Economie

La dégringolade dans le BTP

Bilan économique 2010

Céline Tabou / 9 juillet 2011

Le rapport de l’INSEE publié la semaine dernière fait état de l’aggravation de la situation dans le BTP en 2010. Cette année même avait été le théâtre de manifestations d’ouvriers, patrons et syndicalistes pour appeler la Région à relancer la construction.

Le secteur de la construction connait donc une situation difficile, selon l’INSEE, les « difficultés dans ce secteur sont apparues dès mi-2008 », mais les constructeurs avaient l’alternative des grands chantiers lancés par la Région. Deux ans plus tard, le BTP est en pleine crise et peine à se relancer sans une réelle volonté politique.

« Le bilan général reste préoccupant »

« Au final, l’année 2010 se solde par un nouveau recul du chiffre d’affaires du BTP par rapport à l’année précédente : la production est estimée à 1,3 milliard de dollars ». A cela s’ajoute la hausse des licenciements, en moyenne annuelle, le nombre de salariés s’élève à 17.060, en recul de 10% par rapport à 2009. En 2008, le secteur connaissait un pic de recrutement de 25.000 salariés.

Au-delà des chiffres, l’INSEE a expliqué qu’en « matière de commandes publiques, les faits marquants reposent sur le renouvellement politique suite aux élections régionales de 2010. Les conséquences sont notoires pour la construction ». L’annulation du tram-train a douché les espoirs malgré les investissements entamés en 2009, tout comme la suppression de la MCUR. Le rapport de l’INSEE déplore que la « fin des précédents grands chantiers », dont la route des Tamarins, le port-Est, la Maison d’arrêt, n’ait pas trouvé de relais de croissance alternatif.

Des perspectives fébriles

Les estimations des économistes restent encore mitigées, car le premier semestre 2011 s’annonce encore morose pour la construction « qui ne devrait retrouver une croissance plus vigoureuse qu’à partir du troisième trimestre ». Malgré les intentions des maîtres d’ouvrages publics, les commandes des communes, le rebond du logement public avec le LODEOM, les entreprises réunionnaises sont encore très fragilisées.

« Le risque de rupture reste fort pour le secteur. Elles ont en effet épuisé tous les soutiens financiers et les salariés arrivent en fin de droit ».
De nombreuses familles réunionnaises risquent de gonfler le taux de personnes sous le seuil de pauvreté à La Réunion, si des décisions politiques et économiques ne sont pas prises rapidement.

Céline Tabou


Kanalreunion.com