Economie

La crise amoindrit les revenus et retentit sur les inégalités et la pauvreté 

Selon l’OCDE

Témoignages.re / 16 mai 2013

Dans son rapport sur les inégalités de revenus intitulé “Toujours plus d’inégalité (2011)”, l’OCDE constatait que, dans les pays de l’Organisation, le fossé entre les riches et les pauvres n’avait cessé de se creuser au cours des trois décennies précédant 2008, jusqu’à atteindre un niveau record. De nouvelles données de l’OCDE montrent que la crise économique mondiale a amoindri les revenus du travail et du capital dans la plupart des pays. Si on exclut l’effet modérateur que l’État-providence, par le biais de la fiscalité et des transferts sociaux, a pu exercer sur ce phénomène, on constate que pendant la période de trois ans qui s’est achevée fin 2010,

les inégalités se sont creusées davantage qu’au cours des douze années précédentes. Grâce aux systèmes d’impôts et de transferts, renforcés par des politiques de relance budgétaire, il a été possible d’absorber la majeure partie de cet impact et d’atténuer une partie des chocs. Mais alors que la crise économique, notamment la crise de l’emploi, persiste, et que l’assainissement budgétaire s’affirme, le risque augmente que les personnes les plus vulnérables de la société soient frappées plus durement à mesure que le coût de la crise augmentera. 

La crise réduit les revenus du travail et du capital 

À la suite de la crise économique mondiale, les revenus du travail et du capital (autrement dit le revenu marchand) ont considérablement chuté dans la plupart des pays de l’OCDE entre 2007 et 2010. La baisse des revenus du travail et, dans une moindre mesure, du capital, ont contribué à une baisse du revenu marchand des ménages d’environ 2% par an, en termes réels (graphique 1). 

Ce sont la montée du chômage et la baisse des salaires réels qui ont fait reculer le revenu marchand des ménages. Les effets du chômage sont particulièrement marqués en Islande, en Grèce, en Estonie, au Mexique, en Espagne et en Irlande (5% ou plus par an). Le revenu du travail non salarié a reculé sensiblement au Mexique, en Grèce, en Irlande et au Japon. La baisse des revenus du capital a également contribué à l’érosion du revenu des ménages, notamment en Islande et en Irlande, même si cette composante joue un rôle beaucoup plus modeste. 

À l’inverse, le revenu marchand (en particulier les salaires) a augmenté considérablement en Pologne et au Chili, mais aussi, quoique dans une moindre mesure, en République slovaque, en Allemagne et en Autriche.

La distribution du revenu marchand est devenue encore plus inégale 

La crise ne s’est pas fait ressentir partout de la même façon. La distribution du revenu marchand s’est considérablement élargie pendant la première phase de la crise dans la plupart des pays de l’OCDE (graphique 2). Mesurée par le coefficient de Gini (qui est égal à 0 quand tout le monde a le même revenu et à 1 quand une seule personne perçoit l’intégralité du revenu), l’inégalité moyenne du revenu marchand dans les pays de l’OCDE a augmenté de 1.4 point de pourcentage entre 2007 et 2010. 

Ces évolutions de la distribution du revenu marchand sont venues s’ajouter à l’augmentation à long terme des inégalités de revenus constatées dans des travaux précédents de l’OCDE. Si l’on considère les 17 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles sur une longue période, l’inégalité du revenu marchand a augmenté davantage au cours de ces trois dernières années que pendant les douze années précédentes. 

L’inégalité du revenu marchand a augmenté d’au moins un point de pourcentage dans 18 pays de l’OCDE entre 2007 et 2010. L’augmentation a été particulièrement forte dans certains des pays ayant enregistré les plus fortes baisses du revenu marchand moyen telles que l’Irlande, l’Espagne, l’Estonie, le Japon et la Grèce, mais aussi la France et la Slovénie. En revanche, l’inégalité du revenu marchand a diminué en Pologne et, dans une moindre mesure, aux Pays-Bas. 

(à suivre)


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