Economie

La Corée du Sud prête à accueillir le G20

Céline Tabou / 9 novembre 2010

Seoul accueillera les 11 et 12 novembre, le sommet des chefs d’État du G20, deux ans après son officialisation, le G20 est décrié. Le sommet devrait progresser sur la question de l’équilibre des comptes courants et les taux de change.

Lors de la réunion ministérielle de préparation du G20 à Gyeongju, relate Radio Chine Internationale, les ministres des Finances des membres du G20 ont conclu un accord sur la définition des "orientations indicatives" pour maintenir les déséquilibres des comptes courants à des niveaux supportables. A cet effet, les dirigeants du G20 devraient signer un accord a expliqué le président sud-coréen, Lee Myung-Bak, mais la tension sera vive entre les vingt plus grandes puissances mondiales, qui représentent 80% du commerce international, et les deux tiers de la population mondiale.

Demander des comptes aux États-Unis

La semaine dernière, la Banque centrale américaine (Fed) a annoncé avoir injecté 600 milliards de dollars, soit 426 milliards d’euros, dans l’économie, faisant baisser la valeur du dollar. Alors que Washington fait pression sur Pékin pour qu’elle réévalue sa monnaie nationale, le yuan. Cette décision risque, selon les économistes, de fragiliser les économies asiatiques, européennes et celles de pays émergents comme le Brésil, l’Inde, la Russie. Particulièrement mécontent, le gouvernement chinois, soutenu par les Européens, indique que cette injection de monnaie dans l’économie a « de nombreux effets négatifs pour l’économie mondiale ».
De plus, malgré les promesses d’ouverture des marchés, les membres du G20 prennent des mesures protectionnistes, dont pâtissent surtout les pays en développement, ont affirmé des économistes dans le rapport de Global Trade Alert, publié lundi 08 novembre. En effet, officialisé en 2008 après la crise financière américaine, le G20 devait réguler les économies mondiales. Mais le nombre de mesures protectionnismes prises durant la crise et dans les mois qui ont suivi dépasse 500, souligne encore le rapport. Précédé par le rapport de l’Organisation mondiale du commerce, il avait mis en garde les pays concernés contre la progression du protectionnisme, notamment à cause des conflits sur les changes, et ses effets néfastes sur l’économie mondiale.

Remise en cause du G20

En pleine remise en cause de l’ordre mondial, et dans un contexte de crise financière et économique international, le Groupe des 20 est sérieusement remis en cause par son inaptitude à régler les problèmes de politique monétaire internationale, de gouvernance et à proposer des mesures efficaces pour le développement des pays en difficultés.
Comme l’a expliqué Olivier Pastré, professeur à l’université Paris-VIII, au journal "Le Monde", « après que se sont tenus déjà quatre G20, le bilan de ce supposé sommet paraît plutôt maigre ». Certains économistes parlent de remettre en place le G8, en y ajoutant la Chine. Cependant, l’idée ne fait pas l’unanimité. La France, confiante, assure qu’avec le soutien de la Chine, la réforme du système monétaire mondial pourrait aboutir. Mais avant cela, l’Union européenne, et la Chine vont « demander des explications à Barack Obama » sur sa décision d’inonder le marché de dollar.

Céline Tabou


Kanalreunion.com