques, politico-sécuritaires et socioculturelles communes sera « un grand pas en avant pour faire de la devise de l’ASEAN : Une vision, Une identité, Une communauté – une réalité », révèle l’agence de presse Xinhua.

La « Communauté de l’ASEAN » souhaite ainsi accroître son poids économique et diplomatique sur la scène internationale. « Il est temps que la voix unie de l’ASEAN soit plus souvent entendue lors de forums multilatéraux », a indiqué Najib Razak.
Pour le ministre malaisien des Affaires étrangères, Anifah Aman, « l’unité entre nos nations n’a jamais été aussi forte ». Toutefois, le conflit territorial est venu ternir l’image d’unité des pays d’Asie du Sud-Est. En effet, depuis quelques années, la tension montre entre la Chine et ses voisins : Japon, Philippines, Vietnam et Taïwan. Ces derniers revendiquent des territoires que les Chinois considèrent comme les leurs.
Le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi a indiqué, lors d’une conférence de presse à Singapour sur les litiges territoriaux, que le respect de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale ainsi que le mécanisme de consultation à travers des réunions d’un groupe de travail mixte permettront de résoudre le conflit.

Ces différends ne devraient pas entacher plus que cela la conférence de l’ASEAN, tant les objectifs économiques sont primordiaux pour l’ensemble des pays. « Ce qui va être accompli dans les prochains mois déterminera le futur de l’ASEAN pour les décennies à venir », a assuré le ministre Anifah Aman. En plus de cette conférence, il est prévu une série de réunions, visant à établir la » Communauté de l’ASEAN », qui sera définitivement installée à la fin de l’année.

Cette communauté représentera à elle seule 9 % de la population mondiale, un PIB de plus de 2 088 milliards d’euros et plus de 66 milliards d’investissements directs étrangers.

But : devenir la 4e économie mondiale

Durant trois jours, les dirigeants asiatiques vont débattre d’un plan post-2015, qui sera adopté lors du sommet de l’ASEAN, en novembre 2015. L’objectif est de placer la « Communauté de l’ASEAN » à la quatrième place de l’économie mondiale. Un but qui n’est pas impossible pour le Premier ministre malaisien Najib Razak.
Ce dernier s’est dit « confiant quant à notre futur et nous devrions exprimer cette confiance ». Pour le Premier ministre, une ASEAN « de plus en plus intégrée » pourra devenir d’ici 2050 la 4e plus grande économie mondiale. « Il est temps pour l’ASEAN d’utiliser au maximum son potentiel, » a-t-il assuré.

Une volonté entendue lors du précédent sommet de l’ASEAN, en avril, au cours duquel, le ministre au sein du département du premier ministre malaisien, Najib Razak, Wee Ka Siong, a estimé que « si l’ASEAN était une économie unique, elle deviendrait la septième économie mondiale avec un produit intérieur brut (PIB) combiné de 2,4 milliards de dollars en 2013, et pourrait être la quatrième économie mondiale en 2050 si les tendances de croissance continuaient. »

Dans une note d’analyse de 2014, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) assurait qu’en dépit de la crise économique globale, les pays de l’ASEAN s’en tiraient mieux que les Occidentaux. L’OCDE prévoit un taux de croissance de 5,6 % en moyenne pour la période 2015-2019, dans les 10 pays de l’ASEAN.

" Alors que les économies émergentes d’Asie font preuve de résilience, elles restent exposées à plusieurs risques, y compris le ralentissement de la demande externe et l’instabilité politique de la région », a expliqué le Secrétaire général adjoint de l’OCDE, Monsieur Rintaro Tamaki, lors du lancement du rapport au Sommet de l’investissement et du commerce de l’ASEAN au Myanmar, en novembre dernier.

Raison pour laquelle, ce dernier préconise de renforcer « davantage le processus d’intégration régionale pour construire la Communauté économique de l’ASEAN d’ici à 2015 est nécessaire, tout comme le renforcement des capacités nationales dans les secteurs publics afin de soutenir la mise en œuvre des politiques qui favoriseront la croissance et le développement. »


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