Economie

La France et l’Australie luttent ensemble contre la pêche illégale

Sophie Périabe / 13 janvier 2011

Vendredi dernier, l’Australie a ratifié un accord franco-australien de surveillance des pêches dans les Zones économiques exclusives (ZEE) australes respectives de la France et de l’Australie, au Sud de l’océan Indien.

Cet accord signé en 2007 avait déjà été ratifié par la France, mais pas encore par l’Australie. Sont concernés les territoires australiens de l’île Heard et de l’île Mac Donald, et les territoires français des îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam.
Le Préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Christian Gaudin se félicite de l’aboutissement de ce processus qui couronne le dispositif de coopération bilatérale qui fonctionnait déjà depuis 2005. Ces dispositions sont une première mondiale.

Mutualiser les moyens des deux pays

La France a en effet une frontière commune avec l’Australie dans l’océan Austral : les ZEE de Kerguelen (TAAF), et Heard et Mac Donald (Australie) recouvrent l’essentiel du plateau de Kerguelen. Ce plateau abrite des écosystèmes riches et fragiles, et représente l’une des zones de production biologique majeures de tout l’océan Austral.
Ainsi, dès le début des années 2000, la France et l’Australie avaient mis en place un dispositif dissuasif pour faire face à la pêche illicite qui sévit dans l’océan Austral : surveillance de la zone par des bateaux militaires, répression et arraisonnement de navires-pirates. Une coopération s’est tissée entre les services chargés du contrôle des pêches français et australiens. Afin de consolider leur coopération, les deux pays ont signé un traité bilatéral le 24 novembre 2003, entré en vigueur le 1er février 2005.
L’objectif est de mutualiser les moyens des deux pays, afin de rentabiliser le coût élevé des déploiements des moyens de surveillance des ZEE (3.500 km depuis La Réunion et 5.000 km depuis l’Australie).
L’accord signé le 8 janvier 2007 et maintenant ratifié par les deux parties permet l’emploi de la force réciproque dans les eaux de l’autre partie contractante. La transposition en droit australien est intervenue le vendredi 7 janvier 2011.

Une coopération scientifique

Le deuxième volet du traité prévoit la constitution d’un groupe de travail bilatéral sur l’évaluation conjointe des stocks halieutiques de l’ensemble du plateau de Kerguelen.
Les scientifiques ont travaillé dans le cadre d’un protocole d’échange de données historiques collectées afin d’être exploitées selon un modèle partagé.
Les premiers résultats ont été présentés en mai 2008 lors d’une réunion bilatérale à Paris.
Un symposium scientifique international sur le plateau de Kerguelen, organisé par le Muséum national d’Histoire naturelle en avril 2010 à Concarneau, est l’aboutissement concret de cette coopération scientifique. Il permettra de disposer prochainement d’une véritable banque de données, précieuse dans le cadre des travaux de biorégionalisation de l’océan Austral et des classements en aires marines protégées à la clé.
Dans le prolongement de ce travail, la campagne de pêche scientifique qui vient d’évaluer la ressource halieutique de la ZEE de Kerguelen (POKER 2010) vient renforcer les connaissances acquises lors de son édition de 2006 et constitue également une précieuse contribution, tant pour la gestion des pêches que pour la compréhension générale des écosystèmes.

 Sophie Périabe 


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