Economie

La CGPER donne un mois à l’État pour agir

Mobilisation hier à la DAAF à Saint-Pierre

Manuel Marchal / 23 octobre 2013

Des éleveurs n’ont toujours pas reçu l’indemnisation des pertes dues à la sécheresse en 2011, ce retard amène à s’interroger sur la manière dont les sinistrés actuels seront traités. Hier, la CGPER est passée à l’action. Une cinquantaine d’agriculteurs ont interrompu la réunion de la CDOA. La CGPER donne un mois à l’État pour débloquer les différents dossiers.



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Les agriculteurs ont dû interrompre la CDOA pour se faire entendre.

La Réunion vit actuellement une période de sécheresse sans précédent depuis 50 ans. Des pertes peuvent atteindre 50% pour certaines exploitations cannières. Face à une telle catastrophe naturelle, les agriculteurs peuvent s’attendre à être justement indemnisés. Mais l’attitude des services de l’État interroge. En effet, des éleveurs victimes de la sécheresse de 2011 n’ont toujours rien reçu. Lundi, la CGPER a lancé un appel à la mobilisation pour le lendemain devant la DAAF. Hier, une cinquantaine d’éleveurs avaient répondu à l’appel, soutenus par quelques canniers. Avec Jean-Yves Minatchy et Jean-Bernard Gonthier, président de la Chambre d’agriculture, ils ont dû arrêter la CDOA pour se faire entendre. Les agriculteurs ont exposé les revendications.

La situation des éleveurs est dramatique. Avec la sécheresse actuelle, ils n’ont plus rien. C’est pourquoi le retard pris dans le versement des indemnités plombe la trésorerie. Comment faire vivre la famille ?

De plus, l’évaluation des indemnités doit prendre en compte l’année d’avant et pas les trois précédentes.

La CGPER a aussi posé le problème de la représentativité des organisations syndicales agricoles dans les institutions. Jean-Yves Minatchy a rappelé que depuis 1983, la CGPER est toujours majoritaire dans les scrutins. Mais c’est un syndicat minoritaire qui a la majorité de la représentativité des agriculteurs à la CGSS, à la CAF ou à la SAFER. « C’est inacceptable », s’indigne Jean-Yves Minatchy, « c’est du mépris pour le paysan réunionnais ». Cette question pourrait être réglée par un décret à la parution sans cesse repoussée. « Que le ministre de tutelle sorte le décret », déclare le président de la CGPER.

Pour le dossier des retraites, la moyenne est de 360 euros par mois dans l’agriculture. C’est là aussi inacceptable, déclare Jean-Yves Minatchy, « c’est une honte pour la République, comment vivre dans ces conditions ? ». La hausse des retraites à 70% du SMIC est une mesure à prendre d’urgence. Les anciens ne doivent plus être condamnés à vivre en dessous du seuil de pauvreté.

Cette situation inquiète les jeunes qui cherchent à s’installer, constate le président de la CGPER, « car ceux qui sont déjà là sont en train de crever de faim ».

Conclusion : « Si dans un mois il n’y a aucune solution, nous reviendrons à la charge ».

M.M.


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