Economie

La confirmation du déclin de l’Occident

Accélération de la crise financière et économique

Céline Tabou / 10 août 2011

Les citoyens européens manifestent contre des mesures d’austérité qui s’apparentent aux plans d’ajustement structurel destinés aux pays en voie de développement. Les conditions des aides de la Banque Centrale européenne sont à la hauteur de celles exigées par le FMI aux pays africains. C’est ce qui se passe pour la Grèce, quant aux États-Unis, ils doivent réduire au maximum les dépenses sociales pour pouvoir de nouveau emprunter.

Ces situations mettent en évidence les contradictions des grandes puissances de ce monde qui n’hésitaient pas à dicter des conditions drastiques aux pays en voie de développement en échange d’aide financière. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes puissances de l’Occident qui doivent rendre des comptes.
Intervenant pour la seconde fois en moins de deux semaines, Barack Obama a fustigé les agences de notation. Trois jours après la perte du AAA attribué par l’agence Standard & Poor’s, l’humiliation est internationale tandis que les deux partis se rejettent la faute. « Les États-Unis mériteront toujours le AAA », a-t-il déclaré lors d’une courte intervention télévisée. Citant Warren Buffett, le célèbre investisseur, le chef de l’état a estimé que « les États-Unis méritent un quadruple A ».
Contrairement à ce que laisse entendre le président américain, récupérer le triple A risque d’être difficile. Pour Jean-Michel Six, le chef économiste Europe de Standard & Poor’s qui a expliqué au "Figaro" que cela fait six mois que les chiffres économiques publiés aux États-Unis montrent que le pays reste fragile, particulièrement sur le front de l’emploi et de l’immobilier. Concernant la consommation des ménages, « elle est nettement affaiblie par le niveau d’endettement des Américains » a-t-il ajouté.

Céline Tabou


Baisse des grands indices

Pour "Les Échos", « Ce n’est pas la faute des politiques qui ont réagi en rappelant les engagements pris le 21 juillet au sommet européen dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce. Ce n’est pas la faute non plus de la Banque centrale européenne (BCE), qui a réuni ses gouverneurs par téléphone, dimanche soir, pour préparer un plan de rachat des dettes espagnoles et italiennes ». Alors pourquoi ? L’annonce de la baisse de la note américaine a entrainé la dégringolade des bourses européennes et asiatiques.
Après un léger rebond en tout début de séance mardi 9 août, les Bourses européennes plongeaient à nouveau, oscillant entre le rouge et le vert, sans réussir à trouver une direction claire. Tandis que les bourses asiatiques plongeaient à près de -1%. Malgré les signaux envoyés par le monde politique, les marchés semblent « avoir perdu toute rationalité, si bien que certaines actions sont désormais clairement sous-évaluées : leur capitalisation en bourse est désormais inférieure à leur trésorerie », a expliqué "Europe1".
« C’est un moment horrible, un jour sombre », a déclaré Chris Weston, de chez IG Markets à Melbourne. « Les gens agissent dans l’émotion au lieu de regarder la situation de manière rationnelle. C’est une panique générale » a-t-il conclu.


Des conséquences à La Réunion

L’île ne sera pas exempte des conséquences de la crise économique et financière qui fait les gros titres des médias du monde.
En effet, le prochain plan d’austérité préparé par le gouvernement, imposé notamment par la menace qui plane sur la dégradation de la note de la France, concernera également La Réunion.
Coupe budgétaire dans les dotations aux collectivités, hausse d’impôts, il y a de fortes chances pour que des mesures drastiques soient prises, et ce dépit du cas particulier de La Réunion.
49% des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté, 28,9% de personnes au chômage, hausse du prix des loyers, des taux de crédits, des assurances... La situation risque de s’aggraver dans les mois à venir.


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