Economie

« L’économie de La Réunion est en récession en 2009 »

Selon un bilan de l’INSEE et de l’IEDOM

Témoignages.re / 3 juillet 2010

Du dynamisme à la crise. La croissance économique de La Réunion a chuté de 2,7% en 2009. En cause, la panne des secteurs de la construction, des services aux entreprises ; la dégradation de l’investissement, et une consommation au ralenti.

On s’y attendait. Le bilan économique de La Réunion pour l’année 2009 est mauvais. Avec un Produit intérieur brut (PIB) en recul de 2,7%, l’île n’a pas échappé à la crise. Par comparaison, en 2008, le taux de croissance s’élevait à 3,1%, loin cependant des 5% en moyenne de ces dernières années. Le PIB s’élève en 2009 à 14,4 milliards d’euros.
L’INSEE et l’IEDOM ont rendu public hier le bilan de l’économie de La Réunion pour l’année dernière. Comme sur le plan national, « l’économie de La Réunion est en récession en 2009 », a affirmé Pascal Chevalier, directeur régional de l’INSEE. La croissance réunionnaise enregistre ainsi son plus mauvais résultat depuis 1993, soit un retour en arrière de 17 ans. Presque tous les indicateurs de l’économie sont au rouge, même si la consommation des ménages résiste.

L’investissement s’écroule

L’investissement est en baisse de 7,8%, alors qu’elle était en hausse les deux dernières années (4,6% en 2008 et 7,5% en 2007). Le directeur régional de l’INSEE explique : « les travaux publics connaissent un trou d’air important après la fin des grands chantiers, route des Tamarins, le retard ou l’annulation du tram-train, du Pole Océan, du Zénith ». L’impact sur la croissance en 2009 est estimé à deux points en moins. L’investissement productif des entreprises est lui aussi en forte baisse, même si l’achat de deux avions lourds permet de compenser. Mais Arnaud Bellamy-Brown, directeur de l’IEDOM, soutient que « le fond du ralentissement de l’investissement, c’est bien le logement privé et l’incertitude quant à la défiscalisation ». Les livraisons de logements privés seraient ainsi en baisse de 14%.

L’agriculture tire son épingle du jeu

Seul secteur à enregistrer une hausse de 7,7% de sa valeur ajoutée créée : l’agriculture. Un résultat agricole à mettre sur le compte des 20 millions d’euros de la prime bagasse-énergie, alliée à une bonne campagne sucrière avec 1,9 million de tonnes de cannes récoltées. Le secteur non marchand a aussi une valeur ajoutée positive de 2,3%. En revanche, la panne des « secteurs traditionnellement moteurs » de l’économie se confirme : une baisse de la valeur ajoutée de 12% pour le BTP, et de 4% pour les industries et 2% pour les services marchands.

Le chômage compensé par les prestations sociales

Les conséquences de la crise sur l’emploi se font sentir dès la fin 2007. La chute de 11% de l’emploi intérimaire est un signe avant-coureur de la crise, les employeurs cessent en effet de reconduire les missions. Les secteurs de la construction, des transports vont suivre en 2008, puis l’industrie, les services aux entreprises et le commerce début 2009. L’intérim a cependant repris fin 2009, avec les services aux entreprises, le transport et le commerce de détail. « Au plus fort de la crise, l’emploi a chuté de 5% », souligne l’INSEE. Mais le léger rebond au troisième trimestre 2009 ne signifie pas que cette chute de l’emploi est terminée. Fin 2009, plus de 103.000 chômeurs étaient inscrits au Pôle Emploi.
Résultat, la masse salariale (les salaires) dans le secteur marchand a chuté de 3,6%, alors que celle de l’administration a augmenté de 3,2%. Les prestations sociales ont de leur côté explosé avec 9%, que ce soit pour les pensions, la CAF, mais surtout l’Assedic (+32,2%).

La consommation ralentit

L’INSEE en conclut que le « revenu disponible des ménages » a progressé de 1,3% en 2009, contre 2,4% en 2008. Mais en 2009, le revenu par habitant n’a pas évolué. La consommation des ménages est ralentie, avec la baisse des crédits à la consommation, mais elle résiste avec 1% de croissance (2,2% en 2008). L’inflation atteint une moyenne de 0,5% en 2009, « taux le plus bas ces 20 dernières années », mais après le taux le plus haut de 2,9% en 2008.

EP


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