Economie

La CGPER propose un plan d’urgence pour la livraison de toutes les cannes

Campagne sucrière

Témoignages.re / 9 novembre 2009

La campagne sucrière promettait d’être bonne. Mais la pluie et la dégradation des chemins d’exploitation semblent vouloir en décider autrement. Hier à la Petite-Ile, par la voix de son vice-président, la CGPER a proposé des solutions pour qu’aucune canne ne reste au pied.

Du haut du chemin Rosile à la Petite-Ile, on constate que de nombreuses cannes sont encore au pied. Jean-Alix Gonthier, nous montre sa parcelle. « Dopi kinz zour mi ariv pa lévé bann kann. La pli i tonm é aprésa lizine i pran pa akoz mon kota ». Le planteur de la Petite-Ile a trois hectares et demi plantés en cannes. Son quota est d’un voyage par semaine, soit une douzaine de tonnes environ. Il lui reste 150 tonnes au pied et d’ici la fin de campagne sept voyages sont programmés. Or, à ce rythme, il faudrait dix-sept voyages pour enlever la totalité de sa récolte.
« Zamè mi gingn arpa. I fo lizine i pran no kann. Li pran pa aprésa, li di konmsa i fo nou ariv a fé dé milyon tone », soupire le planteur, un peu désabusé. La campagne dans le Sud-Ouest s’annonçait bonne. Autour de 950.000 tonnes pour l’usine du Gol. Mais une cascade de petits problèmes a douché l’optimisme du début de campagne.
Jean-Bernard Gonthier, vice-président de la CGPER, en l’absence du Président Jean-Yves Minatchy, retenu à Paris, énumère les raisons des retards : les pluies tombées deux semaines avant le début de la campagne qui ont endommagé les chemins d’exploitation ; les petites pannes de l’usine du Gol (4 à 5 jours d’apport en moins environ) ; la solidarité avec les planteurs de l’Est lors de l’importante panne de Bois Rouge (une semaine d’apport en moins) ; les quinze derniers jours de pluie dans le Sud-Est de l’île et les grosses pluies de ce dernier week-end qui « n’arrangent pas les choses ».

Le point centre par centre

Statistiques en main, le vice-président de la CGPER montre qu’à la semaine "45", 742.000 tonnes ont été livrées à l’usine du Gol. Mais les résultats sont disparates. Ils sont bons sur la plaine du Gol, « mais à Casernes et à Langevin, les cannes ne sont pas au rendez-vous »... à cause des problèmes qui se sont multipliés. Rien n’est pourtant perdu.
Jean-Bernard Gonthier propose « de faire point, centre par centre, et de privilégier ceux qui sont en retard par un quota supplémentaire ». Il reste en effet plus de 200.000 tonnes au pied et il convient de faire vite car la fin de la campagne est fixée au 15 décembre 2009. L’effort devrait porter, selon le syndicaliste, sur les hauts du Sud-Ouest, « là où il y a de la pente » et où la dégradation des chemins de cannes est la plus forte. « Nous sommes dans la même situation qu’au début de la campagne ». Sauf qu’aujourd’hui, le temps est compté. « Nous avons besoin d’un plan d’urgence encore plus urgent qu’avant le début de la campagne. Nous sommes en plein dedans », alerte Jean-Bernard Gonthier.
Et pour éliminer cet aspect de l’évacuation des cannes, le vice-président de la CGPER propose que, dès l’année prochaine, on réfléchisse à « un plan d’évacuation des eaux et à la pérennisation des chemins d’exploitation ». L’homme va chercher sa solution au Japon où l’on utilise une méthode appelée "Glorit" qui donne entièrement satisfaction, sans coûter aussi cher qu’un bétonnage. Cette méthode permettrait « de consolider durablement les chemins et de les laisser perméables en les rendant durs comme du béton », affirme-t-il.

YVDE


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