Economie

L’industrie automobile française en retard

Une aide de 25 milliards de dollars accordée par l’État américain à son secteur automobile

Céline Tabou / 10 janvier 2012

Les résultats de l’industrie automobile viennent de paraitre dans les médias, parmi les constructeurs qui possèdent des résultats positifs, les États-Unis, l’Allemagne et la Suisse, qui ont résisté à la crise grâce à des aides gouvernementales. A l’inverse, la France, l’Espagne et l’Italie ont un bilan négatif.

Mais l’année 2011 n’aura pas été mauvaise pour tous les marchés européens, comme en Allemagne où le marché a fait un bond de 8,8% à 3,17 millions d’unités. Et en Belgique, qui a vu son marché progresser de 4,5% des ventes par rapport à 2010, soit un total de 572.211 unités neuves.

L’industrie française en recul

Parvenu à sortir de la crise, l’industrie automobile, notamment Chryster, General Motors et Ford, ont pu compter sur une aide de l’État pour éviter de licencier et délocaliser. Ces aides gouvernementales ont permis de bons résultats cette année. Les ventes de voitures neuves ont augmenté de 10% en 2011 aux États-Unis, pour une seconde année consécutive de croissance.

Les analystes et dirigeants prévoient pour 2012 un marché en hausse de 4% à 9%, estimation considérée prudente qui s’explique surtout par les craintes des conséquences d’une éventuelle aggravation de la crise de la dette de la zone euro, a indiqué l’agence de presse “Reuters”.

De leurs côtés, les constructeurs français ont eu un recul global. Les chiffres publiés par le Comité des Constructeurs français d’Automobiles (CCFA) ont annoncé une diminution des ventes de voitures neuves de 2,1% en 2011 par rapport à 2010. Le marché italien a reculé de 10,88% en 2011, à 1,748 million de véhicules immatriculés, tandis qu’en Espagne, celui-ci s’est effondré de 17,7%, à 808.059 unités vendues.

Aide d’État aux constructeurs US

A peine élu, en 2009, le Président Barack Obama a décidé d’allouer des aides d’État au secteur automobile américain, suite à la crise du secteur, à cause de laquelle les constructeurs automobiles américains General Motors et Ford étaient à court de liquidités et menacés de faillite. La décision politique d’aider des entreprises privées à ne pas faire faillite a permis aux constructeurs de sauver des milliers d’emplois et d’éviter de gonfler le taux de chômage du pays, qui avoisinait 9% en 2011. Parmi les principales raisons, Barack Obama a évoqué « la colonne vertébrale » qu’est l’industrie automobile aux États-Unis, ainsi que le « rôle essentiel à jouer dans nos efforts de réduction de notre dépendance à l’égard du pétrole étranger ».

Face à cette situation, l’État français avait demandé quelques mois plus tard que « la commission propose dans les meilleurs délais un plan de soutien à l’industrie automobile européenne ». François Fillon avait alors argué que « les États-Unis viennent de décider d’une aide de 25 milliards de dollars à l’industrie automobile américaine. Il ne serait pas acceptable que l’Europe ne se dote pas des mêmes outils pour faire en sorte que notre industrie automobile puisse passer ce cap difficile de la crise », a-t-il déclaré.

Céline Tabou


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