Economie

La BCE abaisse les taux directeurs

Céline Tabou / 4 mai 2013

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé d’abaisser son principal taux directeur, appelé « refi », à 0,5%, afin de faciliter le refinancement des banques. Le « refi » est le taux avec lequel les banques se refinancent.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé lors d’une conférence de presse que cette décision avait « fait l’objet d’un fort consensus au sein du conseil des gouverneurs », sans pour autant obtenir d’unanimité. Décidée à agir et à poursuivre une « politique accommodante aussi longtemps que nécessaire », la BCE a jugé nécessaire de moduler les opérations de refinancement des banques, avec des prêts à taux fixes et des montants illimités sur une semaine. Cette politique devrait se poursuivre jusqu’à juillet 2014 et une même opération devrait se faire sur une durée de trois mois, jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2014, à taux fixe et pour des montants illimités.

Fin de l’austérité ?

Conscient des limites des politiques d’austérité, le patron de la BCE a appelé à un débat large sur l’austérité et la relance, qui fait déjà polémique entre les pays de l’UE. « Le message de la BCE est : ne détricotez pas les progrès que vous avez faits. Il n’y a pas de doute, des progrès significatifs ont été faits », a-t-il indiqué. Ce dernier voulait parler du redressement des finances publiques établi dans certains pays, qui se traduit, selon lui, par une contraction de l’économie « à court et à moyen terme ». « Ce qu’il faut faire c’est prendre des mesures qui adoucissent cette contraction », a-t-il préconisé, ce qui signifie « consolider en réduisant les dépenses, pas en augmentant les impôts ».

Le président de l’institution européenne tient à concilier austérité et croissance, car les mesures d’austérité imposées aux États les ont conduits à une explosion du taux de chômage et une récession chronique. Après sept plans de rigueur, la Grèce ne voit aucune amélioration de son économie et l’Espagne sombre un peu plus dans la récession. A contrario, l’Italie et les Pays-Bas ont décidé de mettre de côté l’austérité.

D’après les observateurs économiques, la décision de Mario Draghi était attendue, dans un contexte de marasme économique persistant en zone euro. En effet, selon les récentes données, le PIB annuel dans la zone euro devrait se contracter de 0,4% pour 2013 et la croissance devrait atteindre en 2014, 1,2% dans la zone euro. De plus, le chômage a atteint un nouveau record en mars, touchant 12,1% de la population active de la zone euro, avec des records inquiétants en Espagne (26,7%) et en Grèce (27,2%).

En faire profiter les entreprises

En baissant son taux directeur, la Banque centrale européenne espère relancer la croissance dans la zone euro après un taux de -0,3% en 2013. En dépit de cet optimisme, les dernières baisses de taux directeurs de la BCE n’ont porté leurs fruits. En effet, avec la crise de la dette souveraine, les entreprises investissent peu et font de moins en moins appel à leurs banques pour faire un emprunt, même à bas prix. Pour les entreprises, qui lancent des projets, elles doivent faire face aux réticences des banques, de plus en plus frileuses.

Les principales PME touchées par ses conditions se situent dans le sud de l’Europe où elles sont peu nombreuses à démarcher les banques pour un crédit bancaire. « Ce qui empêche un redémarrage de l’activité, compte tenu du rôle crucial des banques dans les économies de la zone euro », a indiqué un responsable d’une société de Bourse à Paris à Libération.

Pour le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, cette décision est « une bonne nouvelle », car « cela sera bénéfique pour le niveau du crédit. Une des difficultés des entreprises, en particulier des PME, c’est l’accès au crédit. Plus il est bon marché, meilleur c’est pour le crédit. Je salue cette décision ».

Céline Tabou


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