Economie

La BCE veut dynamiser l’économie

Crise en Europe

Céline Tabou / 27 août 2014

A l’occasion du forum économique et monétaire de Jackson Hole (Wyoming) aux Etats-Unis, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, a appelé les gouvernements de la zone euro à faire plus, afin de dynamiser l’économie.

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Mario Draghi, président de la BCE, appelle à soutenir aussi la demande, donc le pouvoir d’achat des travailleurs. Cela ne va pas dans le sens du Pacte de responsabilité.

Le président de la BCE s’est dit « confiant dans le fait que le paquet de mesures que nous avons annoncé début juin va contribuer à donner l’impulsion attendue à la demande » au sein de la zone euro, car « nous nous tenons prêts à ajuster davantage la position de notre politique ».
Ajoutant qu’"aucun accommodement budgétaire ou monétaire ne peut compenser les réformes structurelles nécessaires dans la zone euro », Mario Draghi a rappelé que la reprise dans la zone était « uniformément faible » et le chômage élevé.

Accélérer les réformes

Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a stagné au second trimestre de l’année, avec une contraction de 0,2% en Allemagne, une croissance nulle en France et l’Italie qui a replongé dans la récession. S’ajoute à cela, une inflation au ralenti à 0,4% en juillet, très loin de l’objectif de la BCE d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2%.
« Les mesures structurelles nationales qui permettent de s’attaquer à ces problèmes ne peuvent plus être reportées. Cet agenda de réformes couvre le marché du travail, les marchés de produits ainsi que les actions de soutien à l’environnement des affaires », a précisé le président de la BCE.
Insistant sur l’urgence à agir en faveur de l’emploi et des marchés du travail, il a mis en exergue la « fragilité » de l’union monétaire, en raison de l’hétérogénéité au sein des pays de la zone. Ce dernier a proposé « une stratégie pour réduire le sous-emploi », devant « impliquer à la fois des politiques de la demande et de l’offre, tant pour la zone euro qu’au niveau national ».
Mario Draghi a reconnu que « sans une demande agrégée plus élevée, nous (les Européens) risquons (de nous confronter à) un chômage structurel plus élevé ». Une remarque en contradiction avec les politiques publiques menées dans certains pays européens, dont la France, qui vient de remercier son Ministre de l’économie et du redressement productif, Arnaud Montebourg, qui appelé le gouvernement à axer plus sa politique sur la demande et pas seulement l’offre.

Objectif : des prêts ciblés

Parmi les mesures présentées, Mario Draghi a mis l’accent sur le programme de prêts ciblés et à très long terme (TLTRO), dont le premier sera accordé en septembre 2014. Celui-ci susciterait « un intérêt significatif de la part des banques ». D’ailleurs, Mario Draghi n’a pas hésité à indiquer qu’ils se tenaient « prêts à ajuster davantage la position de notre politique ».
Pour Bruno Cavalier, économiste à Oddo Securities, Mario Draghi « marque clairement une inflexion supplémentaire de la BCE pour soutenir l’économie. Et, sans nommer personne, il s’adresse à la fois à l’Allemagne, quand il se soucie de soutenir la demande, mais aussi à la France, lorsqu’il souligne l’importance des réformes structurelles et des baisses de dépenses publiques courantes ».
Par ailleurs, la BCE a décidé d’avancer rapidement dans sa réflexion concernant le moyen d’acheter des titres adossés à des prêts (ABS). Ce marché sinistré depuis la crise pourrait faciliter le financement des entreprises. En parallèle, le président de l’institution a expliqué : « nous avons déjà observé un mouvement sur le taux de change (de l’euro) qui devrait soutenir à la fois la demande et l’inflation ». Ce dernier garde un œil sur le niveau élevé de la monnaie européenne par rapport aux autres devises mondiales, car celui-ci est un risque, si il est trop élevé pour les exportateurs et les politiques européens.

Céline Tabou


Kanalreunion.com