Economie

L’IEDOM constate une dégradation générale de l’économie

La réalité : l’impasse du modèle

Témoignages.re / 11 décembre 2012

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Dans sa dernière "Note trimestrielle de conjoncture", l’IEDOM fait le constat d’une situation économique toujours plus difficile. La confiance est en berne, le chômage augmente, la consommation ralentit, l’investissement baisse ainsi que les échanges avec l’extérieur. Sauf dans le BTP où la crise se stabilise quelque peu, tous les secteurs économiques connaissent une dégradation. Ces données confirment l’impasse du modèle actuel et la nécessité de rechercher d’autres voies pour sortir d’une crise durable.

Le climat des affaires reste en zone défavorable

L’indicateur du climat des affaires continue à se dégrader au troisième trimestre 2012 (- 1,9 point), dans un contexte économique toujours incertain. L’ICA s’établit désormais à 16,4 points en deçà de sa moyenne de longue période. Le repli de l’indicateur est toutefois moins marqué qu’au trimestre 80 précédent (- 5,7 points), en partie amorti par l’opinion des professionnels sur l’activité 70 passée, les prévisions d’investissement et les 60 effectifs futurs. A l’inverse, la trésorerie prévue et les charges futures pèsent négativement sur l’ICA. Les entrepreneurs réunionnais anticipent une activité encore moins favorable pour le quatrième trimestre.

La légère baisse des prix à la consommation n’arrive pas à dynamiser la dépense des ménages, qui poursuit la diminution amorcée au deuxième trimestre. L’investissement reste mal orienté, traduisant toujours le manque de confiance des entrepreneurs. Les échanges avec le reste du monde se détériorent : les importations se contractent et les exportations reculent sous l’effet d’une baisse des exportations de produits agroalimentaires.

Dans ce contexte, les tensions sur le marché du travail s’intensifient encore, et le nombre de demandeurs d’emploi augmente à nouveau plus rapidement.

A l’exception du secteur du BTP qui montre des signes de stabilisation, l’ensemble des secteurs de l’enquête est mal orienté.

(Source IEDOM)

Léger repli des prix à la consommation

L’indice des prix à la consommation recule de 0,8% entre juin et septembre 2012, après une hausse de 1,4% le trimestre précédent. La baisse des prix des services (- 1,2%) et des produits manufacturés (- 1,9%) est compensée par l’augmentation des prix de l’énergie, qui s’explique par le relèvement des prix des carburants intervenu en septembre (+ 4,5%). Les prix du tabac et l’alimentation ne varient pas par rapport au deuxième trimestre.

Sur un an, les prix sont quasiment stables (+ 0,4%).

(Source IEDOM)
Hausse soutenue de la demande d’emploi

Fin septembre 2012, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi s’établit à 127 410, en hausse de 2,9% (CVS) par rapport à fin juin. La progression s’accélère par rapport au trimestre précédent (+ 1,3%). Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi augmente de 5,8% à La Réunion (+ 9,7% pour la France entière), ce qui représente 7000 demandeurs d’emploi supplémentaires. Les personnes âgées de plus de 50 ans sont les plus touchées par cet accroissement (+ 19,4%). Depuis le début de l’année 2012, le nombre de seniors au chômage a ainsi dépassé celui des jeunes (moins de 25 ans).

L’offre d’emploi reste faible au troisième trimestre 2012. Le nombre d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi chute ainsi de 5,7% (CVS). Les offres d’emplois durables se redressent cependant (+ 0,5%, après une baisse de 4,2% enregistrée au deuxième trimestre).

Le nombre d’allocataires de l’assurance chômage repart à la hausse (+ 5,0%), après avoir baissé de 4,2% au trimestre précédent. De même, le nombre de bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) croît de 1,7%.

(Source IEDOM)
Ralentissement de la consommation des ménages

La consommation des ménages reste morose, dans la lignée du deuxième trimestre.

Les importations de produits des industries agroalimentaires s’inscrivent en baisse (- 14,9%, CVS), après deux trimestres consécutifs de progression. Tous les principaux produits contribuent à ce recul, du fromage à l’eau, en passant par les produits de la pêche, le riz ou encore le poulet.

Les importations de biens à destination des ménages sont aussi tirées vers le bas par les importations de biens d’équipement du foyer, qui se contractent de 4,6%. Parallèlement, les importations de produits courants se stabilisent (+ 0,4%). Les ventes de véhicules neufs baissent de 2,3% (CVS) et l’encours de crédit à la consommation recule très légèrement sur le trimestre (- 0,2%).

L’orientation défavorable de la consommation des ménages est confirmée par les professionnels du secteur du commerce, qui jugent leur activité dégradée. Les anticipations d’activité pour la fin de l’année restent pessimistes, même si la détérioration du secteur apparaît moins rapide.

(Source IEDOM)
L’investissement continue à baisser

Les prévisions d’investissement sont toujours mal orientées, bien que le solde d’opinion se redresse quelque peu.

Plusieurs signes confirment la morosité ambiante du troisième trimestre. Les importations de biens d’équipement professionnel déclinent de 10,6% (CVS), après une augmentation de 3,4% au deuxième trimestre. Même tendance pour les importations de biens intermédiaires, avec - 3,4% enregistrés entre juin et septembre 2012.

L’encours des crédits à l’investissement des entreprises repart à la baisse (- 0,7%), après s’être stabilisé au trimestre précédent. Il diminue de 3,9% en glissement annuel.

Les ventes de véhicules utilitaires fléchissent à nouveau (- 8,6%, CVS), et diminuent au total de 11,7% sur un an.

Les attestations de conformité délivrées par le Consuel s’inscrivent en revanche en hausse (+ 24,4%), soutenues par le logement social. Sur un an, le nombre d’attestations délivrées croît de 28,1%.

(Source IEDOM)
Recul des échanges de biens avec l’extérieur

Les importations se contractent de 6,3% (CVS) au troisième trimestre 2012. Hormis les biens courants, tous les produits participent à ce mouvement, en particulier les importations de biens d’équipement professionnel (-10,6%) et celles de produits des industries agroalimentaires (- 14,9%). Les importations de produits courants et de produits pétroliers sont quasiment stables.

Après trois trimestres consécutifs de hausse, les exportations fléchissent de 11,5% (CVS). En cause, le ralentissement des exportations de produits des industries agroalimentaires (- 18,1%), qui s’explique par le repli des exportations de sucre et de produits de la pêche, notamment de langoustes et de légines.

(Source IEDOM)
Activité en berne dans la plupart des secteurs

A l’exception du secteur du BTP qui se stabilise, l’ensemble des secteurs connait une détérioration de l’activité.

Dans le secteur de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage, les abattages de porcins et de volailles reculent respectivement de 2,4% et 3,5% (CVS), tandis que ceux de bovins restent stables. La collecte de lait baisse de 1,2% (CVS) entre juin et septembre 2012.

L’opinion des professionnels du secteur s’améliore, mais moins rapidement que prévu. Elle est toujours négative et devrait le rester au prochain trimestre.

Le courant d’affaires du secteur des industries agroalimentaires s’améliore légèrement au troisième trimestre, mais reste modéré. Les entrepreneurs anticipent une détérioration encore plus rapide de leur trésorerie et un allongement de leurs délais de paiement.

Dans le secteur des industries manufacturières, l’activité se stabilise mais la trésorerie se détériore fortement. Le courant d’affaires devrait se dégrader davantage en fin d’année (charges en hausse et délais de paiement rallongés).

L’activité du secteur du bâtiment et des travaux publics est légèrement mieux orientée, après quatre trimestres de repli. La diminution des charges observée au troisième trimestre devrait se poursuivre selon les entrepreneurs. Ils ont un avis favorable sur l’activité du prochain trimestre, mais font état de prix dans le secteur anormalement bas.

Les effectifs dans le BTP s’inscrivent en retrait de 3,1% (CVS), ce qui est corroboré par la diminution du solde d’opinion relatif aux effectifs.

Enfin, les importations de ciment et de clinkers sont en retrait après une augmentation marquée le trimestre précédent.

Le secteur des services marchands connaît une diminution de son activité. L’opinion des professionnels sur le quatrième trimestre fait état d’une baisse qui est toutefois moins marquée qu’auparavant.

L’activité touristique se dégrade, mais à un rythme moins prononcé qu’au deuxième trimestre. Les chefs d’entreprise ne prévoient pas de grands changements pour la fin de l’année. Si le nombre total de passagers aux aéroports de Gillot et de Pierrefonds continue de reculer (- 0,6%, CVS), celui des passagers en provenance de France métropolitaine confirme son redressement. La fréquentation hôtelière s’inscrit en baisse de 3,9 points sur un an. Le nombre de nuitées augmente cependant de 1,4% sur la même période.

(Source IEDOM)
La reprise mondiale s’essoufle

La reprise de l’économie mondiale reste très fragile, toujours freinée par les effets des rééquilibrages budgétaires et la fragilité persistante du système financier et malgré le soutien apporté par des politiques monétaires accommodantes. Les prévisions de croissance du FMI pour 2012 sont ainsi révisées à la baisse, à 1,3% pour les pays avancés et à 5,3% pour les pays émergents et les pays en développement.

Une reprise modeste se poursuit aux États-Unis accompagnée par une faible baisse du chômage. Le FMI prévoit une croissance de 2,2% en 2012 (après + 1,8% en 2011) et une inflation contenue à + 2,0%. En 2013, la croissance devrait progresser au même rythme qu’en 2012 (+ 2,1%).

Sous l’effet de l’intensification de la crise, la zone euro connaitrait selon le FMI une contraction de l’activité de 0,4% en 2012. La récession qui touche la plupart des pays de la périphérie de la zone euro, affectés par des difficultés financières dont témoigne l’évolution des écarts de taux souverains, s’est propagée progressivement aux autres pays de la région.

La faiblesse de la croissance couplée à l’incertitude dans les pays avancés a impacté négativement les pays émergents et les pays en développement. C’est le cas notamment en Chine où la baisse des exportations contribue au ralentissement de sa croissance qui devrait toutefois s’élever à + 7,8% en 2012.

En France, la croissance du PIB devrait être atone en 2012 (+ 0,1%) tandis que le chômage continuerait de croitre et que l’inflation resterait contenue (+ 1,9%).

(Source : World Economic Outlook, octobre 2012, FMI)


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