Economie

L’impact de la crise de la dette US dans le monde

Céline Tabou / 5 août 2011

Les décisions prises à Washington ont déjà des conséquences dans le monde.

Espagne : José Zapatero coincé
Face à l’effondrement des bourses européennes, notamment madrilène, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a réuni mercredi 3 août, une réunion d’urgence avec la ministre de l’Économie, Elena Salgado, « pour analyser les derniers mouvements des marchés financiers très volatils ». En pleine crise de la dette, l’Espagne a affronté le lendemain les marchés, avec une émission obligataire de 2,5 à 3,5 milliards d’euros. Cependant, depuis le début de la semaine, les taux d’emprunt espagnols — et italiens — ont dépassé les 6%, considérés comme la limite du soutenable à long terme par les analystes. Après l’annonce du plan américain sur le relèvement du plafond de la dette, les bourses européennes ont chuté et restent méfiantes, notamment parce que la prime de risque (différentiel de rendement entre les obligations espagnoles et allemandes) a atteint mardi 3 août, un nouveau record historique à 407 points. Cette situation vient s’appesantir après l’annonce la semaine dernière de l’organisation d’élection législative anticipée, le 20 novembre.

Italie : Silvio Berlusconi monte au créneau
Le chef d’État a assuré à la Chambre des députés que « les fondamentaux de l’économie italienne étaient solides », appelant à réagir avec « fermeté » mais « sans suivre la nervosité des marchés ». Également déstabilisé par les marchés, Silvio Berlusconi a admis la nécessité d’un « plan d’action immédiat » pour relancer la croissance au moment où l’économie italienne a enregistré une croissance atone de 0,1 % au premier trimestre. Malgré l’annonce d’un plan d’économie de 48 milliards d’euros, visant à éliminer le déficit en 2014, n’a pas convaincu les marchés, qui soulignent que la plupart des mesures n’entreront en vigueur qu’en 2013, après les prochaines élections législatives et qu’elles ne stimuleront pas la croissance. De plus, les investisseurs craignent toujours une contagion de la crise de la dette en Italie, en raison de son énorme dette, environ 120% de son PIB.

Chine : Dagong annonce la baisse de la note américaine
L’agence chinoise de notation Dagong a dégradé le 3 août de « A+ » à « A » la note de la dette publique américaine en devise locale comme en devises étrangères, assortie d’une perspective négative. Selon l’agence chinoise, la décision par le gouvernement de relever le plafond de l’endettement public permettra aux États-Unis « de régler d’anciennes dettes à travers de nouveaux emprunts, mais elle ne pourra pas changer la croissance plus rapide des dettes publiques que celle des revenus fiscaux du pays ». Les analystes chinois expliquent que la dernière crise « du règlement des dettes échéantes » a mis en évidence l’affaiblissement continu de la solvabilité du gouvernement américain. Cependant, Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale a indiqué dans un communiqué que les réserves de change de son pays « vont continuer à suivre les principes de la diversification des investissements et de la gestion des risques ». La banque centrale devrait diminuer ses fonds investis en dollars, « d’importantes fluctuations et une grande incertitude sur le marché des Treasuries auraient un impact sur la stabilité du système monétaire et financier international, et pourraient affecter la reprise économique mondiale », a ajouté le responsable chinois. Pour le moment, Pékin dispose des plus larges réserves financières au monde, soit près de 3.197 milliards de dollars à fin juin, dont 1.160 milliards placés dans des Bons du Trésor américain.

Céline Tabou


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