Economie

L’Italie maintient son plan d’austérité

Céline Tabou / 8 septembre 2011

Le second plan de rigueur lancé par le président Silvio Berlusconi devrait permettre d’économiser 45,5 milliards d’euros. Cette cure d’austérité survient après l’adoption d’un premier plan de 48 milliards en juillet, qui devrait permettre au pays de parvenir à l’équilibre budgétaire en 2013 au lieu de 2014 et de réduire son énorme dette, qui a atteint 120% du PIB.

Afin de rassurer, une nouvelle fois, les marchés, Silvio Berlusconi a décidé d’accélérer les choses. En annonçant l’adoption en conseil des ministres un projet d’introduction dans la Constitution de la "règle d’or" sur l’équilibre budgétaire afin de faire face à la crise de confiance sur les marchés. Cependant, la mesure devra être approuvée par le Parlement, avec les délais qui incombent à toute modification de la constitution.
Le gouvernement va poser la question de confiance sur le plan afin d’accélérer son adoption au Parlement. Le Sénat s’est prononcé mercredi dans la soirée, ce qui devrait donner des assurances en prévision de la réunion, jeudi 8 septembre, de la Banque centrale européenne (BCE) qui pressait Rome à prendre des mesures.

Rechercher le moindre euro

Parmi les nouvelles mesures, la hausse de la TVA d’un point, à 21% et une taxe destinée aux plus riches. Celle-ci sera de 3% et concernera la partie des revenus dépassant 500.000 euros par an, alors que la précédente version était de 5% sur les revenus compris entre 90.000 et 150.000 euros et de 10% sur les revenus dépassant 150.000 euros. Une certaine classe aisée sera épargnée par les mesures gouvernementales, toutefois, l’âge de départ en retraite des femmes dans le secteur privé, actuellement fixé à 60 ans, sera aligné sur celui des hommes, qui est de 65 ans, à partir de 2014.
Face à cette situation, les manifestations de mardi ont mis en exergue l’exaspération des Italiens : « Ils protègent les riches. Ils bradent l’Italie. Arrêtons-les ». « C’est un plan que ce pays ne mérite pas », dit Susanna Camusso, numéro un de la Confédération générale italienne du travail, cité par “Ouest-France”. En effet, les syndicalistes doutent de la capacité du pays à faire face à une dette publique équivalent à 120% du produit intérieur brut.

La Confédération générale italienne du travail (CGIL) proteste contre le paquet de réformes du marché du travail et un budget qui « s’attaque à ceux qui paient déjà les taxes et aux administrations locales ». Les syndicalistes, dont le CGIL qui compte 6 millions de membres fustige l’adoption par le gouvernement italien d’un amendement prévoyant un assouplissement des procédures de licenciement par l’intermédiaire d’accords entre les entreprises et les syndicats. « Le droit du travail est bafoué », a déclaré Susanna Camusso, la présidente de la confédération syndicale CGIL.

Céline Tabou


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